31 janvier 2012

Stephen Humphrey Bogart. Le remake. As time goes by.

9782070408443FS Présentation de l'éditeur:

R.J. Brooks, détective privé, est le fils de deux monstres sacrés. Et comme si gérer cette légende dorée n'était pas assez difficile, voilà qu'une productrice de Hollywood prépare le remake de leur film culte. Il ne peut s'empêcher de couvrir d'invectives cette ogresse, de menacer de mort tous ceux qui travaillent avec elle... Lorsque, de surcroît, sa petite amie Casey annonce qu'elle part pour Los Angeles travailler sur le film, la trahison est totale. Mais si sombre que lui paraisse le tableau, il va encore se noircir. Les membres de l'équipe du tournage deviennent la proie d'un serial Killer. Et R.J. se retrouve lui-même au premier rang des suspects...

Mon avis:

Le remake est un bon polar dont une partie de l'intrigue se situe dans le monde du cinéma, dans des studios hollywoodiens. Mais l'intérêt du roman réside dans la personnalité de son auteur Stephen Humphrey Bogart, le fils de Lauren Bacall et de l'immense  Bogey.  Le titre original du livre  "As time goes by" fait  référence à la chanson de Casablanca interprétée par Doodley Wilson dans  film mythique de Michael Curtiz,  avec Ingrid Bergman et Humphrey Bogart:

You must remember this

A kiss is just a kiss, a sigh is just a sigh.

The fundamental things apply

As time goes by.

0,1020,122127,00Le héros  du roman est un peu le double de l'auteur. R.J Brooks est une copie de Marlowe le héros de Chandler interprété par Bogart, Brooke est le portrait craché son père, comme Stephen est la copie conforme de Humphrey. Etre le fils d'une star idolâtrée et lui ressembler est difficile à supporter:

Toute sa vie, il avait été harcelé par les fans de son père, et il en était arrivé,à un point où ils ne le dérangeaient plus. Il avait  traversé une période où le fait d'entendre le nom de son père éveillait chez lui de la colère, puis de violents élans protecteurs, de la paranoïa, de l' amertume, de l'amusement, et enfin de l'indifférence. Il savait maintenant qui il était; il ne marchait plus sur les brisées de son père, et tout ce qui l'intéressait encore dans ces manifestations d'admiration, c'était de qui elles venaient. 

Avant de trouver cet équilibre, cette sérénité et de se faire un prénom, Stephen Bogart a connu des périodes difficiles plongeant dans l'alcool et la drogue. Il a pu sortir de cet enfer grâce à l'aide de sa compagne devenue son épouse Barbara, dont il a trois enfants Richard, Jamie , Brooke (d'où le nom de son héros) et en suivant une thérapie. Il a fui la Californie qu'il n'aime pas:

...ça manque d'air et ceux qui y vivent me donnent des boutons  

Il a choisi de vivre dans le New Jersey et adore New York:

il y avait une énergie incroyable à New York…une véritable énergie concrète, qui faisait qu'on se sentait lucide et infatigable. Rien que d'être là, RJ marchait plus vite, réfléchissait mieux, travaillait un peu plus efficacement.

5_b88l8Dans le roman , Stephen Bogart fait allusion à la rencontre de ses parents sur le tournage du Port de l'Angoisse en 1945 de Howard Hawks:

"A vos beaux yeux" était le film sur lequel travaillaient ses parents lorsqu'ils s'étaient connus. Le scénario était formidable, et l'alchimie entre les acteurs- en particulier entre ses parents- avaient été d'une qualité dont rêvent tous les professionnels du cinéma.

Le titre fictif du film, A vos beaux yeux, fait référence au surnom que l'on a donné à Lauren Bacall au moment du tournage: "The look", car elle joue  souvent la tête baissée et ne lève le regard que pour fixer Humphrey Bogart.

 Les relations difficiles entre Stephen et sa mère sont évoquées à quelques reprises dans le roman . A la mort de son mari Lauren Bacall a repris son métier d'actrice ne consacrant qu' un temps limité à l'éducation de ses deux enfants:

Voilà qui l'avait bien fait rire bien des fois au fil des années, l'idée qu'un flic de Los Angeles eût plus de temps à lui consacrer que sa propre mère. Enfin c'était du passé tout ça. Il en avait pris son parti et n'y pensait plus depuis belle lurette. 

