Dans le cadre des lectures communes: Le polar scandinave.

9782847201765-gPrésentation de l'éditeur

Les Islandais de Seyðisfjörður redoutent les incendies criminels qui menacent depuis quelque temps leur bourgade. Smári, le brigadier-chef, est doté d’une intime connaissance des protagonistes. Presque trop intime. Appelé en renfort de Reykjavík, l’inspecteur Valdimar Eggertsson apporte un regard d’étranger, d’homme de la capitale...

Mon avis: 

Un incendie d'origine criminelle détruit la maison d'une famille d'habitants de la bourgade de Seyðisfjörður pendant leur absence. Il survient un an après l'incendie de la maison du pasteur. L'inspecteur Vladimar Eggertsson  de la brigade criminelle de Reyjavik est chargé de l'enquête qui s'avère difficile. L'incendiaire est-il un pyromane? un jeune en révolte? s'agit-il d'un règlement de compte? Mais la plus grande difficulté que rencontre l'inspecteur est de se heurter à un mur du silence.  Dans cette petite ville, isolée très souvent par la neige, les gens cachent leurs secrets, leurs haines, leurs rancoeurs et leurs frustrations. Les rumeurs circulent.  L'inspecteur est un intrus, un étranger dérangeant et même si on souhaite que l'incendiaire soit arrêté, personne ne lui vient véritablement en aide. Même le chef de la police locale, Smari, lui cache des éléments de sa connaissance. Il se trouve impliqué  dans l'affaire par ses liens familiaux.

Dans son roman parfaitement construit, Jon Hallur Stefànsson dresse dans une série de chapitres très courts  de beaux portraits de personnages. Tous souffrent de leurs échecs, de la médiocrité de leur vie. Ils sont prisonniers de la toile d'araignée que constitue la ville repliée au fond du fjord. La bourgade a étouffé à jamais  leurs espérances. Une triste vision servie par  la belle écriture limpide de l'auteur. Un grand roman.

Seyðisfjörður_

Seyðisfjörður

Extrait. Début du roman.

Cela commence par une petite étincelle qui chatoie dans l'ombre d'une pièce. Puis c'est un brandon qui vacille, une flamme qui enfle jusqu' à ce que les murs s'embrasent, jusqu'à ce que le plancher, le plafond et toutes les pièces du bâtiment s'enflamment les unes après les autres. Ensuite, je me retrouve à l'extérieur et c'est la conserverie de poisson qui brûle, la fumée est noire et épaisse comme celle que dégagerait un tas de pneus. Je comprends brusquement que cet état de chose relève de la normale, que le feu est en train de prendre le pouvoir.

(…) Un peu plus haut, la porte de la piscine est grande ouverte et on y aperçoit des nageurs en flammes qui barbotent, s'amusent et s'éclaboussent, plongés dans le bassin rempli d'essence chlorée. Sur le terrain de foot à côté de l'école, des gamins en flammes jouent sur le gazon qui brasille avec un ballon en feu.  

Lecture commune avec Lire au jardin,  Prune , Eeguab, Claudialucia