Yann Le Masson.
Adieu Yann.
Tu viens de rejoindre le paradis des cinéastes où tu figures, je le sais, en bonne place.
Yann Le Masson est un des plus grands chefs- opérateurs français, un des plus grands documentaristes de tous les temps. La caméra n'est pour lui que le prolongement du bras, de la main , elle fait partie de son corps elle est la transmission de sa pensée. Yann écrit avec ses objectifs comme l'écrivain avec sa plume. Yann a exploré , analysé le monde, d'une manière engagée. Il faut voir et revoir "J'ai huit ans" (1962) devenu un classique de la diffusion parallèle pendant la guerre d'Algérie, "Sucre amer" su la campagne de Michel Debré à la Réunion de 1964. Yann a magnifiquement filmé les visages et les corps des femmes en lutte pour le droit l'avortement, "Regarde, elle a les yeux grands ouverts" (1979). "Héligonka" (1984) est un film plus intimiste sur son frère atteint de cécité. Car derrière le militant, volontiers provocateur, se cache sous des aspects bourrus un être sensible.
"Kashima Paradise" (1973), co-réalisé avec Benie Deswarte, est sans aucun doute son chef d'oeuvre, un film majeur de toute l'histoire du documentaire. La caméra toujours à la bonne distance nous plonge au coeur de la société japonaise, de ses contradictions, de ses tensions. Merci Yann Le Masson.
Le coffret de 2 DVD est accompagné d'un excellent livret rédigé par Patrick Leboutte.
Editions Montparnasse.
Commentaires sur Yann Le Masson.
- @Jeneen: j'ai eu l'occasion de croiser son chemin. Pendant deux ans il est intervenu dans mes classes de ciné pour encadrer les productions vidéo de mes élèves, avant son départ pour Cuba où il a enseigné le cinéma dans l'école supérieure, et j'espère que ses élèves sauront être à la hauteur de leur maître.



















