affiche-la-peau-que-j-habite_jpg_300x365_q95Le film présenté lors du dernier festival de Cannes a été salué comme un pur chef -d'oeuvre par la plus grande partie de la presse des "Cahiers du Cinéma" à "Positif", en passant par "Télérama" ou "les inrockuptibles"…Les critiques n'hésitaient pas à comparer La piel que habito aux oeuvres majeures de Bunuel (Tristana), d'Hitchcock (Rebecca) ou de Franju (Les yeux sans visage) et regrettaient qu'aucune récompense majeure ne lui soit décerné. Le scénario est très librement adapté d'un roman de Thierry Jonquet "Mygale". Un chirurgien esthétique, avec la complicité d'une domestique, retient captive une jeune femme sur qui il greffe une peau transgénique, il cherche à lui donner les traits de son épouse décédée. Qui est cette jeune femme victime d'un nouveau Frankestein ?

Tout en reconnaissant que La piel que habito est un bon film, je ne partage pas l'enthousiasme de la critique. Tout d'abord parce que je n'ai jamais retrouvé l'atmosphère étouffante de Jonquet, de Mygale qui distille page après page son poison.  Mais surtout Almodovar s'est policé, certains diront qu'il est devenu mature, voire qu'il a atteint l'âge de raison. Pour moi, une des grandes qualités du cinéma d'Almodovar était de bousculer la société, de surprendre le spectateur, de mettre à mal la pellicule dans un montage brutal, de jouer avec les lumières, d'opposer les couleurs. 

Il est devenu, comme son personnage incarné par Antonio Banderas, un chirurgien esthétique. Il colle les plans (la peau, la piel) suivant un ordre précis en prenant bien soin  de faire disparaître toute trace de raccord (les cicatrices) le résultat est d'une grande beauté froide, le film est lisse sans défaut comme la peau de l'actrice Elena Anaya. Le traitement de la lumière est devenu médical. Les thèmes abordés : l'identité, la création, la folie, la sexualité…permettent d'alimenter de riches conversations consensuelles.

 Voir mon billet sur Mygale


La Piel que habito, de Pedro Almodovar (bande-annonce)