Etienne Davodeau. La gloire d'Albert.
Dans une petite bourgade de la France profonde, Albert Collin est un modeste employé d'une quincaillerie. Il est adhérent à un mouvement de la droite extrême: "Traditions et Convictions". Mais son grand plaisir c'est de figurer dans un spectacle organisé dans la cour du château par le notable local, responsable du parti nationaliste. Lorsqu'il assiste au meurtre du chef du service d'ordre de son parti par deux individus, Albert décide d'agir seul. Il se met en tête d'arrêter les deux tueurs, son heure de gloire semble arrivée.
La gloire d'Albert c'est le portrait d'un militant entré dans un parti nationaliste non pas par idéologie, mais pour défendre son type de vie. Collin n'est pas un mauvais bougre, il vivote entre un pavillon à payer, deux crédits, une femme qui le méprise, et deux gosses à nourrir. S'il lui arrive de participer à des expéditions punitives qui visent des fêtes organisées par des jeunes, c'est par peur, il craint pour ses mômes le développement du trafic de drogue. Pour Collin la police est incapable d'assurer la sécurité des citoyens, il revient donc aux milices le soin d'organiser leur autodéfense. L'employé est un homme soumis à ses supérieurs, comme l'ont été avant lui ses ancêtres: défenseurs des biens seigneuriaux, ou soldats tombés sur le champ d'honneur. Collin appartient à cette catégorie d'hommes simples manipulés par des discours conservateurs de notables ambitieux, se référant aux valeurs de la France éternelle.
Lorsque l'album est paru en 1998, nombre de critiques ont fait la relation entre le chef du parti Traditions et Convictions et Philippe de Villiers à le tête du Mouvement pour la France. Cependant La Bd reste toujours d'actualité. La Droite populaire et l'extrême droite en France surfent toujours sur les mêmes thèmes la peur de la jeunesse décadente et droguée, la crainte de voir disparaître une identité nationale, l'insécurité, le chômage. Comme dans Traditions et Convictions , les responsables des partis d'extrêmes droites cherchent à éliminer les éléments qui peuvent porter atteindre à l'image de respectabilité recherchée.
Et bien sûr en plus du propos il y a la qualité des albums de Davodeau: des textes percutants, un découpage maîtrisé, une finesse de trait dans le dessin. Un excellent album à relire ou à découvrir.
![]()
Commentaires sur Etienne Davodeau. La gloire d'Albert.
Je n'avais pas aimé cet album. Lu au moment de sa sortie mais de l'eau a coulé sous les ponts et mes gouts de lectrice ont changé. A retenter peut-être ^^
pour moi c'est un retour dans le temps, et je trouve que la Bd n'a pas pris de rides.
ok , à lire pour moi, il ne me semble pas l'avoir empruntée ... pas encore !
Je ne sais pas. N'y a-t-il pas là un coté caricatural et un brin donneur de leçons ? ça m'étonnerait venant de Davodeau mais je ne peux m'empêcher de poser la question.
Tiens, un Davodeau que je ne connais pas ! Je tenterais bien à l'occasion, jusqu'à maintenant il ne m'a jamais déçue !
![]()
@Oliv Une lecture agréable
@Jerome Davodeau n'est pas là donneur de leçon, il constate. les deux tueurs sont des "gauchistes" manipulés eux aussi et très intéréssés par l'argent.
@Noukette: davodeau déçoit rarement
Toujours d'actualité, il me semble. C'est Davodeau et la planche que tu montres est belle alors je note cet album.
Malheuresement toujours d'actualité.
Rétroliens
URL pour faire un rétrolien vers ce message :
http://www.canalblog.com/cf/fe/tb/?bid=799134&pid=22847018
Liens vers des weblogs qui référencent ce message :







