Quino. Citation.

Le drame quand on est président, c'est que si on entreprend de résoudre les problèmes, on n'a plus le temps de gouverner.
Quino. Mafalda.
Altibarra-Kim. L'art de voler.
Mon père s'est suicidé le 4 mai 2001…l'heure de s'envoler… C'est sur ces paroles que s'ouvre ce splendide superbe roman graphique. Rapidement la narration passe à la première personne, de l'imparfait au présent… Le vieil homme nous présente sa vie qui s'étire sur 90 ans, de son enfance à son suicide. Une vie reconstituée par son fils, l'écrivain et professeur d'université Antonio Altarriba, à partir de conversations, de notes éparses… L' auteur est devenu le temps de l'écriture un autre lui-même: son père.
L'histoire du petit paysan de l'Aragon va traverser un siècle de l'Histoire de l'Espagne, marquée avant tout par la terrible guerre civile. Sa vie va être un tissu d'espoirs déçus de grandes désillusions et de frustrations. Antonio, l'anarchiste, rêvait de liberté, d'un avenir radieux sous le ciel de la République. Mais devant les troupes de Franco, il franchit la frontière française, est enfermé dans des camps de fortune, avant de pouvoir trouver un bref moment de bonheur dans une famille creusoise. Dénoncé, il fuit la police de Vichy et rentre dans la résistance. Mais à la libération, il n'y pas de travail pour les espagnols, il vit en faisant du marché noir mais il ne peut se résoudre, lui l'anarchiste, à exploiter la misère du peuple. Il décide de rentrer en Espagne en taisant son passé. Ses anciens compagnons ont changé, sont devenus franquistes par obligation, par conviction, par intérêt. Pour travailler, il entre dans l'entreprise douteuse d'un parent proche. Il participe lui-même à des opérations financières illégales. L'athée qu'il est se marie par devoir social avec une catholique pratiquante et pudibonde, de cette union nait un fils : l'auteur. La fin de sa vie est hantée par le cauchemars, rongée par la dépression. Dans un foyer du troisième âge, il assiste à la déchéance des pensionnaires qui l'entourent, à la mort des seuls amis qu'il s'était fait. Le 4 mai 2001, Antonio met fin à ses souffrances.
Dans la post-face de l'édition française, Antonio Altarriba, professeur et écrivain, explique les raisons pour lesquelles il a choisi d'écrire un scénario de BD plutôt que d'écrire un roman : le recours à l'image procure une grande capacité de représentation, au sens étymologique de "rendre présent". Les cases offrent la possibilité de reconstituer avec fidélité des scènes, des costumes des objets, des situations…Mais le choix fut surtout guidé par la décision d'écrire à la première personne: J'eus l'idée alors du transfert, ou plutôt de la transsubstantiation, qui me transformait en mon père.

Le dessinateur, Kim, reconstitue parfaitement les lieux, l'atmosphère des époques traversées et donne corps et vie aux personnages que le temps marque de son empreinte. Il traduit les rêves et les cauchemars qui hantent les nuits d'Antonio.
Magnifique hommage d'un fils à son père. Un très grand roman graphique.
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Vos ennuis commencent....
Il est des jours…où vous vous levez du pied gauche…mal de crâne…le mari grogne dans la salle de bain à la recherche de chaussettes qu'il tient à la main… le fils braille dans la cuisine: "Qu'est-ce que c'est que ces corn-flakes pourris" en faisant tomber une casserole….une heure de claquements de portes… à chaque passage d'une tornade… tu n'oublieras pas mon costume au pressing….Tu penseras à m'acheter…tu peux ramener de la vrai bouffe de chez Mac Do…tu pourras me repasser…si tu vas en ville…Deux Efferalgan et la journée de la femme au foyer commence…la belle vie, rien à glander…c'est cool : avec l'aspiro, le lave-vaisselle, la machine à laver, le micro-onde tu te la coules douce, c'est sûr que t'as le temps de bloguer comme l'affirme fiston.
Dix heures déjà…Vous enfilez l'imper, vous glissez entre les trombes d'eau. Sur le volant de votre voiture : Mam' la jauge est dans le rouge, fais le plein, je sors demain…Sur le parking du supermarché les gens s'étripent pour une place, se disputent un caddie, râlent contre la valse des étiquettes, pestent contre la lenteur des caissières : le temps est au norois.
