DownloadedFile_1Un enfant trisomique disparaît lors de la promenade de l'orphelinat, la charmante surveillante s'étant éloignée pour une partie de jambes en l'air dans un bosquet avec son ami José.   Le petit bourg de l'est de la France qui sert de cadre à notre histoire  est en effervescence.  Il faut dire que l'orphelinat adossé à l'hospice Saint Maurice fait vivre le patelin et la disparition d'un orphelin peut nuire à la renommée du pays. Les zhéros de notre histoire n'ont rien de Sherlock Holmes ou de James Bond. Avec eux on ne fait pas mieux dans le genre crade ,marginal et paumé. Il manque pour le moins une case à Albert. Après le visionnement d'un western il voit des indiens partout, après un film de SF, les martiens envahissent son territoire, il en a d'ailleurs rencontré un. Nanase  doit supporter une mère gueularde, vulgaire et poissarde. Il survit grâce à la débrouille et à de petits larcins. José, livreur de son état, est un ancien légionnaire qui a passé toute son enfance à l'orphelinat, il en a gardé une souffrance indélébile, une haine contre l'institution. 

Si les paumés sont peu reluisants mais restent touchants, les autorités sont détestables, à commencer par l'horrible directrice de l'orphelinat, laide physiquement et moralement. Ce qui se passe dans l'hospice-orphelinat, nul ne veut le savoir, le dénoncer. "Surtout pas de vagues!", comme le souhaitent les représentants de l'administration, les élus politiques toutes tendances confondues. La presse se tait. 

Si l'histoire est noire,  les dialogues, le dessin, les couleurs  nous font parfois rire et sourire.  Les pauvres zhéros sont les cousins français des marginaux italiens de "Affreux, sales et méchants" de Scola. Une totale réussite.

 

Rivages/ Casterman/ Noir.