Gervaise. René Clément.1956

Le prix Gervaise est accordé à: Aifelle, Eeguab, Dasola, Pierrot Baton, Marie Josée, Keisha, Lilou.
Synopsis:
A Paris en 1852, Gervaise blanchisseuse est abandonnée avec ses deux enfants par son amant Lantier. Elle fait la connaissance d'un brave ouvrier couvreur , Coupeau, qu'elle épouse. Elle prend en location une blanchisserie et le bonheur semble s'installer. Mais Coupeau tombe d'un toit, réduit au chômage il devient alcoolique. Dans une crise de délire il saccage le magasin de Gervaise. Ruinée elle sombre aussi dans l'alcoolisme .

Maria Schell, François Perier et Suzy Delair.
Mon avis:
Zola a été adapté à de nombreuses reprises au cinéma avec plus ou moins de bonheur. . L'adaptation de l'Assommoir par René Clément est sans aucun doute une de plus réussies. Le film reconstitue avec réalisme le Paris populaire et ouvrier du milieu du XIX ème siècle.L' adaptation s'attache essentiellement au personnage de Gervaise, la modeste blanchisseuse qui essaie de réussir. Mais cette femme forte et fragile tout à la fois, ne peut échapper à sa condition sociale dans une société dirigée par les hommes. Elle est victime de l'emprise de Lantier ou de Coupeau auxquels elle ne peut échapper. La mise en scène intelligente de René Clément adopte en permanence le point de vue de Gervaise, elle nous fait partager les espoirs les combats de la jeune femme qui sont irrémédiablement voués à l'échec. Maria Schell campe une magnifique et inoubliable Gervaise. l'actrice fut récompensée à juste titre pour sa remarquable interprétation au Festival de Venise. A ses côtés François Perier (Copeau), Armand Mestral (Lantier) et Suzy Delair sont aussi excellents.
La réussite du film doit beaucoup aussi aux collaborateurs de René Clément. Bost et Aurenche confirment qu'ils resteront à jamais comme parmi les plus grands scénaristes et dialoguistes du cinéma français. Les textes des chansons sont signées Raymond Queneau sur une musique de Georges Auric.
Un film noir et poignant . Une grande réussite.
Un livre, un film. Enigme n° 66.

Le film français est sorti sur les écrans au milieu des années 50. Son titre diffère de celui du roman , il porte le nom de l'héroïne. Pour son interprétation du rôle titre, l'actrice a été récompensée au Festival de Venise.

Quel est le film?
Qui est le réalisateur ?
Quelle est l'actrice principale?
Rashômon. Kurosawa. 1951.

Le prix du mikado est accordé à:Eeguab, Dasola, Somaja, Asphodèle et Dominique.
Kurosawa s'inspire de deux nouvelles de Akutagawa, Rashômon et Dans le fourré. Il situe l'intrigue dans le Japon du Xii ème siècle, une période de troubles et de guerres civiles.
Sous le portique (Mon) du démon (Rashô) trois hommes sont venus de mettre à l'abri car la pluie tombe violemment. Un moine et un bûcheron discutent d'un procès auquel ils ont assisté et témoigné. Le troisième homme les incite à raconter l'histoire. Le corps d'un samouraï, Takehiro, a été retrouvé sans vie et son épouse Masago a été violée par un bandit de grand chemin, Tamojaru. Mais le procès ne permet pas de reconstituer avec certitude les faits, les conditions du meurtre du Samouraî, car les six témoignages recueillis lors du procès donnent des versions largement contradictoires. Qui dit la vérité ? Tamojaru qui s'accuse du meurtre et du viol ? Mais peut -on parler de viol ? Masago était-elle consentante ? a-t-elle tué son mari ? Tikahiro, qui parle de l'au- delà par l'intermédiaire d'un médium s'est-il suicidé ou a-t-il cherché à fuir et a été abattu comme un lâche? et qu'a vu réellement le bûcheron, seul témoin extérieur au meurtre ? Lorsque la pluie cesse. Les trois hommes se séparent, mais les cris d'un enfant abandonné attirent le bûcheron qui décide de l'adopter. Le moine le remercie: "Ton geste a restitué ma foi en l'humanité".
Pour Kurosawa: "Les hommes sont incapables d'honnêteté envers eux-mêmes. Ils ne peuvent pas parler d'eux sans embellir leur image.Ce film est comme un tableau enroulé qui, en se déroulant, dévoile le Moi humain." Cette déclaration peut paraître très pessimiste, mais le dénouement du film (différent du conte de Akutagawa) nuance le propos. Quand le bûcheron emmène l'enfant, Kurosawa nous affirme qu' il ne faut jamais désespérer de l'âme humaine.
Kurosawa et son chef opérateur Miyagawa font preuve dans ce film d'une grande virtuosité, on est frappé par la beauté de la photographie, les savants jeux d'ombres et de lumières par les fluides mouvements de caméra qui alternent avec plans fixes soigneusement cadrés. La scène du meurtre est filmée plusieurs fois, suivant les points de vue des protagonistes, la caméra adopte la subjectivité des récits. Le jeu des acteurs est varié, parfois introverti ou au contraire extraverti en particulier celui de Toshiro Mifune, le bandit des grands chemins.
Rashômon marque une date dans l'histoire du cinéma. Présenté au festival de Venise, il obtint le Lion d'Or avant d'être récompensé par l'Oscar du meilleur film étranger. Le monde occidental découvrait la richesse insoupçonné jusqu'à lors du cinéma japonais.
un livre, un film. Enigme N°65.

