Un livre, un film. Jeu-énigme du samedi
Enigme n°4
Claudialucia de Ma Librairie et moi-même nous vous proposons pendant toute l'année le samedi un jeu sous forme d'énigme qui unit nos deux passions : La littérature et le cinéma! Pour accéder au blog de Claudialucia , c'est ICI
Le film fut tourné avant la seconde guerre mondiale, mais considéré comme inachevé par le cinéaste et son producteur Pierre Braunberger, il n'a été monté et diffusé que dix ans plus tard. Aujourd'hui il est justement considéré comme un des chefs d'oeuvre du cinéma français. Le film est illuminé par la présence rayonnante d'une jeune actrice qui avait gardé le nom de son mari écrivain.
Qui est le metteur en scène du film qui garde le titre de la nouvelle dont il est adapté ?
Quel est cette actrice à l'escarpolette?
Daniel Picouly et Frédéric Pillot. Le grand concert de Lulu.
Lulu Vroumette est de retour ! L'intelligente petite tortue doit affronter une nouvelle fois son adversaire le lièvre Rien-ne-sert…et comme dans la fable…il faut partir à point. Qui sera le vainqueur cette année du grand concert de la clairière? Pour triompher Rien-ne -sert, le lièvre fourbe et quelque peu macho (et même pas roux) est prêt à tout. Lulu forme son groupe : Lulu et les Lulettes, mais la tortue ne sait pas chanter ! Comment apprendre en peu de temps: voir, écouter, travailler sont les clefs de la réussite. A aucun moment je n'ai douté de la victoire de Lulu (il faut dire que je suis tombé follement amoureux de la petite demoiselle à carapace).Et je n'ai pas misé un kopeck sur le triomphe de l'affreux et prétentieux coureur de garenne. Daniel Picouly s'amuse et nous aussi, il jongle avec les mots et, de ses textes, surgit la poésie. Et les enfants me direz-vous? Depuis une dizaine d'albums ils partagent les aventures de Lulu, car avec elle ils découvrent le monde. Avec la petite tortue, enfants et parents apprennent que les filles ont comme les garçons le droit de chanter et que chacun à la liberté de s'exprimer en respectant les autres. Le bonheur naît souvent de rencontres d'horizons divers et pas obligatoirement du fruit de la compétition. Le texte est illustré avec talent par Fréderic Pillot. Il faut s'attarder sur chaque dessin, les personnages sont savoureux, drôles, délirants. Les couleurs éclatent. Un best-seller des classes de maternelle et de premier cycle d'école primaire. Bientôt sur vos rayons de bibliothèque.
Nota:L'album fait aussi référence par le texte et les images à des groupes de musique qui ont bercé l'adolescence des parents ou des grands parents.
Un livre, un film. Jeu-énigme du samedi
J-2 . SAMEDI 1 OCTOBRE: UN LIVRE , UN FILM. ENIGME N° 4
Claudialucia de Ma Librairie et moi même nous vous proposons pendant toute l'année un jeu sous forme d'énigme qui unit nos deux passions : La littérature et le cinéma!
Henry Fonda. Le tournage des Raisins de la colère de Ford.
Ford détestait faire répéter. En fait il s'y refusait. Le meilleur exemple me paraît être la scène des adieux dans Les raisins de la colère….il avait l'impression que si vous refaisiez trente-six fois la même scène, surtout une scène chargée d'émotion, vous perdiez la fraîcheur de cette émotion…

Même si Jane (Darwell) et moi n'avions jamais joué cette scène avant, nous connaissions tous les deux nos répliques. Nous étions conscients d'avoir une bonne scène à jouer et nous avions envie de dire: "Eh! les gars , allons-y!" Maintenant je pense, et je l'ai toujours pensé depuis, que Ford sentait cette tension nous envahir. Quand il fut enfin prêt et que tous les autres furent prêts, il fit "O.K. on tourne!" Et Jane et moi étions si imprégnés par cette scène que, dès les premières secondes, toute nos émotions se bousculèrent au point qu'il nous fallut les retenir. Si tout avait éclaté brutalement, cela aurait été gênant et personne n'aurait eu envie de regarder la scène, et nous étions là, à réprimer cette émotion qui menaçait de nous envahir, d'envahir nos voix et nos visages et c'est de cette manière que nous avons réussi cette scène. Ford n'a rien dit, il s'est levé et il est parti, il se peut qu'il ait pleuré,je ne sais pas. La script pleurait.