Le retour. Vous garez la clio qui hoquète, toussote …tu devrais la faire réviser, tu devrais t'en occuper, la mécanique c'est aussi une affaire de femme… Tête baissée vous foncez vers la porte d'entrée. Un homme est assis sur le seuil. Il vous fixe souriant. Vous laissez tomber vos paquets. Vous hésitez, pourtant c'est bien lui!… une vague, un torrent de souvenirs, remontent à la surface… Edimbourg… la bohème… les nuits d'ivresse dans les bras de Clyde. Il est étendu, pâle et tranquille comme un enfant malade, il dort, deux trous rouges au côté gauche… Clyde Mac Intosh, inspecteur de la police. Vos ennuis commencent…
Vous êtes en face des inspecteurs de police……Clyde a été tué dans une chambre d'hôtel, tôt ce matin…Vous soulevez la tête…soulagement… mais pourquoi a-t-il été déposé devant votre porte? demande Le premier des Dupondt . Et pourquoi dans sa poche , des lettres d'amour et des photos…disons....compromettantes, pour rester dans la décence... de vous et de Mac Apple ricane Dupondt Deux….Qui cherche à vous nuire s'écrient en coeur Dupondt Trois et Dupondt quatre…Si je le savais déclarez-vous en vous mouchant bruyamment…Vous le savez, mais vous êtes obligé de vous taire. Vous avez lancé Clyde sur la piste d'un habile, intelligent (même très intelligent et très beau) tueur à gage, vous ne pouvez pas décliner aux Dupondt Cinq à Douze que vous connaissez l'identité de l'assassin qui vous désignerait illico comme son commanditaire et vous n'ignorez pas qu'il échapperait aux mailles de la police. Votre liberté exige votre silence. Vous êtes complice de meurtre. Belle moralité!
Texte réalisé dans le cadre de l'Atelier du Skriban. Pour lire les textes des autres participants c'est ici.

Consignes: Vous rentrez d’une journée éreintante, la tête pleine d’idées sombres et là, sur le seuil de votre maison (ou de votre appartement), vous découvrez un homme, assis et qui semble vous attendre. Vous ne le savez pas encore mais il va bouleverser votre vie…
Chabouté. Quelque jours d'été.
Pour le temps des vacances estivales un jeune gamin, un citadin, est confié par sa mère à un couple de vieux paysans. Le garçon découvre la ferme , la campagne. Il apprend à observer la nature , à écouter le chuchotement de la rivière avec le vieil homme, un taiseux. C'est une belle histoire, simple tendre et sensible. Dans ce cadre de verdure, au bord du cours d'eau se tisse une amitié entre le paysan et l'enfant, se crée des moments de bonheur.
On aimerait que le récit soit plus long (32 pages), plus développé ,car on est pris sous le charme des dessins, des silences….
Chabouté excelle en effet dans le silence, car tout se dit dans un regard, une expression, un geste…les dialogues sont réduits à l'essentiel, le récit se construit en images…. et quelles images! un noir et blanc superbe, un trait inégalé. Un petit moment de bonheur
Je vide mes sacs. Tag.
Je vide mes sacs
Asphodèle ma tagué…un truc de filles… vide ton sac et on verra qui tu es..mais j'ai pas de sac moi madame! juste une poche revolver…normal pour un tueur à gage…mais docile, je me soumets… puis-je refuser quelque chose à la fleurdelisée du vicomte. Et en réfléchissant bien, je vais déballer non pas le contenu d'un sac mais de deux! du fait de ma double personnalité.
Quand je voyage sous mon véritable nom en particulier lors de déplacements à l'étranger, j'emporte une sacoche qui me permet de déplacer mon ordinateur portable, moyen de rester en contact avec les parents et amis. Très organisé, je place un porte document dans lequel se trouvent les billets d'avion, les courriers de réservations, les liens utiles…Pour la durée du voyage, je glisse les guides touristiques, quelques bouquins, des Sudoku, des mots fléchés et une petite boite métallique qui contient feutres, stylos, crayons et gomme et post it. Je n'oublie pas mon appareil photo numérique et un carnet moleskine qui me permet de prendre des notes lors de mes visites.
