31 août 2011

Les personnages de Tintin dans l'Histoire.

250591_10150218550231500_12936316499_7876938_8328665_nMon seul rival international, c'est Tintin.

Charles De Gaulle.

 

Présentation, IV° de couverture:

"Tintin et ses amis traversent les moments clés de l'Histoire du XX° siècle. Les albums où apparaissent pour la première fois les personnages d'Hergé, sont tous inspirés par des événements qui ont changé le cours du monde".

 

Ainsi le parti-pris des auteurs , éminents historiens, universitaires ou journalistes, est clairement énoncé. Ils  présentent et analysent les événements qui sont les sources d'inspiration de dix albums de Hergé parus entre 1930 et 1944. Pour le lecteur de notre temps, un grand nombre d'événements nous sont devenus totalement étrangers, inconnus. Qui connaît en effet, à moins d'être un spécialiste pointu de l'Amérique Latine, l'existence du conflit sanglant qui a eu lieu de 1932 à 1935 entre la Bolivie et Le Paraguay ? guerre à l'origine de L'oreille cassée Qui se souvient avec précision des conditions de l'invasion de la Mandchourie par le Japon, véritable point de départ de la seconde guerre mondiale? Le Lotus bleu. Tous les articles scientifiquement irréprochables d'une lecture facile sont remarquablement illustrés et mis en page. L'ouvrage s'adresse à tous les fans de Tintin, dont je fais partie depuis près d'un demi-siècle, à tous ceux qui considèrent que Tintin n'a eu qu'un seul rival au niveau international, De Gaulle. Incontournable pour tous ceux qui ont entre 7 et 77 ans.

 


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Cet ouvrage est le fruit d'une collaboration entre la revue Historia et le journal Le Soir pour la Belgique, l'hebdomadaire Le Point en France. Il est prévu des parutions en Suisse et au Québec.

 

 

 

Initié par Mango

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30 août 2011

The Killer inside me. Witterbottom. 2010.

the-killer-inside-me-18802-1355976528-1The Killer inside me de Witterbottom est adapté d'un roman paru en 1952, sous le titre de Le démon dans ma peau, de Jim Thompson auteur américain et scénariste de cinéma. Thompson a notamment participé à l'écriture de films de Kubrick, Ultime Razzia et Les sentiers de la gloire. Après sa mort survenue en 1977, nombre de ses romans ont connu avec succès des adaptations au cinéma, parmi lesquels : Série Noire de Alain Corneau, Coup de torchon de Tavernier ou Les Arnaqueurs de Stephen Frears. Un grand scénariste donc, un grand romancier, spécialiste du roman noir. Jim Thompson, en effet, connaît bien tous les dessous de la bonne société. Dans le roman qui sert scénario au film, il dénonce la pourriture cachée sous les dehors de l'honnêteté et de la politesse, l'hypocrisie de l'apparence, la corruption de la police dont les représentants servent d'hommes de paille à ceux qui détiennent la richesse donc le pouvoir. 

 

 

L'histoire est racontée par le personnage principal, le shérif adjoint Lou Ford, personnage apprécié car discret, poli et serviable. Il accomplit son travail dans une tranquille petite bourgade prospère du Texas qui vit de l'industrie pétrolière. La ville est cependant sous la coupe de la richissime famille Conway qui impose ses méthodes brutales.

Lou Ford a une double personnalité, une sorte de Docteur Jekill et M. Hyde!  Derrière le gentil shérif, défenseur du Bien se cache un tueur manipulateur, froid et cynique. Parmi les victimes de ses pulsions destructrices figurent les femmes qu'il aime. 

The Killer inside me comporte des scènes extrêmement violentes et réalistes, mais jamais gratuites. Il est servi par l'extraordinaire interprétation de Casey Affleck, psychopathe fascinant. Le film nous livre quelques éléments d'explications du comportement de Lou Ford à rechercher dans un déséquilibre familial. Autour de Casey Affleck, Whitterbottom a réuni un casting de grande qualité. Kate Hudson et Jessica Alba donnent corps à des personnages complexes de femmes très intéressants. A la fois victimes mais aussi fascinées par la personnalité du meurtrier, elles le paient de leur vie. Le réalisateur subit lui aussi cette fascination pour ce personnage hors du commun auquel il s'intéresse plus, semble-t-il, qu'à l'aspect social de l'histoire. La dénonciation de cette société corrompue existe pourtant mais le principal intérêt du film reste le personnage de Lou Ford. Un très bon film.