Extrait du livre de Lindsay Anderson. John Ford. Hatier/ les cinq continents.
Sur une idée de Chiffonnette...
Loustal. Lehane. Coronado.

Coronado est bande dessinée réalisée par Loustal à partir d'une nouvelle de Dennis Lehane intitulée "Avant Gwen", adaptée aussi par l'écrivain en pièce de théâtre. Lehane est un des plus grands auteurs actuels de roman noir, il est connu du grand public par le succès international de deux adaptations cinématographiques de ses oeuvres: Mystic River par Clint Eastwood et Shutter Island de Martin Scorcese. Le ton de la Bd est donné par la première légende d'un dessin, sorte de voie intérieure du personnage central:
" Aujourd'hui je sors de prison et mon père vient me chercher au volant d'une brick skylar volée, avec de la coke dans la boîte à gants et une pute prénommée Mandy sur la banquette arrière…" Nous sommes d'entrée plongés dans un roman noir. L'intérêt que porte le père, voleur et assassin sans état d'âme, pour son fils n'a rien à voir avec l'amour filial. Il cherche simplement à récupérer un joyau de grande valeur que son fiston a planqué avant d'être expédié pour quelques années au mitard .Cette histoire se déroule en un temps réduit sur une seule journée. Loustal réalise un "court métrage" de 160 images en format rectangulaire pratiquement de dimensions identiques. Les personnages hiératiques aux faciès coupés à la serpe sont placés dans une ambiance urbaine et glauque, le père ressemble étrangement à Johnny Halliday ( pure coïncidence ?). J'aime l'atmosphère du roman noir référence de cette BD et cependant je n'adhère pas totalement à cet album. Pourquoi? Même lorsque les personnages sont de vulgaires salauds, je cherche à comprendre les raisons de leur comportement, ici les "héros" ne sont que des idées, des représentations, des codes. Dans les romans noirs, dans les livres de Dennis Lehane le lecteur plonge lentement dans la boue, dans les résidus gras que déverse la société, ici je n'ai retrouvé aucune de ces sensations. J'ai été étranger au récit, je n'ai jamais plongé dans la fange. Un ouvrage trop policé à mon goût.
initié par Mango
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Ninno Moretti.Je suis un autarcique. 1976
Je n'avais jamais eu la chance de voir jusqu'à ce jour sur grand écran le premier long métrage de Nanni Moretti, c'est chose faite pour mon plus grand plaisir .Le film a été réalisé en film inversible super8, un format d'amateur. Si la pellicule originale était abimée ou détruite il n'existait aucune copie de secours. Les premières projections ont lieu dans une salle d'art et d'essai en décembre 1975 et devant le succès public, la programmation est suspendue le temps de "gonfler" le film en 16mmm et d'en sauvegarder un négatif, base de toute copie ultérieure. En 1976, Je suis un autarcique est présenté à la quinzaine de la critique de Cannes, puis l'année suivante au festival de la Rochelle.