Pour mon travail d'Effeuilleur, je ne sépare pas de ma mallette noire de cadre moyen qui se marie avec mon costume sombre et une cravate neutre sur une chemise blanche. Inodore sans saveur, je cherche à me fondre dans le moule de tous ceux qui travaillent plus pour sauver leur emploi. Si vous ouvrez ma mallette, vous y trouverez un portefeuille fatigué qui contient une panoplie de papiers tous plus faux les uns que les autres : passeport , permis de conduire, carte d'identité…réalisés dans les administrations concernées. Tout est affaire de prix. Pour faire plus vrai, j'ajoute une ribambelle de cartes de paiements: décathlon, galeries Lafayette, Fnac, Leroy Merlin… A côté, du Figaro et de Challenges, je pose un roman de d'Ormesson. Dans ma mallette se trouvent aussi des dossiers agrafés, des documents regorgeant de graphiques en couleurs, de tableaux statistiques. Toutes ces feuilles, je les surlignerai et annoterai comme tout bon cadre scrupuleux doit le faire pour le public du train. Bien sûr, je ne transporte jamais de renseignements sur ma cible, mon métier exige une mémoire infaillible, toutes les données sont apprises par coeur. J'emmène aussi un coffret enveloppée dans un paquet cadeau. Le présent est pour moi et contient mes surins favoris et un fil à couper le beurre, on reconnaît le vrai professionnel à ses outils.
Dans une pochette se trouvent les clefs de la voiture qui m'attend dans un parking, sous le siège avant côté chauffeur je trouverai un glock 9 mm, dans la boite à gants un portable à carte. Vous avez compris. Je travaille dans une multinationale : The Enforcer.
John Ford . La chevauchée fantastique. Stage coach.
Enigme N° 22. Il s'agissait de trouver La chevauchée fantastique de Ford, transposition dans l'ouest américan d'une nouvelle de Maupassant, Boule de suif. Les gagnants du Scalp Chiricahua sont: Aifelle, Eeguab, Keisha, Jeneen, Somaja, Nanou, Lystig...et Maggie (uniquement la nouvelle)...merci à Dominique.
John Ford . La chevauchée fantastique. Stagecoach. 1939.

"Je m'appelle John Ford et je fais des westerns" aimait déclarer le cinéaste. Cependant en 1939 au moment de la réalisation de La chevauchée fantastique, Ford n'est pas un réalisateur cantonné dans ce seul registre. Il a déjà signé des oeuvres majeures qui n'ont rien à voir avec la conquête de l'Ouest : La patrouille perdue (1934) et surtout Le mouchard (1935), qui remporta 4 oscars à Hollywood, réalisation, scénario, musique et le prix d'interprétation pour Victor Mac Langlen, un des acteurs fétiches du metteur en scène.
Dudley Nichols signe le scénario de La chevauchée fantastique d'après une nouvelle, Stage to Lordsburg, d'un très bon auteur de "western stores", Ernest Haycox. Nichols et Ford ont toujours affirmé qu'ils n'avaient jamais lu Boule de suif de Maupassant, ce qui n'était certainement pas le cas de Haycox. La transposition de la nouvelle de l'écrivain français dans l'ouest américain n'a pas échappé aux critiques, et un tâcheron du cinéma Budd Schulberg, jaloux du succès de Ford, fait dire à un de ses personnages: "Je connais un type qui s'est fait quelques sacs avec une histoire qu'il a trouvé dans Maupassant, l'autre jour. Et tout ce que ça lui a coûté, ç'a été de changer le véhicule et de décrocher la carriole française pour la remplacer ". La campagne normande enneigée et glacée de Boule de Suif, sans âme qui vive, est remplacée par les sables et la poussière du désert, par une chaleur caniculaire. Comme dans Maupassant, Ford nous montre une nature magnifique mais qui s'avère un milieu hostile aux protagonistes de l'histoire. Les envahisseurs prussiens quittent leurs uniformes chamarrés et sont remplacés par des apaches sur le pied de guerre, conduit par Géronimo.
Pour Maupassant la patache réunissait des représentants de la société normande qu'il détestait : des notables bien pensants, avec comme seule valeur le pouvoir et l'argent, deux religieuses en cornette représentantes de l'église catholique toute puissante. Tous ces nantis doivent voyager avec des personnes qu'ils jugent indésirables le républicain Cornudet et surtout Boule de Suif la prostituée. Dans la diligence de l'Overland Line, Ford met en scène des membres de la société de l'ouest américain des années 1880. La prostituée ne se nomme pas Boule de Suif mais Dallas. Autour d'elle se trouvent des gens de bonne éducation : un banquier qui s'avère être un escroc, une femme enceinte épouse d'un officier de l'armée et un ancien cadre de l'armée sudiste devenu joueur professionnel. Ces personnages affichent un mépris pour leurs autres compagnons de voyage. Le brave docteur alcoolique lorgne de très près les échantillons de whisky, d'un représentant en alcool. Le shérif a lui un oeil sur Ringo, son prisonnier, jeune et beau hors la loi qui cherche à venger son père assassiné par des malfaiteurs.