Stephen s'est  fait un prénom. C'est un producteur de télévision, auteur de plusieurs romans noirs et d'une biographie de son père.


As time goes by

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29 janvier 2012

Germinal de Claude Berri. Un livre un film .Enigme N°19

affiche_germinalLa réponse à l'énigme n° 19 : Germinal de Claude Berri avec Renaud dans le rôle de Etienne  Lantier. Le prix Anthracite est accordé à: Aifelle, Maggie, Eeguab,Miriam, Keisha, Somaja, Dominique, Dasola, Gwenaelle, Lireaujardin, Nanou, Asphodèle.

Par tirage au sort Gwenaelle est l'heureuse gagnante d'un séjour d'un mois au fond d'une mine de Sibérie. Le voyage est à la charge de l'heureuse triomphatrice.

Synopsis  :Sous le Second Empire, Etienne Lantier, un jeune chômeur devenu mineur, découvre dans le Nord la misère des travailleurs exploités par le capitalisme. Il s'engage dans un combat socialiste. La direction des mines réagit, les salaires baissent. Une grève immense survient, affameuse et meurtrière, mais aussi porteuse d'espoir.

 En 1992, Claude Berri entreprend dans le Nord de la France le tournage de Germinal d'après le roman de Emile Zola paru en 1885. L'adaptation est très fidèle, elle garde la structure , la chronologie  des  événements majeurs du roman, laissant seulement de côté quelques éléments  secondaires.  Pour le réalisateur l'objectif était de montrer que  le propos de Zola restaient toujours d'actualité à l'époque  du tournage :

" Le problème du chômage, c'est celui de l'exclusion….Le chômage, c'est la conséquence de la cupidité du capitalisme qui trouve de la main d'oeuvre pour pas cher dans le Tiers monde. C'est pour le profit. "  

"J'espère toucher le grand public sans démagogie et le faire réfléchir. De grands progrès ont été faits depuis le XIXe siècle. Mais au XXe siècle il reste toujours beaucoup d'injustices et beaucoup de progrès sociaux à réaliser."

 Pour réaliser de telles ambitions et rendre le souffle du roman  il aurait fallu une toute autre mise en scène, mais Claude Berri n'a rien d'un Eisenstein.  Son  film est académique, il est une adaptation à la lettre  du texte de Zola  mais pas conforme à l'esprit qui imprègne chaque page, chaque phrase. Le film manque cruellement de style. L'image de Yves Angelo est superbe, bien (trop ?) léchée ,  les décors et les costumes soigneusement reconstitués. Mais on n'étouffe jamais sur le carreau de la mine ou dans les galeries magnifiquement éclairées, la lampe des mineurs ne semble faite que pour la décoration ou repérer le coup de grisou. Les scènes des débats idéologiques  entre Lantier et Souvarine le nihiliste sont  filmées platement en champ contre champ . La discussion semble se passer dans un salon de thé, chaque protagoniste bien élevé récitant sagement sa leçon. Où est passé l'anarchiste de Zola:

"En parlant , Souvarine devenait terrible. Une extase le soulevait de sa chaise, une flamme mystique sortait de ses yeux pâles, et ses mains délicates étreignaient le bord de la table à la briser."

Les acteurs sont bien décevants à commencer par Renaud (que j'aime particulièrement comme auteur-interpréte) qui n'a pas les épaules pour endosser le rôle d' Etienne Lantier . On a du mal à voir dans le chanteur, l'ouvrier rebelle autodidacte, converti au socialisme, capable d'user de ses poings et de basculer dans la folie  meurtrière:

"ses poings se fermaient, ses yeux s'allumaient d'un fureur homicide, l'ivresse se tournait chez lui en un besoin de tuer" Et quand le fluet Renaud-Lantier rosse la brute Chaval, le sourire vous vient aux lèvres. 

Zola fait d' Etienne, l'ouvrier,  un meneur qui sait haranguer et galvaniser les foules: 

"Il n'avait pas l'abondance facile et  coulante…Les mots lui manquaient souvent, il  devait torturer sa phrase, et en sortait par un effort qu'il appuyait d'un coup d'épaule. Seulement à ces heurts continuels, il rencontrait des images d'un énergie familière qui empoignaient son auditoire…Tous le disaient , il n'était pas grand, mais il se faisait écouter".   

