J'aime quand Fabice Lucchini balance sur le Festival : "j'ai le sentiment que c'est le lieu d'une secte qui rejette les grands textes…". Je jubile quand Philippe Caubère se réjouit de la nomination de Olivier Py à la tête du Festival d'Avignon  en 2013: " y'en a marre des chargés de mission, des administrateurs qui dirigent le Festival comme des politiques"…J'adore la réaction de  Frédéric Mitterrand : " Le ministre de la culture est là pour se faire engueuler…". J'apprécie la réaction du co-directeur du festival Vincent  Baudriller : " Nous sommes à la fois à la fois les enfants du théâtre de 1947, où Vilar apporte une nouvelle façon de faire du théâtre et du festival de 1967 où on peut lire: "Théâtre, ballet, cinéma, musique.." La culture devient enjeu de société… De ces confrontations, de ces oppositions, de ces prises de paroles contradictoires nait l'avancée de pensées. La richesse de notre société vient de sa diversité. Rien de pire que le consensus.

 Mais hier soir, les yeux vissés sur ma télé, J'ai assisté, terrifié, à un navrant spectacle audiovisuel… Celui de l'endoctrinement soigneusement planifié par des journalistes du monde libre, spectacle d'un consensus social et politique, une mise en scène soigneusement orchestrée car les "morts sont tous des braves types", comme  disait Brassens. Les personnage centraux n'étaient pas les victimes trucidées au "champ d'honneur ", mais le metteur en scène et l'acteur principal de la cérémonie : le Tartuffe qui, isolé par la caméra, replié dans sa digne fonction, faisait semblant de se recueillir… Tous étaient là :  les représentants du sabre et du goupillon, les élus choisis par le capital, les larbins de l'audiovisuel, les vendeurs de mort… Tous unis par l'idée d'une certaine France aux relents nauséabonds de Pétainisme… Dans les moments difficiles, La France doit faire taire ses différences, s'unir, nous serine-t-on… pleurer Sedan, Jeanne d'Arc, Verdun ou Dien Bien Phu… Il n'y a plus de débat, le français patriote sans rechigner doit apporter la "Liberté" au bout de sa baïonnette. Se plier à son maître. Voter pour lui. A ce moment là toute discussion est close, l'Union Nationale s'impose. Tous derrière le Guide, même s'il est un vulgaire représentant d'une société Bling-Bling, hautaine et méprisante , une  pâle  marionnette qui croit -peut être - à son influence. Le pouvoir fait tourner les têtes et les  êtres. Les dés sont jetés. Les jeux sont faits. Rien ne va plus.