filmRéponse à l'Enigme N° 10 :Rebecca

Il s'agissait du film Rebecca de Alfred Hitchcock adapté du roman éponyme de Daphné du Maurier, produit par David O. Selznick. 

Les vainqueurs du jour: Keisha, Aifelle, Eeguab, Maggie, Sabbio, Miriam,  Nanou, Dominique,Lystig,Kgire, Thérèse.

 

 

Rebecca (1) . Hitchcock. 1940

 

rebeccaProduit par David O. Selznick, Rebecca(1940) est le premier film américain réalisé par Alfred Hitchcock  d'après le roman de Daphné du Maurier. L'adaptation est très fidèle au livre qui  est une sorte de  conte de fée. C'est l'histoire revisitée de Cendrillon qui rencontre son prince charmant. Mais l'ombre maléfique d'une sorcière plane sur le  couple.

 

Lors d'un séjour dans un palace de la Riviera, Maxim de Winter s'éprend d'une jeune demoiselle de compagnie d'une riche américaine et la demande en mariage.  Il ramène sa timide épouse dans son domaine à Manderley, un manoir qui domine l'océan. La demeure est hanté par le souvenir de l'ancienne femme de Max de Winter, Rebecca, morte dans d'étranges circonstances. Cette mémoire est entretenue magnifiée par  la gouvernante, Madame  Danvers qui continue de vouer une passion sans limite à la défunte. Elle méprise ouvertement la nouvelle et gauche  Madame de Winter.

L'intérêt majeur du film provient de  la confrontation entre des personnages féminins entre l'inquiétante Madame Danvers (Judith Anderson remarquable) et la nouvelle Madame de Winter fragile et apeurée (Joan Fontaine au jeu à mes yeux trop caricatural).  La jeune femme est  terrorisée, soumise à la domination de la maléfique Madame Danvers  toujours de noir vêtue qui porte à jamais le deuil de Rebecca sa maîtresse, dont elle était manifestement amoureuse. Parfois la gouvernante apparaît tel un fantôme qui se déplace sans bruit, une créature surgie d'outre tombe. Elle est l'esprit du mal ,une araignée qui tend sa toile et cherche à distiller son venin. Elle hait celle qui a ses yeux n'est qu'une misérable intruse et souhaite la voir disparaître, la voir se jeter dans l'océan.

La nouvelle maîtresse de Manderley n'a pas les armes pour s' imposer face à la gouvernante, véritable sorcière maléfique. Elle n'est de fait qu'une modeste dame de compagnie qui n'a jamais eu  d'autre choix que celui d'obéir, elle appartient de fait au rang des domestiques et quand elle casse un objet elle en cache les morceaux . Elle est écrasée par sa nouvelle vie, elle erre dans sa nouvelle demeure effrayante isolée au milieu de la lande. Elle ne peut se confier à  Maxime ( Laurence Olivier ), son mari  dont elle se sent indigne. Elle pense à tort que son mari  n'arrive pas à oublier sa première épouse 

Le réalisateur anglais n'a jamais totalement apprécié son film, qu'il jugeait pas assez personnel. Il confiait à François Truffaut: "Ce n'est pas un film d'Hitchcock. C'est une sorte de conte et l'histoire appartient  à la fin du XIX° siècle. C'était une histoire assez vieux jeu, assez démodée…Rebecca est une histoire qui manque d'humour". Il ajoute: "il y a une grande influence américaine dans ce film d'abord à travers Selznick puis à travers l'auteur de théâtre Robert Sherwood qui a écrit le  scénario". Et quand Truffaut lui faisait remarquer que le film avait été récompensé par l'Oscar du meilleur film, Hitchcock répondait "je n'ai jamais eu d'Oscar... Cet Oscar est allé à Selznick le producteur…".

Rebecca. (2). D'après le livre de Leonard j. Leff. Hitchcock et Selznick. (Ramsay cinéma).

 

selznick_hitchEn juillet 1938,  Hitchcock avait signé un contrat avec le producteur indépendant David O Selznick alors alors en train de superviser ce qui allait être le plus grand film de l'histoire du cinéma : Autant en emporte le vent.

 

En septembre, Selznick confie  au réalisateur anglais le soin de se charger de l'adaptation du best-seller  de Daphné du Maurier, Rebecca, dont il a acquis les droits. 

 Rapidement les deux hommes vont s'opposer quant aux choix artistiques. Pour Hitchcock le livre est un point de départ pour créer une oeuvre personnelle, pour Selznick au contraire le scénario doit être très proche du livre. Quand Hitchcock rend sa première version de l'adaptation, il déclenche l'indignation du producteur qui se déclare "choqué au delà de toute expression." Il ne retrouve pas dans le traitement du metteur en scène anglais les personnages du roman, ni le souffle de l'auteure. Selznick déclare "Nous avons acheté Rebecca et nous tournerons Rebecca". Hitchcock et son équipe se remettent au travail, puis une équipe de scénaristes de la maison de production prennent le relais. Le dramaturge Robert Sherwood est chargé d'achever la rédaction définitive avec l'accord du réalisateur et du producteur. La censure obligea la production à modifier la fin du film, à l'époque il apparaissait inconcevable que Maxime ait pu tuer son épouse sans être jugé et condamné. Sherwood proposa une solution qui fut acceptée par Selznick et Hitchcock. 

Les deux hommes vont s'opposer aussi sur le casting. Ils s'accordent assez vite sur le choix de Judith Anderson pour madame Danvers, puis de Laurence Olivier pour celui de Maxime. Mais la décision de donner le rôle de la nouvelle Madame de Winter à Joan Fontaine se fait contre l'avis du réalisateur et des ses proches qui au vue des bouts d'essai la trouvait catastrophique, insupportable "une sainte nitouche minaudière"

 Au début du mois de septembre 1939, débute le tournage prévu pour une durée de 36 jours. En fait il va durer presque deux fois plus longtemps, 63 jours. Selznick s'est souvent irrité par le retard pris par Hitchcock "le réalisateur le plus lent que nous ayons eu". Hitchcock devait s'habituer aux méthodes de travail des studios américains et surtout il passa énormément de temps avec Joan Fontaine dont le jeu était particulièrement faible, ce qui irritait son partenaire Laurence Olivier. A cause d'elle, Hitchcock devait multiplier les répétitions, il fallait faire de même pour les prises de vue.

 Le metteur en scène dut accepter de voir son travail en permanence contrôlé par son producteur. Selznick intervenait dans tous les domaines: du décor aux costumes en passant par l'éclairage. Il modifiait parfois le script et intervenait sur les choix de mise en scène.

 Quand le tournage fut terminé, Selznick se chargea du montage et du mixage. Il fit enregistrer par Joan Fontaine le prologue de la séquence d'ouverture, lui fit reprendre de nombreuses répliques qu'il jugeait mauvaises, remplaça de nombreuses scènes où elle apparaissait par des plans larges. Le film rencontra dès sa sortie un succès critique et public. George Barnes reçut pour son éclairage l'Oscar de la meilleure photographie. Rebecca obtint  l'Oscar du meilleur film.


From Hitchcock's Rebecca (1940)