Claudialucia de Ma Librairie et moi-même nous vous proposons pendant toute l'année le samedi un jeu sous forme d'énigme qui unit nos deux passions : La littérature et le cinéma! Pour accéder au blog de Claudialucia , c'est ICI.

Le film sorti au début des années 50, primé au festival de Venise, est à l'origine de l'intérêt porté par le public européen pour le cinéma japonais. Le film est une adaptation de deux nouvelles d'un des plus grands écrivains japonais.
Quel est ce film ? Qui est le réalisateur ?
Cyrano de Bergerac. Rappenau. 1990.

Il fallait avoir du nez ce samedi pour trouver la solution à l'énigme 64. Les vainqueurs du jour sont : Dasola, Eeguab, Keisha, Marie Josée, Pierrot Bâton, Ta loi du ciné, Thérèse ... Merci à tous!
Le film présenté lors du festival de Cannes de 1990 obtint un très grand succès critique et public, en France mais aussi à l'étranger. Jean Paul Rappeneau et Jean Claude Carrière ont adapté habilement le texte de Edmond Rostand, n'hésitant pas à couper dans le texte original et à écrire de nouveaux dialogues en alexandrins. Ce brillant travail s'est effectué dans l'esprit de l'oeuvre originale qui garde toute sa force et sa puissance romantique. Les scénaristes ont fait de la pièce un véritable film, le cinéma a sorti Cyrano hors des murs d'un théâtre. La caméra donne une ampleur au texte grâce à l'intelligente mise en scène discrète, méticuleuse de Rappeneau et la beauté des images signées par Pierre Lhomme. La réussite du film repose aussi sur la qualité de l'interprétation de Cyrano, un personnage truculent et tragique. Le bretteur toujours prêt à dégainer sa lame est aussi un poète qui souffre d'un amour qui le ronge. Gérard Depardieu nous fait sentir toute la richesse, la complexité de Cyrano, toutes ses souffrances. Depardieu avouera que ce rôle fut l'un des plus difficiles à interpréter dans toute sa carrière d'acteur, car chaque vers, chaque mot devait être senti et ressenti car toute la richesse du texte surgit dans de minimes variations d'intonation. Rappeneau a pu réunir autour de Depardieu une brillante distribution: Anne Brochet (Roxane), Jacques Weber (de Guiche) Vincent Perez (Christian).
Le film a été largement récompensé aussi bien à l'étranger qu'en France (Dix Césars en 1991 dont celui du meilleur film). A titre personnel, Depardieu obtint la Palme d'or au festival de Cannes et
le César du meilleur acteur et fut nominé pour un Oscar à Hollywood.
Un film devenu un classique.

