LamartineAlphonse de Lamartine est né en 1790, dans une famille de petite noblesse qui traversa sans encombre la période révolutionnaire et l'Empire. Les Lamartine s'étaient repliés après la chute de la monarchie dans leur domaine de Milly, en Bourgogne, loin de Paris. C'est là que Lamartine après des études classiques attend la chute de "l'Usurpateur," Napoléon. La restauration de la monarchie lui permet d'entrer dans la vie publique, il obtient en 1820 un poste d'attaché d'Ambassade à Naples, l'année de la publication de ses Méditations poétiques. Il soutient la monarchie et prône la réconciliation nationale. Pour lui la monarchie doit assurer les libertés fondamentales : de pensée, de religion, de propriété. En 1830, poète reconnu, il entre à L'Académie Française. Il se rallie à la monarchie de Juillet après la révolution des Trois Glorieuses (Juillet 1830) qui renverse Charles X et porte sur le trône Louis Philippe.

Il se lance alors résolument dans la vie politique. Après plusieurs tentatives infructueuses, il est élu député de Bergues, puis de Macon, (il restera député de 1833 à 1851). Le monarchiste libéral convaincu se rapproche peu à peu des républicains. Il constate que la France est en train de changer socialement. La bourgeoisie aspire à participer aux affaires mais les gouvernements conservateurs de Thiers puis de Guiizot  refusent d'écouter les aspirations libérales qui montent dans le pays. 


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En février 1848, la révolution renverse la monarchie. Il participe à l'instauration de la seconde république. Il est élu membre du gouvernement provisoire, chargé des affaires étrangères, il devient  le porte-parole de la majorité modérée de ce gouvernement et s'oppose aux ouvriers qui veulent que le drapeau rouge soit adopté par la nouvelle république.

 "Je repousserai jusqu'à la mort ce drapeau de sang…Le drapeau rouge  que vous nous rapportez n'a jamais fait que le tour du champ de mars, traîné dans le sang du peuple en 91 et en 93, et le drapeau tricolore a fait le tour du monde  avec le nom, la gloire et la liberté de la patrie". 

 Son triomphe est éphémère parce qu'aux yeux du peuple parisien il incarne rapidement l'aile conservatrice du gouvernement, il apparaît comme le porte parole des possédants. Lamartine est écarté du gouvernement en juin 48. Son heure est passée, son étoile décline. En décembre 1848, il se présente à l'élection présidentielle au suffrage universel. Celui-ci marque le triomphe de Louis Napoléon Bonaparte qui obtient en effet les 3/4 des suffrages. Lamartine ne recueille quant à lui que 0,2 % des voix. Au moment du coup d'état du 2 décembre 1851 qui met fin à la république et installe le second empire, Louis Napoléon Bonaparte néglige de faire arrêter Lamartine. Pour faire face à des problèmes d'argent le poète accepte même de L'Empire une rente viagère en 1857 qu'il percevra jusqu'à sa mort en 1869.