Betty ou Le facteur au pays des geysers.


9782864248453_1_75Présentation de l'éditeur:

"Dans ma cellule je pense à elle, Betty, si belle, si libre, qui s'avançait vers moi à ce colloque pour me dire son admiration pour ma conférence. Qui aurait pu lui résister. Ensuite, que s'est-il passé ? Je n'avais pas envie de ce travail, de cette relation.J'aurais dû voir les signaux de danger.J'aurais dû comprendre bien plus tôt ce qui se passait.J'aurais dû ...J'aurais dû ...J'aurais dû…Maintenant son mari a été assassiné et c'est moi qu'on accuse. La police ne cherche pas d'autre coupable. Je me remémore toute notre histoire depuis le premier regard et lentement je découvre comment ma culpabilité est indiscutable, mais je sais que je ne suis pas coupable." (extrait du roman)

Mon avis:

Si Betty est dernier livre de Indridason  publié en France, sa parution en Islande est beaucoup plus ancienne et date de 2003. Il n'appartient pas à la série des enquêtes du commissaire Erlendur qui ont rendu  célébre  l'auteur. Betty est un coup de chapeau au roman noir américain en général  et à James Cain en particulier. D'ailleurs Indridason choisit de placer un extrait de Le Facteur sonne toujours deux fois, en guise de préambule à son livre:

« Ceci devrait être un meurtre tellement désolant que ça n’en serait même pas un, mais seulement un banal accident de voiture qui arrive quand des hommes sont soûls et qu’il y a de l’eau-de-vie dans la voiture et tout ce qui va avec . »

Indridason réalise une transposition de l'intrigue du Facteur ou d''Assurance sur la mort en Islande. Un narrateur en prison  nous raconte à la première personne comment par amour fou  pour une femme, Betty, littéralement ensorcelé il a participé  au meurtre du mari de celle ci, un riche armateur.  Betty est le type de la femme fatale au passé misérable, diabolique, avide de richesse qui n'aime pas son époux et veut simplement faire main sur sa fortune.  Méticuleusement elle prépare le meurtre de son mari qu'elle maquille en accident, elle veut réaliser le crime parfait . 

A la suite de James Cain, on ne compte plus le nombre de romanciers et de cinéastes qui ont repris cette trame, et le déroulement de l'histoire d' Indridason semble d'ailleurs bien conventionnel jusqu'au milieu du roman. Mais lorsque le lecteur  découvre un pan insoupçonné de la personnalité du narrateur il se rend compte  que l'écrivain l'a subtilement manipulé.  Betty nous apparaît encore plus machiavélique et plus perverse  que nous le pensions, et  le narrateur une marionnette bien naïve. Autre surprise, Indridason se démarque du dénouement traditionnel  propre à ce type d'histoire.

Un livre très agréable qui se lit d'une traite.