3700173207509_death_and_the_maiden_1 Dans un pays d'Amérique latine, Paulina Escobar attend son mari dans une grande maison au bord de l'océan. L'orage gronde. Geraldo Escobar, tombé en panne de voiture, est aimablement raccompagné chez lui par un inconnu, le Docteur Miranda.  En entendant la voix de Miranda la jeune femme croit reconnaître la voix de son tortionnaire d'antan. Etudiante, elle luttait contre la dictature. Arrêtée elle a été torturée par un médecin sur l'air de La jeune fille et la mort de Schubert. Alors la peur, les images du passé resurgissent, Paulina décide de se venger.

Dans ce huis clos adapté d'une pièce de Ariel Dorfman (qui a participé au scénario avec Rafael Yglésias), Polanski met face à face la victime et le bourreau. Il pose d'entrée la question : peut-on se venger en devenant soi même tortionnaire? Tuer seulement l'homme ne peut satisfaire Paulina, elle veut entendre ses aveux et cherche à comprendre ses motivations. L'avocat Geraldo assiste impuissant à une terrible parodie de procès imposée par son épouse, il découvre des pans entiers de la vie de sa femme qu'il ignorait. Le film nous interroge alors sur les rapports du sexe et la mort (Eros et Thanatos), sur le sens du bien et du mal. Peut-on guérir des violences subies? Si le corps peut se réparer, l'âme est à jamais marquée. Existe-t-il une justice pour les  bourreaux ?

Ce film à la mise en scène sobre, est remarquablement interprété. Sigourney Weaver, Paulina, nous fait partager toutes les souffrances de sa chair, en nous décrivant les détails de ses tortures. Nous assistons avec malaise à son envie de vengeance, mais nous comprenons que la mort de son bourreau ne lui permettrait de retrouver la sérénité. Ben Kingsley, le tortionnaire, est tout aussi étonnant et son monologue final est inoubliable.