Atelier du skriban du dimanche

Votre mission: écrire   à la manière de Philippe Delerm, en usant et en abusant du "on", comme dans l'exemple.

On entre dans la cave. Tout de suite, c'est ça qui vous prend. Les pommes sont là, disposées sur des claies -  des cageots renversés. On n'y pensait pas. On n'avait aucune envie de se laisser submerger par un tel vague à l'âme. Mais rien à faire. L'odeur des pommes est une déferlante. Comment avait-on pu se passer si longtemps de cette enfance âcre et sucrée?

La femme de ménage.

On m'a filé le zoo. Pour une corvée, c'est une corvée. Nettoyer les cages des grues  et des bibassons, mélange de musc et d'canaux vénitiens.  On doit pas se laisser distraire par les braillements agressifs des  hirondelles. On donne un coup  de désodorisant. Les relents  de tanière sont toujours là. Le pire c'est  le repaire de la hyène, le bureau du patron  : ça pue le fauve, la Kro, les chaussettes sales, le tabac froid. J'aime pas l'odeur des cognes.

 

 

Le bridge du mercredi.

On a nos habitudes. Le mercredi, c'est sa soirée bridge. Toute la journée il se prépare avec des cartes sur son bureau, des problèmes à résoudre. On se croise. On  n'essaie même pas  de se parler, il rumine une ouverture à deux trèfles ou à un pique. Il s'angoisse. On attend huit heures, c'est l'heure de son départ. Enfin parti! je monte un étage, on m'attend , ma partie de jambes en l'air va commencer.