Je participe à l'atelier d'écriture de Gwenaelle, écrivain public qui écrit aussi dans son blog Le Skriban.Ces jeux d'écriture ont lieu le mercredi et le dimanche et je vous invite à aller lire les écrits de tous les participants sur place.

J'aime me lever tôt et m'installer près de  la  fenêtre du salon. Elle est grande ouverte sur la rue. L'été s'annonce. La nuit se termine. Les éboueurs remplissent la benne qui malaxent avec fracas les reliefs de notre société, ils agissent sans parler, efficacement, ils finissent harassés leur tournée .  Le froid me glace, cela dure quelques minutes avant  le premier rayon du soleil. Alors le miracle se produit, instant magique où les moineaux du platane se réveillent, poussent leurs vocalises, leur hymne à la vie. En face de chez moi le boulanger tire son rideau de fer, je suis trop loin pour sentir l'odeur chaude des croissants , de la brioche et du pain frais. Une bicyclette brinquebalante: plus de quarante ans qu'Yvon stoppe devant la devanture, quarante ans de pain aux raisins, quarante de mariage. Dans un bruit de ferraille il s'en retourne  préparer le petit déj'  de sa "moitié",les mauvaises langues ont tendance à dire que le terme du double serait plus approprié. Le bruit des vagues , le cri des sternes et des mouettes dans le lointain nous rappelle la présence de l'océan. L'air est salé. Comment peut-on vivre loin des horizons marins ? Des enfants remontent en courant la rue dans une course échevelée, des cris, des insultes, des menaces, des rires.

La porte d'entrée da l'appartement s'ouvre dans un grincement. La voix de Marlène. Coucou. Je vais prendre mon cours de braille.