Animal_Kingdom1Autant le dire en préambule, voilà le type de film qui risque de vous secouer et  qui ne  vous laissera pas indifférent. Dès les premières images vous entrez dans un autre monde. Dans un logement de la banlieue de Melbourne un jeune homme, Josh, suit une émission de jeux télévisés, une femme semble endormie à côté de lui. Elle est morte d'une overdose, c'est la mère du garçon qui continue à regarder fasciné l'écran de la télé lors de l'arrivée des secours. Vous êtes entrés dans un autre monde, le royaume des animaux, le royaume des fauves.

Josh est accueilli par sa grand-mère qui règne sur la tribu Cody. Elle veille, comme une lionne sur ses petits,  sur ses quatre fils qui ont en commun d'être de dangereux truands, des braqueurs de banque que la brigade anti-gang veut abattre par tous les moyens. Josh est rentré dans la cage aux lions et doit se soumettre aux règles de la jungle. Pour la police le jeune homme est un maillon faible sur qui repose l'espoir de faire tomber la horde Cody. Le réalisateur n'a aucune empathie pour les personnages qu'il présente, ces criminels à des degrés divers sont tous inquiétants, effrayants, déshumanisés. En face la police ne présente pas un visage plus sympathique. Dans ses rangs figurent des tueurs qui font la loi à l'abri de leur uniforme et  les escadrons de la mort ne valent pas mieux que les malfrats. D'autres flics sont des ripoux en cheville avec les Cody. Rares sont ceux qui peuvent dormir la conscience tranquille. Les avocats jouent subtilement avec la loi, habilement ils sauvent les criminels les plus endurcis de la prison. Rien de bien original, me direz vous? Sauf que David Michôd revisite les codes du film noir, avec brio, il refuse tout sentimentalisme mais au contraire il analyse cliniquement une réalité sociale peu agréable. Il construit son histoire avec talent, l'intrigue nous surprend en permanence et le scénario se situe très loin des clichés des films traditionnels de gangsters. La réalisation est sobre, efficace, sans effets spectaculaires.  Michôd se révèle de plus un formidable directeur d' acteurs, tous les rôles sont remarquablement interprétés. Ce  premier film est un véritable coup de maître, récompensé très justement par de nombreux prix (meilleur film et meilleur réalisateur 2010 en Australie, Grand Prix du Festival de Sundance).