Pendant le trajet, les menaces qui pèsent sur le groupe révèlent la réelle personnalité de chacun. Chez Maupassant, les méprisables bourgeois poussent Boule de Suif dans le lit d'un officier Prussien. Chez Ford, comme toujours, les personnages, les plus courageux et les plus altruistes sont issus des classes les plus modestes. Le réalisateur aime dresser le portrait des exclus : Dallas, la prostituée ou Ringo, le hors la loi au grand coeur, des marqués par la vie : Doc a côtoyé l'horreur des champs de bataille, des gens simples : Peacock le timide placier en whisky. Lorsque Madame Mallory, l'épouse du militaire, accouche de son enfant -, tous les personnages révèlent leur véritable caractère, leur valeur intérieure. La naissance de l'enfant c'est aussi la vision optimiste sur la vie de John Ford, la mort nous guette mais les enfants doivent vivre, ils sont l'espoir. Une idée souvent développée chez le réalisateur, comme dans Le Fils du désert.
Pour la première fois Ford installe sa caméra dans le cadre Monument Valley qu'il va rendre légendaire. Le paysage devient personnage, les indiens se fondent dans le décor désertique, et le danger plane derrière chaque rocher, chaque tourbillon de poussière. La diligence parait bien frêle ballotée dans l'immensité des lieux splendides et sauvages. Les relais de poste ne sont que des lieux de repos bien fragiles.
Le film est un parfait équilibre entre des scènes d'action et des moments de pause où l'étude psychologique prend le pas dans un calme apparent. On a souvent dit que John Ford était un cinéaste du plan fixe, mais dans le film on peut trouver les plus beaux travellings de l'histoire du cinéma. A la fin du film, La caméra accompagne dans un long travelling Dallas et Ringo dans leur descente d'une rue. La musique se fait dissonante, les cris sortent des beuglants. Ringo, le cow boy naïf, découvre le vrai métier de Dallas.
Ford est persuadé que la technique est au service du récit et non l'inverse. Il est un merveilleux monteur, la séquence de l'attaque de la diligence par les indiens est à analyser dans toutes les écoles de cinéma.
Ford est aussi un grand directeur d'acteurs. Claire Trévor (Dallas) trouve là un de ses meilleurs rôles au côté de John Wayne (Ringo) jusqu'alors acteur de série B. A leur côté on remarquera la superbe prestation de John Carradine en ex-officier de l'armée sudiste et de Thomas Mitchell en médecin accolique et humaniste.
La chevauchée fantastique est certainement l'un des plus beaux westerns jamais réalisé. Merci Monsieur Ford, vous me faîtes rêver depuis plus de 50 ans.
Géronimo.(1829-1909).

Géronimo, de son vrai nom Go-Khla-Yeh, est un apache Chiricahua, un Shaman. En 1858, sa mère, sa femme et ses trois enfants sont massacrés par les troupes mexicaines. Il commence alors une guerre de représailles. En septembre 1859, le jour de la Saint Jérome, il extermine des soldats mexicains qui invoquent au moment de mourir Santo "Jeronimo" . Après sa victoire Go-Khla-Yeh se fait appeler Geronimo. L'année suivante, après l'assassinat des compagnons du chef Cochise, il prend les armes contre les Etats unis. La lutte va durer dix ans jusqu'au moment où Cochise signe un accord de paix qui garantit une réserve en territoire Apache mais les américains ne tiennent pas parole et déportent les indiens dans la réserve aride de San Carlos en 1876. Geronimo et quelques compagnons refusent et se réfugient dans les montagnes d'où ils mènent des raids et vivent de pillages. Arrêté à plusieurs reprises, Geronimo n'a jamais accepté de rester à San Carlos d'où il s'est échappé à plusieurs reprises, lançant des violentes attaques contre les colons blancs. En 1886, il se rend aux troupes de l'armée américaine, il est déporté en Floride avant d'être transféré dans l'Oklahoma. Il devient agriculteur, se convertit au catholicisme. Les touristes viennent lui acheter des arcs qu'il fabrique, le prendre en photo. Il s'exhibe dans des foires.