Dès son premier long métrage, Moretti affirme des choix cinématographiques qu'il ne trahira jamais . Il refuse la construction narrative scénarique classique, sortie du théâtre traditionnel. Après une phase d'exposition, deux ou trois actes de confrontation avec des moments de paroxysme font place au(x) dénouement(s) de l'intrigue. Au contraire Moretti suit une ligne directrice, un fil conducteur et l'histoire s'installe, comme une chronique, un "Journal intime" fait de séquences qui se suivent sans cause à effet. Dans je suis un autarcique, un acteur en instance de divorce accepte de jouer dans la pièce d'un metteur en scène de théâtre d'avant garde. Cette trame permet à Moretti d'exprimer haut et fort, avec humour, ses idées. Il se moque des recherches du théâtre d'avant garde coupé du public. Cependant il a une réelle sympathie pour le metteur en scène totalement sincère dans son entreprise, dans sa démarche. Il fustige par contre la critique vide des brillants intellectuels qui se gargarisent de leur verbiage, s'écoutent parler dans un média puis dans un autre. Moretti affiche ses orientations cinématographiques, il refuse d'adapter des oeuvres qui ne mettrait pas en scène ses idées, des films de commandes, de sacrifier à la mode du moment. Il dénonce un cinéma italien qu'il juge moribond incapable de se renouveller, et pour lui il est préférable de voir des films pornographiques!. Moretti s'affirme dès ce film comme un témoin de la vie politique italienne et il n'est guère tendre avec la gauche en décomposition . Quelques années après Mai 68, que reste-t-il en effet des utopies ? La révolution culturelle chinoise est tombée dans les oubliettes et qu'est devenu Liu SHaoqui, l'ancien bras droit de Mao ? s'interroge Moretti. En 1975 le parti communiste italien sans véritable programme compte ses adhérents comme les dirigeants de clubs de foot comptent leurs tifosi , le metteur en scène prévoit une sortie sous les tomates de Berlinguer secrétaire du Parti communiste. Triste présage! pour Moretti la gauche va laisser la place à des "Caiman(s)" . Il y a chez Moretti dès ce premier long métrage un refus du réalisme , un pape qui s'échapperait du Vatican n'est guère crédible, comme il le met en scène dans son dernier film Habemus Papam. Et dans Je suis un autarcique, les chercheurs de réalisme en sont déjà pour leurs frais, il n'y pas de journal qui sort de la poche d'un acteur pour traduire son origine sociale ou ses idées, et si vous vous demandez comment le personnage central arrive à vivre sans travailler, un hallucinant coup de téléphone règle le problème, Papa allonge 200 000 lires mensuellement et basta. Le cinéma de Moretti est un cinéma de la marge, le réalisateur seul , autarcique nous livre sa vision de l'Italie et du monde. Moretti est un" bouffon", un "fou du roi" qui arrive à nous faire sourire, rire pour mieux nous faire réfléchir. Un véritable auteur dès son premier film. Chapeau l'artiste.
Wens. Galéjade. La porte
Texte réalisé dans le cadre l'atelier du Skriban. Il fait partie du recueil, à paraître peut-être ou jamais, intitulé : "Mémoires d'un tueur à gages".
La porte! oui mais laquelle ?
J'aime pas le boulot à l'exportation surtout chez les British…c'est pas que j'cause mal la langue de Shakespeare, mais c'est une affaire d'accent. Paraît que je prononce comme les finistériens du sud, va savoir? Quand j'ai reçu mes consignes, ma cible, j'en revenais pas : l'Ecosse, Edimbourg, la planète du chardon et du mohair… J'ai senti le coup tordu, faux passeports, voyage aller en passant par Bale, Londres retour via Dublin et Francfort, un cocktail d'avion et de train. Faut pas être sorti de la cuisse de Jupiter pour piger que nos services secrets étaient dans le coup…quand ils coulent un navire, ils sont sur la quai, quand ils ne restent pas sur le navire. Pour du travail propre ils font affaire à des spécialistes dans mon genre. Impossible de refuser, les espions c'est plutôt du genre susceptible. L'avantage c'est qu'on est bien payé, nettement au-dessus du tarif syndical, ils ont les moyens, c'est sûr. Pour ce coup là c'était le Jackpot, la cagnotte de l'euromillion. Mais j'avais pas grand chose, un nom A. G….(je vous donne pas les vraies initiales par respect pour les morts, sauf que A c'est un prénom de fille), une adresse, des clefs et l'heure du trépas. Comment les OSS 117 pouvaient-ils savoir que la victime serait chez elle à cette heure là comme si elle allait me filer un rencard? ils font appel régulièrement à des voyantes extra-lucides quand ils sont dans la panade mais tout de même.
