imagesLe titre ne fait  pas allusion à des personnes aux moeurs dissolus mais à la situation de tous ceux qui sont victimes de la situation économique : les chômeurs. Un jour, au Jardin des Plantes de Paris un homme est découvert enfermé dans une cage du zoo, se nourrissant d'aliments pour nos amis les chiens. Sur la grille une pancarte fait état de son statut d'Homo sapiens, Laborare carens que l'on peut traduire plus simplement par chômeur. Le fait divers attire les badauds, la presse, la télé. Les belles âmes dissertent. Les hommes politiques discourent. Lili, jeune et dynamique vétérinaire du zoo, est le seule à ne pas supporter cette situation. Un matin, l'homme est retrouvé  pendu, l'enquête  montre qu'il ne s'agit pas d'un suicide, mais d'un meurtre.  De plus il s'avère que l'homme n'est pas un véritable  clodo, mais le patron d'une multinationale.

La BD dénonce le pouvoir de l'argent, le libéralisme sauvage, les médias avides du spectacle du malheur des hommes. Le livre est d'ailleurs dédié : 

" Aux virés, Aux lourdés, Aux éjectés, Aux dégaissés, Aux restructurés, Aux fusionnés, Aux mondialisés, bref à tous ceux qui se retrouvent sur le carreau."

Cependant si la sarire sociale est féroce, le ton du récit adopte le ton de la drôlerie, de l'humour. Les dialogues sont savoureux. Décidément Pennac est un magnifique manieur de mots et les nombreux personnages sortent tout droit de son univers si particulier que Tardi parvient à rendre avec brio.

Dans cette bande dessinée en couleurs, les dessins de Tardi renforcent le côté caricatural et comique des protagonistes de l'histoire. Quelle joie de côtoyer : "ce branleur de Justin", Georges le Tigre, la commissaire aux havanes, Lili et son ami, le Capitaine, capable de répondre à chaque question qu'on lui pose simplement par le nom d'une ville. Tardi nous livre un portrait de Paris, du quai des orfèvres au Jardin des Plantes. On aime s'arrêter sur les vignettes qui nous livrent une multitude de détails sur le caractère des personnages, sur la situation sociale. On relit toujours avec le même plaisir cette bande dessinée, fruit d'une collaboration étroite et réussie de deux créateurs qui se complètent parfaitement. 

 

Editions Futuropolis.