Bande Annonce The Killer Inside Me VOST

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29 août 2011

Berlion Olivier. Eldmore Leonard. Le Kid de l'Oklahoma

lekid99couvOlivier Berlion a décidé d'adapter un roman d' Elmore Leonard, célèbre  auteur de romans noirs et de westerns qui ont été portés à l'écran et qui font partie des classiques du cinéma ( 3h10 pour Yuma, Hombre, Jackie Brown.. ).

 

Le récit se situe dans l'Oklahoma dans les années 20 et au début des années 30. Dans cet état, l'industrie pétrolière se développe mais le pays reste encore marqué par bien des aspects par la conquête de l'ouest qui vient de se terminer. Et le livre est à mi-chemin entre le western et le polar noir. Un journaliste d'origine italienne, Tony Antonnelli, raconte la confrontation qui s'étale sur  plusieurs années entre Jack Belmont un braqueur de banques fils d'un magnat du pétrole et Carl Webster, Marshall issu d'un milieu d'agriculteurs. Digne héritier des shérifs à la John Wayne, Webster fait appliquer la justice le plus souvent d'une manière assez expéditive, en tirant plus vite que les truands. Dans ce genre de récit le dénouement est prévisible, la confrontation entre le bien et le mal se terminent par un duel et la mort du méchant. La fin de Belmont clôt l'histoire.

Le choix d'une narration indirecte brise souvent le déroulement de l'intrigue. Le récit est régulièrement abandonné pour céder sa place à des scènes dialoguées assez plates entre le journaliste et son patron car Antonnelli cherche à obtenir le droit d'écrire l'histoire de l'opposition entre Belmont et Webster.

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La BD est aussi extrêmement riche en textes explicatifs, en dialogues assez fades qui auraient mérité d'être élagués dans l'intérêt de l'histoire. La principale qualité de l'album vient du trait, du graphisme de Olivier Berlion et de colorisation très réussie dans les ocres et bistres des planches.

 

Rivages/ Casterman/ Noir.

 

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11 août 2011

Atmosphère? Atmosphère? .Hôtel Du Nord. Citation.

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Marcel Carné réalise en 1938 Hôtel du Nord adapté d'un roman d'Eugène Dabit  paru à la fin des années 20. Les dialogues sont signés Henri Jeanson qui a offert à Arletty une des plus inoubliables répliques du cinéma français: Atmosphère? atmosphère? est- ce que j'ai une gueule d'atmosphère?

 

 

 

 

 

 

 

 


Un extrait du film 'Hôtel du Nord'

 

Sur une idée de Chiffonnette...

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10 août 2011

Fatales. Quatre nouvelles inédites. Supplément de la revue Elle.

Camilla Läckberg, un des auteurs suédois les plus en vogue actuellement  nous embarque dans une croisière avec la mort au rendez-vous dans Elisabeth dans mes rêves. La nouvelle est remarquablement écrite mais la chute au milieu des flots déchaînés ne nous surprend guère.

Dans Le Mari de la Voisine, Katarina Mazetti, nous fait découvrir avec beaucoup d'humour des femmes suédoises, qui savent soigner comme ils le méritent leurs époux, pourtant fort désagréables.

Dans Un Ange en Jimmy Choo, les écrivains danois Soren et Lotte Hammer  nous décrivent le quotidien de Maria. Comptable de banque, elle cherche à améliorer très méthodiquement son  modeste ordinaire. Mais que faire quand ses malversations sont découvertes ? Maria trouve rapidement la solution. 

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La nouvelle que j'ai préféré est signée par un jeune auteur qui m'était totalement inconnu Urban Waite, qui a publié un seul roman ( La terreur de vivre paru aux éditions Actes Sud) et qu'il me tarde de découvrir. C'est la chronique d'un été dans les montagnes de la Sierra Nevada racontée par un enfant de douze ans. Douze ans, c'est encore l'âge des jeux de l'enfance partagés avec son jeune frère, c'est  le moment où le regard sur les adultes devient  critique, c'est aussi la période où s'éveille  la sexualité. La nouvelle pourrait n'être qu'un chapitre d'un ouvrage plus étoffé, d'un vaste roman. On aimerait continuer la lecture du Mur des Sequoias, car le lecteur est porté par la simplicité et la poésie de la langue.