A huit heures, je me pointe dans la ruelle, j'entre dans le hall de l'immeuble et je jette un oeil sur les boîtes aux lettres. Oh surprise, deux A.G….je sors les clefs et ça fait tilt ! bingo! Vous avez suivi, non? vous travaillez pour la DST ou quoi? C'était pas une mais deux gonzesses qu'il fallait refroidir dans la foulée. Logiquement, j'ai décidé de commencer par l'étage supérieur. La musique hurlait du Johnny Halliday, preuve que ma victime c'était du franco-belge parce que c'est pas exportable. Je pénètre dans le studio genre fille de bourge friquée, les meubles venaient pas d'Ikea et l'ordi était encore sous garantie le dernier cri de chez Apple ( j'fais pas de publicité mais j'suis plutôt big pomme.) La chaine Hi-fi, je l'aurais aussi chouravé volontiers, je trouvais que c'était bien du gâchis de se payer du haut de gamme pour entendre les hurlements d'un vendeur de lunettes. Elle était sous la douche, alors là j'ai été envahi d'un flot de pur bonheur, j'allais rejouer la scène de Psychose. En toute modestie j'ai été nettement supérieur à Anthony Perkins, le premier coup avait fait le travail, j'en ai rajouté pour le fun, type sadique. La brunette pissait son sang dans la baignoire.
J'suis passé à l'étage d'en dessous, la clef tourne, j'entre et là le choc : les mêmes tapis, le Mac Book sur un bureau Regency identique, les mêmes cris hystériques sortis de la même chaîne…je rêve?. Et la douche? idem, le cauchemar. Là, je vous l'avoue j'avais plus le même enthousiasme, adieu Hitchcock j'étais tombé dans Scream, je flirtais avec l'horreur. Mais bon, quand on est un véritable pro, on ne recule pas, même quand la fille m'a regardé de son air étonné, le clone de sa voisine du dessus.
Toute la semaine suivante la presse s'est déchaînée. Deux soeurs jumelles A &A assassinées sauvagement au moment où elles devaient témoigner à charge contre leur beau-père conseiller ministériel et porteur de valise. Non lieu.
Victor Hugo. Le Mendiant.
Un pauvre homme passait dans le givre et le vent.
Je cognai sur ma vitre ; il s'arrêta devant
Ma porte, que j'ouvris d'une façon civile.
Les ânes revenaient du marché de la ville,
Portant les paysans accroupis sur leurs bâts.
C'était le vieux qui vit dans une niche au bas
De la montée, et rêve, attendant, solitaire,
Un rayon du ciel triste, un liard de la terre,
Tendant les mains pour l'homme et les joignant pour Dieu.
Je lui criai : « Venez vous réchauffer un peu.
Comment vous nommez-vous ? » Il me dit : « Je me nomme
Le pauvre. » Je lui pris la main : « Entrez, brave homme. »
Et je lui fis donner une jatte de lait.
Le vieillard grelottait de froid ; il me parlait,
Et je lui répondais, pensif et sans l'entendre.
« Vos habits sont mouillés », dis-je, « il faut les étendre,
Devant la cheminée. » Il s'approcha du feu.
Son manteau, tout mangé des vers, et jadis bleu,
Étalé largement sur la chaude fournaise,
Piqué de mille trous par la lueur de braise,
Couvrait l'âtre, et semblait un ciel noir étoilé.