"Le nez de Cyrano." Acte I, extrait.
Ah ! non ! c'est un peu court, jeune homme !
On pouvait dire... Oh ! Dieu !... bien des choses en somme...
En variant le ton, -par exemple, tenez:
Agressif : "Moi, monsieur, si j'avais un tel nez,
Il faudrait sur-le-champs que je me l'amputasse !"
Amical : "Mais il doit tremper dans votre tasse
Pour boire, faites-vous fabriquer un hanap !"
Descriptif : "C'est un roc !... c'est un pic !... c'est un cap !
Que dis-je, c'est un cap ?... C'est une péninsule !"
Curieux : "De quoi sert cette oblongue capsule ?
D'écritoire, monsieur, ou de boîtes à ciseaux ?"
Gracieux : "Aimez-vous à ce point les oiseaux
Que paternellement vous vous préoccupâtes
De tendre ce perchoir à leurs petites pattes ?"
Truculent : "Ca, monsieur, lorsque vous pétunez,
La vapeur du tabac vous sort-elle du nez
Sans qu'un voisin ne crie au feu de cheminée ?"
Prévenant : "Gardez-vous, votre tête entraînée
Par ce poids, de tomber en avant sur le sol !"
Tendre : "Faites-lui faire un petit parasol
De peur que sa couleur au soleil ne se fane !"
Pédant : "L'animal seul, monsieur, qu'Aristophane
Appelle Hippocampelephantocamélos
Dut avoir sous le front tant de chair sur tant d'os !"
Cavalier : "Quoi, l'ami, ce croc est à la mode ?
Pour pendre son chapeau, c'est vraiment très commode !"
Emphatique : "Aucun vent ne peut, nez magistral,
T'enrhumer tout entier, excepté le mistral !"
Dramatique : "C'est la Mer Rouge quand il saigne !"
Admiratif : "Pour un parfumeur, quelle enseigne !"
Lyrique : "Est-ce une conque, êtes-vous un triton ?"
Naïf : "Ce monument, quand le visite-t-on ?"
Respectueux : "Souffrez, monsieur, qu'on vous salue,
C'est là ce qui s'appelle avoir pignon sur rue !"
Campagnard : "Hé, ardé ! C'est-y un nez ? Nanain !
C'est queuqu'navet géant ou ben queuqu'melon nain !"
Militaire : "Pointez contre cavalerie !"
Pratique : "Voulez-vous le mettre en loterie ?
Assurément, monsieur, ce sera le gros lot !"
Enfin parodiant Pyrame en un sanglot:
" Le voilà donc ce nez qui des traits de son maître
A détruit l'harmonie ! Il en rougit, le traître !"
- Voilà ce qu'à peu près, mon cher, vous m'auriez dit
Si vous aviez un peu de lettres et d'esprit :
Mais d'esprit, ô le plus lamentable des êtres,
Vous n'en eûtes jamais un atome, et de lettres
Vous n'avez que les trois qui forment le mot : sot !
Eussiez-vous eu, d'ailleurs, l'invention qu'il faut
Pour pouvoir là, devant ces nobles galeries,
Me servir toutes ces folles plaisanteries,
Que vous n'en eussiez pas articulé le quart
De la moitié du commencement d'une, car
Je me les sers moi-même, avec assez de verve,
Mais je ne permets pas qu'un autre me les serve.
un livre, un film. Enigme N°64.

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Le film réalisé au début des années 90 est adapté d'une pièce de théâtre. Le film a obtenu un large succès critique et public. L'acteur qui joue le rôle titre a été récompensé par un prix d'interprétation au festival de Cannes.
De quel film s'agit-il?
Qui est le metteur en scène?
Quel est l'acteur principal?
Panique à l'Elysée.Galéjade.
Panique à l'Elysée.

Dans le pandémonium du parti l'agitation était à son comble,l'impatience et l'angoisse gagnaient les militants qui s'agitaient comme des pantins… les minutes s'écoulaient interminablement rythmées par les sonneries de téléphone, le crépitement des claviers d'ordinateurs… les visages déçus se fermaient au fur et à mesure que s'affichaient les sondages… le maigre espoir se transformait en débâcle… On espérait Solférino, Sedan s'annonçait… la frustration des enfants du président se lisait sur des visages meurtris…quand dans la salle sonna l'heure du résultat officiel la stupeur glaça l'assemblée… il tournait à la gigantesque gifle… la liste des élus se comptaient sur les doigts d'un manchot de l'Antarctique et pour la première fois dans l'histoire de notre république le nombre des voix du parti présidentiel atteignait moins de 0, 1 %… on avait frôlé la croissance négative…Déjà le présentateur du journal TV de la 2 annonçait son départ et son désir de rejoindre une des chaînes privées …. Les rats quittaient le navire.... que deviendrait le président ?
C'est dans ce contexte politique que commence Panique à l'Elysée, un roman passionnant, que vous lirez à la vitesse d'un cheval au galop, du politologue et philosophe Wens, anciennement surineur, brillamment reconverti dans l'écriture après avoir payé sa dette à la société.