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Ferrandez. Benacquista. La Boîte Noire.

65452278A l'origine La boîte noire est une nouvelle de Tonino Benacquista, qui a été adaptée en Bd en 2000. Laurent Aubier est victime d'un grave accident de la route. Après un coma de quelques heures, lors de son réveil une infirmière lui remet le texte qu'elle a retranscrit de tous ses délires, des bribes d'un passé oublié ou refoulé. La Boîte Noire de son inconscient s'est alors entre-ouverte. Aubier part à la recherche de lui-même, toute sa vie est brutalement remise en cause. L'intrigue est bien menée et le dénouement habile et surprenant.

Les dessins de Ferrandez alternent  les moments réalistes et les plongées dans l'inconscient d'Aubier. Quand nous pénétront dans la Boîte Noire, les images du passé s'entrechoquent , elles frôlent l'abstraction, illustrant la confusion mentale du personnage. Une Bd bien agréable à lire.Planche_bd_4637_BOITE NOIRE (LA)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Nota: Ferrandez s'amuse à faire une référence dans une vignette à l'Outremangeur, fruit d'une précédente collaboration avec Benacquista.

 

Initié par Mango

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En 2005, Richard Berry a adapté la nouvelle au cinéma avec dans les rôles principaux: José Garcia et Marion Cotillard.


La Boîte noire - Bande annonce FR

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08 août 2011

De Metter.Marilyn,De l'autre côté du miroir

9782203019256Hiver 1959. Norman Wells est  apprenti écrivain. Un soir il  croise dans  un bar de Manhattan le célèbre romancier Truman Capote qui partage sa table avec une jolie brune  noyant sa tristesse dans l'alcool. Norman propose à Capote de ramener la jeune femme ivre morte à son domicile. Le lendemain Wells décide de ramener à sa propriétaire  un escarpin  tombé dans son véhicule, une vieille 203 Peugeot. Il découvre avec stupéfaction que la brune est en réalité blonde, et qu'elle se nomme  Marylin Monroe. Une relation amicale et platonique va naître entre Norman et Marylin. Un jour les deux jeunes gens quittent New york et s'aventurent dans les montagnes lorsque la neige se met à tomber de plus en plus fort. Marylin et Norman se réfugient dans un étrange manoir pour y passer la nuit, ils sont accueillis par des personnages inquiétants: le fantôme d'un petite fille, un couple de domestiques patibulaires, un vieil homme enfermé dans sa chambre… De Metter nous plonge dans un monde fantastique, dans un manoir hanté. Quels secrets  se cachent derrière les  murs et les portes .  De Metter nous propose de franchir les miroirs sans tain et nous offre un portrait  de Marylin,  une jeune femmes simple, intelligente, fragile  et touchante loin de l'image créée par le monde du cinéma et de la presse. Le récit est superbement mené, les dialogues justes inspirés et les dessins en couleurs directes donnent à l'album un côté à la fois magique et mélancolique. Magnifique.

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07 août 2011

Eddy Mitchell. La dernière séance

La lumièr' revient déjà

Et le film est terminé

Je réveille mon voisin

Il dort comme un nouveau-né

Je relèv' mon strapontin

J'ai une envie de bailler

C'était la dernièr' séquence

C'était la dernière séance

Et le rideau sur l'écran est tombé

 

La photo sur le mot fin

Peut fair' sourire ou pleurer

Mais je connais le destin

D'un cinéma de quartier

Il finira en garage

En building supermarché

Il n'a plus aucune chance

C'était sa dernière séance

Et le rideau sur l'écran est tombé

 

(Refrain1:)

Bye Bye les héros que j'aimais

L'entr' acte es terminé

Bye Bye rendez-vous à jamais

Mes chocolats glacés, glacés

 

J'allais rue des solitaires

A l'école de mon quartier

A cinq heures j'étais sorti

Mon père venait me chercher

On voyait Gary Cooper

Qui défendait l'opprimé

C'était vraiment bien l'enfance

Mais c'est la dernière séquence

Et le rideau sur l'écran est tombé

 

(Refrain2:)

Bye bye les fill's qui tremblaient

Pour les jeunes premiers

Bye bye Rendez-vous à jamais

Mes chocolats glacés, glacés.