L'Overland Mail.

La conquête de l'ouest n'a pu se faire que par le développement d'un réseau de transports. Avant l'installation du télégraphe et la construction des voies ferrées transcontinentales, le transport du courrier et des voyageurs était effectué par des diligences qui appartenaient à de grandes compagnies. Dans le film, les voyageurs utilisent la Overland Mail, qui partait de Saint Louis pour gagner la Californie en 25 jours en traversant le Texas jusqu'à El Paso au Nouveau Mexique avant de suivre la frontière du Mexique pour atteindre Los Angeles et San Francisco. La moyenne horaire était d'environ huit kilomètres/heure, et les relais distants de 10 miles, soit à peu près 16 kilomètres. Chaque voyageur ne pouvait emporter qu'un bagage léger, car la priorité était accordé au courrier.
John Ford et John Wayne.

Si John Wayne est devenu une star hollywoodienne il le doit essentiellement à Ford. Lors du tournage de Stage coach, Ford se montra tyrannique, il critiquait chaque geste de l'acteur, sa manière de marcher, se moquait de sa manière de parler…. Wayne a d'ailleurs déclaré : "Je l'aurai tué"… mais ses envies de meurtre se sont vite estompées. A partir de ce film est née une amitié sans faille entre les deux hommes qui a duré jusqu'à la mort de Ford. Parmi quelques titres de films qu'ils ont tourné ensemble, citons : Le massacre de Fort Apache, La charge héroïque, La prisonnière du désert (un pur chef d'oeuvre), l'homme tranquille….
un livre un film .Enigme N° 22
Un livre, un film. Enigme N° 22

Claudialucia de Ma Librairie et moi-même nous vous proposons pendant toute l'année le samedi un jeu sous forme d'énigme qui unit nos deux passions : La littérature et le cinéma! Pour accéder au blog de Claudialucia , c'est ICI
Le film aux 2 oscars est adapté d'un texte d'un auteur américain peu connu en France qui a transposé dans les Etats Unis du XIX ° siècle une nouvelle d'un écrivain français. Le film ne porte bien sûr pas le nom de la nouvelle. Quel est le titre du film ? Quel est le nom du réalisateur?

La campagne est ouverte.
La campagne est ouverte.
Le contexte n'est pas favorable aux affaires, les conditions climatiques ne favorisent pas les déplacements et le match électoral met la police sous pression. J'ai droit à un catalogue de promesses, au chant des engagements jamais tenus, au vertige des formules toutes faites…La priorité c'est l'avenir de nos enfants… l'enfance et l'emploi sont au coeur de nos préoccupations… il faut dire aux français… vérité…courage… patin couffin…et préparez vos mouchoirs.
Le petit caporal de l'armée en déroute me fait tristement sourire. Tantôt il monte sur ses ergots, dresse sa caroncule, secoue ses plumes, vilipende les étrangers…tantôt sanglote sur le sort du pays saigné par ses amis, il rentre ses griffes de chat, le coq se fait chapon…et les télés serviles courent derrière le monarque.
Loin du tumulte, je me suis réfugié dans ma cuisine, l'andante d' une sonate de Mozart emplit la pièce, le bonheur retrouvé. J'ai posé sur la table, un vieux cahier de recettes de ma grand-mère avec en marge de petits dessins, des croquis, des barbouillages, des annotations : préparation facile ou attention à la sauce, excellent avec un Bordeaux, délicieux souligné trois fois… L'allumette craque : faire blondir à feu doux…la lame de mon couteau tranche de fines lamelles d'oignons rouges…Je prépare un lapin aux pruneaux. Pruneau ? pruneau! Ah j'oubliais de vous dire que j'ai farci de pruneaux le râble d'un ancien ministre qui cumulait diverses fonctions publiques et privées, qui bradait des terrains de l'Etat à ses amis et passait des valises en Suisse.
Des mots une histoire N° 56. Consignes : utilisez 25 mots de la liste suivante: grillage – chat – andante – apesanteur – caroncule – chant – contexte – plume – couffin – barbouillages– croquis – enfant – lame – livre – vertige – saigner – chapon – climatique – catalogue– match – roboratif – sangloter – allumettes – mouchoirs – enfance – préparation – délicieux
Pruneau ? pruneau! Pas de lapin ni d'ancien ministre (la viande est trop coriace) mais de l'agneau pour cette recette .