Et, pendant qu'il séchait ce haillon désolé
D'où ruisselait la pluie et l'eau des fondrières,
Je songeais que cet homme était plein de prières,
Et je regardais, sourd à ce que nous disions,
Sa bure où je voyais des constellations.
Victor Hugo, Les Contemplations (1856)
Steinbeck. Ford. Les raisins de la colère
Réponse à l'énigme n° 3.
D'origine irlandaise, John Martin Feeney est plus connu sous le nom de John Ford, le seul metteur en scène a avoir obtenu à ce jour quatre Oscar de meilleur réalisateur à Hollywood. Pour son interprétation de Ma dans les Raisins de la colère adapté de Steinbeck , Jane Darwell fut très justement récompensée par un Oscar de meilleure actrice de second rôle.
Les vainqueurs du jour: Cagire, Maggie, Dasola, Kathel, avec mention spéciale pour keisha, Gwenaelle et Jeneen qui ont donné le titre du roman et du film, mais aussi le nom du réalisateur et celui de l'actrice.Mais la grande triomphatrice est Aifelle qui la première avant le lever du jour avait répondu à toutes les questions sur ma boite mail que je n'avais pas consulté ! Shame on me.
Le film de John Ford
L'écriture
Lorsque Le producteur Zanuck propose à John Ford de réaliser le film adapté du roman de Steinbeck paru au début de l'année 1939, celui-ci accepte sans hésitation: " Cette histoire me plaisait, une histoire de gens simples, qui me rappelait celle de la famine en Irlande pendant laquelle les gens étaient expulsés et se retrouvaient sur les routes à crever de faim". Pour porter le roman à l'écran, Ford bénéficie de la collaboration d'un des plus grands scénaristes américains, Nunnely Johnson. Les deux hommes avaient d'ailleurs déjà travaillé ensemble sur le film qui connut un grand succès public "Je n'ai pas tué Lincoln".
Tournage et montage.
Le tournage commence au début octobre 1939 sous une énorme pression populaire. Le producteur reçoit dans ses bureaux 15000 lettres pour conseiller les scénaristes. Ford pour éviter que la population intervienne sur les lieux de tournage fait savoir qu'il réalise un film nommé "Highway 66". Le tournage est extrêmement rapide, il s'effectue en 43 jours. Ford ne multiplie pas les prises, 2 ou 3 au maximum, après de courtes séances de répétition. La scène de la séparation entre Ma et Tom est filmée une seule fois, sans autre garantie. Le grand John Ford comprend que la scène se révèle à la première prise parfaite et qu'il ne peut rien espérer obtenir de plus de ses acteurs! Avec son chef-opérateur, Greg Toland, (qui a signé l'image de Citizen Kane de Welles) Ford met au point un plan de travail très rigoureux. Le matin et le soir, pour bénéficier de la lumière rasante, le réalisateur filme les plans larges, les plans d'ensemble. Les plans rapprochés sont mis en boîte dans le reste de la journée. Toland cherche dans ses images à reproduire l'univers des images de la photographe Dorothea Lange qui avait fixé sur la pellicule la misère des Oakies, ces paysans originaires de l'Oklahoma jetés sur les routes par la misère.
Sortie du film
Dès la fin du tournage, Ford commence le montage, la précision de l'écriture et de la mise en scène permet d'aller très vite. Le 20 janvier 1940, le film est projeté pour la première fois à New York. Il est accueilli très favorablement par le public et la critique. John Ford reçoit, pour la seconde fois après Le Mouchard, l'oscar du meilleur réalisateur et Jane Darwell qui interprète le rôle de Man, l'oscar du meilleur rôle secondaire féminin. Steinbeck déclare être entièrement satisfait de l'adaptation de son roman.