Quatrième de couverture . Liste des mots imposés:
Départ– salle – téléphone – heure – désir – impatience – minute – frustration – déçu – enfant – pandémonium – liste – angoisse – patience* – espoir– stupeur – galop – gifle – gigantesque.
Wim Wenders. La lettre écarlate.1972.

Les vainqueurs du prix Ecarlate sont: Dasola, Eeguab, Somaja, Pierrot Bâton, Keisha, Dominique, Syl, Asphodèle, Miriam. Il s'agissait de trouver le film de Wenders , qui est loin d'être son chef d'oeuvre, La lettre écarlate adapté du roman de Nathaniel Hawthome.

Synopsis:
A Salem dans la nouvelle angleterre au XVIIe siècle.Hester Prynne qui a eu un enfant d'une liaison adultère doit comparaître chaque année devant le tribunal où elle est sommée de révéler le nom de son amant ce qu'elle refuse de faire. Un jour son mari disparu depuis plusieurs années réapparaît à Salem, obsédé par sa volonté de vengeance, il cherche à découvrir l'identité de l'amant de son épouse.
Wim Wenders juge sévèrement son film:
Wim Wenders a toujours regretté d'avoir tourné ce film et a même pensé arrêter sa carrière de cinéaste en visionnant son oeuvre sur les écrans. L' analyse est malheureusement d'une grande justesse car seul le chef opérateur pour la qualité de son image échappe au naufrage.
"J'ai réalisé ce film avec les meilleures intentions et j'ai échoué à tous les niveaux….je n'avais pas le talent pour un film historique, comme j'ai pu le constater, et je n'avais pas trop on plus d'expérience de de la psychologie féminine. Je n'en avais même aucune idée, et j'ai fini par me rendre compte que réaliserdes films qui n'avaient rien à voir avec mes expériences vécues était sans intérêt ni pour moi ni pour les autres. Une leçon douloureuse mais nécessaire". Dans un autre entretien Wenders a déclaré: ". Plus jamais je ne referai de film d’époque, de film où l’on ne voit pas de voitures, de télévisions, d’antennes ou d’électricité."
Heureusement Wenders a su supporter cette épreuve et devenir un grand cinéaste à qui on doit entre autre: Alice dans les villes, L'ami américain, Paris-Texas, Les Ailes du désir, Buena Vista Social Club….
Un livre, un film. Enigme N°63.

Claudialucia de Ma Librairie et moi-même nous vous proposons pendant toute l'année le samedi un jeu sous forme d'énigme qui unit nos deux passions : La littérature et le cinéma! Pour accéder au blog de Claudialucia , c'est ICI.
Le film sorti au début des années Soixante-dix est la deuxième réalisation du metteur en scène d'origine allemande. Il s'agit d'une adaptation d'un roman américain paru au milieu du XIX ème siècle. Quel est ce film? Qui est le réalisateur?
Déclaration de patrimoine d'un surineur. Galéjade.

Pas de doute, le temps n'est pas au mensonge je vais moi aussi dévoiler publiquement mon patrimoine . Je possède un opinel depuis mon enfance de diablotin légué par mon grand oncle Dominik le Débauché, qui faisait travailler d'angéliques tapineuses au bois de Boulogne dans la blancheur des aurores hivernales. De par ma profession , j'ai dû acquérir une collection de laguioles de production nationale car comme mon ami Arno je tiens à à défendre l'industrie Française. Je profite de cette déclaration pour accuser les surineurs sans scrupules qui travaillent avec du matériel importé de pays émergents, un non connaisseur pourrait avoir la naïveté de penser que le résultat est identique avec un Kandjar made in Birmanie et un couteau Thiers au manche en bois de palissandre, le contrat finissant toujours dans une flaque de sang. Cependant, j'affirme que le travail est plus propre et la mort est beaucoup plus rapidement donnée avec du matériel français essentiellement du fait de la qualité de l'acier de la lame. Je dénonce aussi la concurrence déloyale d'égorgeurs polonais qui ne savent même pas fredonner la Marseillaise. J'ajoute que je ne détiens pas de compte en Suisse, ni dans un paradis fiscal, le produit de mon travail d'artiste a été blanchi dans l'immobilier avec l'aide d'un conseiller général de ma région et je déclare l'intégralité de mes fastueux revenus légaux au fisc.

Texte écrit dans le cadre des "Plumes à Thème."
Les mots imposés: Blancheur –doute – débauche – enfance – pureté – accuser – angélique – temps – diablotin– naïveté – mensonge – fredonner – fastueux – flaque.