 

La lumière s'éteint déjà

La salle est vide à pleurer

Mon voisin détend ses bras

Il s'en va boire un café

Un vieux pleure dans un coin

Son cinéma est fermé,

C'était sa dernière séquence

C'était sa dernière séance

Et le rideau sur l'écran est tombé

 


La derniere séance

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Peter Bogdanovitch. La dernière séance (The last picture show). 1971.

 

affiche-La-Derniere-seance-The-Last-Picture-Show-1971-2Peter Bogdanovitch signe avec le film La dernière séance sa meilleure réalisation. Au début des années cinquante, dans une petite ville paumée du Texas battue par les vents, des jeunes gens s'ennuient. Les garçons partagent leur temps entre la fin de leurs études, des petits boulots, le billard, le football, et le sexe. Dans le cinéma du bourg ou sur la banquette d'une auto, ils peuvent peloter sans retenue les seins des filles qui cherchent cependant à conserver leur virginité pour le mariage, comme l'ont fait avant elles leurs mères, des femmes mal mariées et frustrées qui cherchent en dehors du mariage à assouvir leurs besoins sexuels et affectifs. Les plus riches d'entre eux iront continuer leurs études à Dallas, les plus modestes finiront ouvriers sur une plateforme pétrolière ou choisiront de rejoindre l'armée engagée en Corée. Le fossé des différences sociales n'est pas prêt de se combler. C'est donc une chronique triste et désabusée en noir et blanc du Texas intérieur que nous livre Bogdanovitch. Avec nostalgie, il nous fait partager la fin d'un monde, la télévision triomphante chasse la cinéma qui vit ses dernières séances.  Le metteur en scène rend hommage aux cinéastes  de son  enfance : Ford, Mann, Hawks… Le Texas n'est plus celui de Red River (La rivière rouge) : fini les épopées à cheval, le Rio Grande se traverse en voiture et le retour du Mexique se fait avec une gueule de bois.

Bogdanovitch a réuni et confronté deux générations d'acteurs. Cybill Sheperd, Timothy Bottoms et Jeff Bridges alors au début de leur carrière sont remarquables de vérité, à la recherche d'eux-mêmes, de leur avenir. Cloris Leachman et Ellen Burstyn incarnent des femmes d'âge mur fort différentes mais qui sont passées à côté de l'amour. Sam le lion est un des personnages clef de l'histoire. Il  est joué par un Ben Johnson vieillissant, acteur fétiche des westerns de John Ford. La mort de Sam dans le film peut être interprété comme la mort d'un certain type de cinéma hollywoodien mais aussi comme la fin d'une époque à jamais disparue. L'image de Robert Surtees est splendide, la bande son remarquable.

Un excellent film.


THE LAST PICTURE SHOW trailer

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06 août 2011

Conan Doyle. Une étude en rouge.

gro05ll9A Londres deux américains sont trouvés assassinés, sur les murs de leurs chambres ont été tracés une même inscription: Vengeance…Les enquêteurs de Scotland Yard sont incapables de résoudre cette énigme, il est vrai que  les fonctionnaires de police ne sont pas réputés briller à travers le monde  pour leur intelligence. Heureusement Sherlock Holmes parvient à établir le lien caché entre ces deux meurtres et la colonisation de l'Utah par les Mormons….élémentaire mon cher Watson !

Une étude en rouge est le premier roman de Conan Doyle qui réunit le détective Holmes et le docteur Watson, médecin militaire rapatrié d'Afghanistan après une vilaine blessure. Watson, sensé être la narrateur, nous livre un portrait  en demi-teinte à la fois irrité et en même temps admiratif de  son co-locataire de Baker Street. Holmes est un être ignare en philosophie, littérature, astronomie, politique,  botanique…mais brillant en chimie,  anatomie et dans la pratique de sports de combats. Gratteur de violon, il a un ego particulièrement démesuré. Mais comme Watson, passé le moment d'irritation légitime, comment ne pas tomber en admiration devant les subtiles déductions de Holmes qui est capable de vous trouver l'âge de la grand mère du capitaine  (du côté de sa belle mère ) qui s'est noyée un soir de tempête du côté de Belle Ile en mer, il y a trois cent ans sans aucun témoin, sauf un goéland argentin danseur de tango…élémentaire mon cher Watson !

Un peu de crachin , une dose de smog, une tasse de thé, un verre de gin,…le bonheur assuré. Une brillante écriture. A votre santé docteur Watson.

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