031218-visuel3_269_2130La Compagnie Subito présente son spectacle comme un polar-oratorio. Cette définition a de quoi surprendre, il semble à priori inconciliable de réunir sur scène la littérature noire et l'oratorio,drame lyrique sur un sujet en général religieux (Le Robert). Pourtant la Cie Subito réussit son pari. 

 L'Oratorio obéit à certaines règles. Ce drame lyrique, sans décor ni costume, repose sur les voix des solistes et des choeurs et la présence d'un orchestre. Parfois un narrateur résume le récit qui peut être religieux mais aussi profane. C'est cette forme que la Cie Subito a choisi pour adopter un roman noir de James Hadley Chase, Pas  d'Orchidée pour  Miss Blandish.  Miss Blandish, jeune héritière fortunée, est enlevée par une bande de malfrats dirigée par Mam, une femme violente et sans scrupule. Slim, le fils de Mam, tueur sadique tombe amoureux de la jeune otage et empêche son exécution. Mais comme dans tous les polars de Chase la fin ne laisse aucun espoir. Sur un plateau vide, trois excellents  comédiens  endossent plusieurs rôles  devant un orchestre de jazz. Une partie de l'histoire se déroule dans un cabaret , cette évocation du lieu permet à l'actrice et chanteuse Doumée de faire admirer son talent. En particulier dans son interprétation du classique  "My Man". Dans l'adaptation présentée, c'est une danseuse qui exprime la peur et la douleur de Miss Blandish qui ne résiste pas à l'épreuve de son enlèvement et choisit de se donner la mort. En ce sens, la pièce est un Requiem, une messe des Morts.

Seul bémol au spectacle, l''histoire complexe oblige à de nombreux raccourcis, à l'intervention trop longue des narrateurs qui font parfois tomber l'émotion. Cependant ce Requiem pour Miss Blandish est un Oratorio-polar à voir si vous en avez la possibilité, C'est un beau spectacle original dans sa forme qui fait appel au théâtre, à la musique, au chant et à la danse.