La sortie du film se passe dans un contexte préélectoral, c'est l'année de l'élection présidentielle. Ford et les producteurs affichent sans ambiguïté leur soutien à Roosevelt, le candidat démocrate. Dans le film, en Californie, les camps gérés par le gouvernement fédéral, sont entièrement idylliques - un accueil sympathique, de bonnes conditions de vie, une hygiène irréprochable - alors que ceux des grands propriétaires terriens sont absolument inhumains… Notons, cependant, que le nombre des camps du gouvernement n'était que de 2 en 1940! Il est vrai que Roosevelt se heurtait à une position virulente de la part des grands propriétaires qui bénéficiaient de l'appui des républicains.
L'adaptation . Les différences
Dans leur adaptation John Ford et son scénariste Nunnely Johnson ne conservent par rapport au roman que l'histoire des Joad, alors que la moitié du roman Steinbeck évoque la vie d'autres paysans, en particulier les Wilson qui se joignent pendant un temps aux Joad. Casy est le seul étranger à la famille conservé .
Pour Ford, les Joad sont la représentation de toutes les familles qui subissent le même sort : l'errance à la recherche d'une terre promise. Dans cette quête, la misère peut détruire le ciment familial, et par là même le cohésion de la nation. L'amour peut faire place à la violence, à la haine et à la mort. De ce fait, Ford privilégie les relations entre Ma et son fils Tommy. Dans un monde qui se désagrège Ma représente la stabilité familiale et sociale. Ford (comme Steinbeck) rend d'ailleurs un bel hommage aux femmes dans la séquence finale. Elles sont disent-ils le fleuve de la vie. Face aux aléas de la vie les hommes sont plus vulnérables
Ford atténue la violence des propos du livre de Steinbeck. Les raisins de la colère de Steinbeck sont une acerbe critique de la religion, du capitalisme et du système démocratique libéral américain. Le romancier justifie totalement la montée de la colère des exclus des maltraités face à la crise, il prône une réponse par la solidarité des exclus, des maltraités. Ford ne remet pas en cause le système économique et social, il est un fils d'immigré qui doit tout au pays qu'il admire, chaque homme est responsable de la Démocratie.
Dans le livre, Casy, le pasteur, a perdu la foi mais trouve une raison d'exister dans l'amour des autres et le combat social. Il meurt parce qu'il est victime des puissants mais Tom et beaucoup d'autres prendront la relève. Dans le film, Casy, interprété par John Carradine, est un illuminé. Ceux qui doutent ne peuvent résister à l'épreuve, Casy, est condamné à mort parce que sa foi vacille.
Chez Ford, le peuple américain peut dépasser la crise, l'espoir est permis, car, avec l'aide de Dieu, la démocratie est invincible. Le propos de Ford est donc beaucoup moins pessimiste que celui de Steinbeck. Dans le roman, la fin offre peu d'espoirs, elle est tragique : le bébé de Rosasharn meurt à la naissance et la pluie détruit le campement des Joad.
Un film,un livre. Enigme n°3
Claudialucia de Ma Librairie et moi-même nous vous proposons pendant toute l'année le samedi un jeu sous forme d'énigme qui unit nos deux passions : La littérature et le cinéma! Pour accéder au blog de Claudialucia , c'est ICI
Enigme N°3
Le titre du film est identique à celui du livre. Pour ce film devenu un classique, le réalisateur américain d'origine irlandaise a obtenu son deuxième oscar de meilleur réalisateur.
Vous avez reconnu le réalisateur? Mais connaissez-vous son véritable nom?
Un actrice a obtenu l'oscar du meilleur second rôle. Quel est son nom?
Consignes : Vous pouvez donner vos réponses par mail (que vous trouverez dans mon profil) et me laisser des indices dans les commentaires sans révéler la réponse, indices qui me permettront de savoir si vous avez vu juste et mettre sur la voie ceux qui ne savent pas. Le résultat de l'énigme et la proclamation des vainqueurs qui n'auront gagné que la gloire de participer (avouez que c'est beaucoup!) sera donnée le Dimanche.