Tagine d'agneau aux pruneaux. Pour 4 à 6 personnes:
Extrait de Maroc. 73 recettes. Anissa Halou. Grund édition.
3 cuillères à soupe d'huile d'olive extra vierge, 1 kg de viande d'agneau (gigot ou collet) coupée en gros morceaux, 1 oignon moyen, 20 brins de coriandre fraîche, 1 bâtonnet de cannelle, 1 pincée de pistils de safrans, 1/2 cuillère à café de gingembre en poudre,sel marin et poivre noir du moulin, 500 G de pruneaux dénoyautés, 3 à 5 cuillères à soupe de miel, 1 cuillère à soupe de fleur d'oranger, 1 cuillère à soupe de graines de sésame grillée.
1. Dans une grande cocotte, chauffez l'huile d'olive et faites revenir les morceaux d'agneau, l'oignon pelé, le coriandre et le bâtonnet de cannelle. Ajoutez le safran, le gingembre, un peu de sel et du poivre. Couvrez d'eau (environ 75 cl) et amenez à ébullition à feu moyen. Couvrez et laissez bouillir 45 minutes à une heure. Il faut que la viande soit tendre et que le liquide de cuisson ait bien épaissi.
2. Retirez l'oignon, le bâtonnet de cannelle et la coriandre. Tournez la viande dans la sauce et ajoutez les pruneaux. Réduisez le feu et laissez frissonner à couvert pendant encore 15 minutes. Remuez de temps en temps et ajoutez un peu d'eau si vous pensez que le tajine est trop sec. Si en revanche la sauce est trop liquide, faites-la- bouillir à découvert.
3. Incorporez le miel, et laissez encore cuire doucement pendant 10 minutes. Ajoutez l'eau de fleur d'oranger et continuez la cuisson. La sauce doit être liée et onctueuse, la viande tendre et les pruneaux moelleux.
4. Goûtez et rectifiez l'assaisonnement si nécessaire. Dressez la viande sur un plat de service, répartissez les pruneaux autour et nappez avec la sauce. Saupoudrez de graines de sésame grillées et servez.
Conseil du sommelier : Le vin rouge s'impose. Choisissez un bon côte du Rhône Village ou un Beaume de Venise.
Rochefort. Citation
Si haut qu'on monte, on finit par des cendres.
Henri Rochefort.
Hergé. Tintin au tribunal.
Hergé. Tintin au Congo ou Tintin au tribunal.
Pourquoi présenter une BD que tous les lecteurs connaissent et ont parcouru, lu et relu. Le 10 février la justice belge devait rendre son jugement sur une demande d'interdiction de l'ouvrage de Hergé par un ressortissant de la République du Congo (ex Congo belge). Pour ce citoyen soutenu par un collectif d'Associations noires, l'interdiction se justifie par la représentation du noir "paresseux, docile ou idiot…incapable de s'exprimer dans un français correct". Débouté par le tribunal, le plaignant a décidé de faire appel.
En 1930-1931, au moment où Hergé alors âgé de 23 ans rédige sa seconde aventure de Tintin reporter, les grandes nations européennes se sont taillées de grands empires coloniaux . Même le fondateur de notre système scolaire, Jules Ferry , s'était clairement prononcé pour l"expansion coloniale. Les territoires conquis permettaient à ses yeux (et ce sentiment était partagé par tous les européens) de garantir l' approvisionnement de la métropole en matières premières, d'offrir des débouchés pour l'industrie, de permettre l'émigration de populations et par là même juguler le chômage. Posséder des colonies à la surface du globe permettait d'établir des bases militaires pour protéger sa flotte marchande car à l'époque pratiquement tous les échanges s'effectuaient par la mer. De plus l'Homme blanc est persuadé qu'il apporte des valeurs civilisatrices. Le églises chrétiennes, catholique et protestantes, soutiennent donc cette expansion.
De grandes expositions coloniales sont organisées à Londres, Paris, Marseille, Porto, en Australie et en Belgique même (Anvers 1930) … qui attirent un public nombreux. L'exposition de Paris en 1931 attira 34 millions de visiteurs pour une population française de 40 millions d'habitants. Joséphine Baker triomphe dans les revues nègres en chantant "Ma Tonkinoise" . Français et belges reprennent en coeur "Nuit de Chine, nuit d'amour…".
Hergé qui n'est jamais allé en Afrique nourrit l'histoire de Tintin au Congo d'images stéréotypées véhiculées par la presse, la radio, le cinéma....
"Pour le Congo tout comme pour Tintin au pays des Soviets, il se fait que j’étais nourri des préjugés du milieu dans lequel je vivais… C’était en 1930. Je ne connaissais de ce pays que ce que les gens en racontaient à l’époque : "Les nègres sont de grands enfants, heureusement que nous sommes là !", etc. Et je les ai dessinés, ces Africains, d’après ces critères-là, dans le pur esprit paternaliste qui était celui de l’époque en Belgique. »
Hergé apparaît dans l'album paternaliste, mais l'auteur n'est pas pas raciste. Dans Le lotus Bleu (1934) il fustige d'ailleurs les comportements xénophobes et racistes des européens en Chine. En 1946, pour l'édition couleur, l'album fut ramené de 115 pages à 62, la leçon de géographie au cours de laquelle Tintin expliquait à de jeunes noirs "Votre patrie, la belgique" disparut et fut remplacé par une leçon de mathématiques.

A travers le procès pour interdire la publication de Tintin au Congo se pose la question de la nécessaire remise en place d'une oeuvre artistique dans son contexte historique, mais surtout est abordé le problème de la liberté de création et de la censure culturelle. Toute oeuvre artistique est le reflet de son époque, il est facile de condamner avec le recul du temps des comportements, des déclarations auquelles nous aurions pu adhérer. Tintin au Congo est une histoire divertissante écrite dans les années 3O, Hergé ne véhiculait que des idées partagées par 99% des citoyens. Si le livre de Hergé disparaît des présentoirs: faut-il supprimer par voie de conséquence Shakespeare et son Marchand de Venise, pour antisémitisme? Voltaire et son Fanatisme de Mahomet, pour anti-islamisme? Les mémoires de Lyautey pour apologie coloniale? interdire la programmation de la quasi totalité des westerns pour justification du génocide indien? je m'arrête car les bibliothèques vont se vider.
J'aime mieux terminer sur une note optimiste et rappeler la prise de position en 1969 de l'hebdomadaire Zaire qui publiait dans ses colonnes:
« si certaines images caricaturales du peuple congolais données par Tintin au Congo font sourire les Blancs, elles font rire franchement les Congolais, parce que les Congolais y trouvent matière à se moquer de l'homme blanc qui les voyait comme cela » .
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Joséphine Baker : Ma Tonkinoise.
Pour qu'j'finisse
Mon service
Au Tonkin je suis parti
Ah! Quel beau pays mesdames
C'est l'paradis des p'tites femmes
Ell's sont belles
Et fidèles
Et j'sui dev'nu l'chéri
D'un' p'tit' femm' du pays
Qui s'appell' Mélaoli
Refrain:
Je suis gobé d'un' petite
C'est une Anna, c'est ne Anna, une Annamite
Elle est vive elle est charmante
C'est comm' un z'oiseau qui chante
J'l'appell' ma p'tit bourgeoise
Ma Tonkiki, ma Tonkiki, ma Tonkinoise
Y'en a d'autr's qui m'font les doux yeux
Mais c'est ell' que j'aim' le mieux.
L'soir on cause
Des tas d'choses
Avant de se mettre au pieu
J'apprends la géographie
D'la Chine et d'la Manchourie
Les frontières
Les rivières
Le fleuv Jaun' et le fleuv' Bleu
Y'a mêm' l'Amour, c'est curieux
Qu'arros' l'Empir' du Milieu
Refrain
Très gentille
C'est la fille
D'un mandarin très fameux
C'est pour ça qu'sur sa poitrine
Elle a deux p'tites mandarines
Peu gourmandes
Ell' ne d'mande
Quand nous mangeons tous les deux
Qu'une banane c'est peu coûteux
Moi j'y en donne autant qu'elle veux
Refrain
Mais tout passe
Et tout casse
En France je dus rentrer
J'avais l'coeur plein de tristesse
L'âme en peine
Ma p'tite reine
Était v'nue m'accompagner
Mais avant d'nous séparer
Je lui dis dans un baiser
Ne pleur' pas si je te quitte
Petite Anna, petite Anna, p'tite Annamite
Tu m'as donné ta jeunesse
Ton amour et tes caresses
T'étais ma p'tite bourgeoise
Ma Tonkiki, ma Tonkiki, ma Tonkinoise
Dans mon cœur j'garderai toujours
Le souv'nir de nos amours.