Renaud n'a malheureusement rien d'un orateur pouvant captiver les foules, et la scène du vote de la grève n'a rien à voir avec le lyrisme du roman. Les autres acteurs sont au diapason, Miou Miou (la Maheude) montre toutes ses limites dans le domaine tragique, Jean Carmet est déguisé en Bonnemort et récite paresseusement son texte, Milo ( Chaval) grogne, menace et  vocifère. Gérad Depardieu (Maheu)  et  Judith Henry (Catherine) arrivent à tirer leur épingle du jeu.

Allez…je reprends le livre de Zola  en écoutant un CD de Renaud.

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 Renaud parle de son expérience. (Propos recueillis à la sortie du film.)

"Pendant des années, on m'a proposé des rôles, mais rien qui m'ait donné envie de lâcher la proie pour l'ombre et de renoncer à la chanson (…) Et un jour, Germinal. Alors là, Germinal, tu peux pas refuser. Parce que c'était Berri, c’était Zola, la mine et parce que c'était Lantier....Mais c'est aussi et surtout une manière de rendre hommage à mon grand-père mineur."

J'ai dit «oui» mais j'ai eu peur sans cesse. Je m'identifiais entièrement à cet Etienne Lantier mais je ne me sentais pas les qualités nécessaires pour exprimer ses sentiments devant une caméra. Sur le tournage, j'étais terrorisé. Berri était très autoritaire, et je le comprends, vu l'ampleur de son projet. L'ambiance était parfois tendue et moi, pas très à l'aise pour jouer sereinement la comédie. 

Renaud a même ajouté que le tournage: "avait été abominable, que j'avais beaucoup souffert d'avoir été surdirigé, que j'avais eu l'impression de n'être qu'un pantin. J'ai été un peu excessif".


Extrait Germinal

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28 janvier 2012

un livre, un film. Enigme N°19.

69968339_pClaudialucia de Ma Librairie et moi-même nous vous proposons pendant toute l'année le samedi un jeu sous forme d'énigme qui unit nos deux passions : La littérature et le cinéma! Pour accéder au blog de Claudialucia , c'est ICI 

Enigme n° 19: Le film porte le même titre que le roman.  Sa sortie sur les écrans français au début des années 90 fut un grand événement. Le réalisateur eut  aussi une carrière d'acteur et de  producteur. Un des rôles principaux est tenu par un chanteur de renom, dont la carrière se limite à deux longs métrages .

Quel est le titre du film? quel est le nom du réalisateur? Qui est le chanteur qui joue dans  le film?  

Consignes : Vous pouvez donner vos réponses par mail (que vous trouverez dans mon profil. en cliquant sur le chapeau ) et me laisser des indices dans les commentaires sans révéler la réponse, indices qui me permettront de savoir si vous avez vu juste et mettre sur la voie ceux qui ne savent pas. Le résultat de l'énigme et la proclamation des vainqueurs qui n'auront gagné que la gloire de participer sera donnée  Dimanche.



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26 janvier 2012

Lulu, Gino, le marin et moi.

reverbere" La vamp m'avait filé rendez vous dans l'abside derrière le choeur, je la troussais sans douceur   dans le confessionnal ce fut un véritable feu d'artifice, un souvenir irremplaçable en trois dimensions. Sous le tourbillon de mes assauts, ses pamplemousses dans mes paluches, elle hurlait de désir et de  bonheur, je la laissais le corps en marmelade…"

Le marin, aux oreilles de choux-fleur, arrêta son discours et lentement souffla la mousse de sa bière, un bouquet de niais apprentis matelots écoutaient bouche bée ses mensonges. A voir leur tête ils étaient partis pour une nuit d'insomnie. Dans sa cage, le perroquet rigolait à se rompre l'astragale, comme moi il connaissait la réalité. La vamp c'était la grosse Lulu, péripatéticienne sur le déclin, payée au bas de l'échelle syndicale. Une rencontre à la hussarde, un coït de désespoir, sur un banc de pierre  près du carrefour sous la lumière d'un reverbère, pas de quoi tirer un hologramme. Dans l'ombre, J'ai assisté au triste et expéditif spectacle,  je venais  de rectifier Gino le mec de Lulu, un  souteneur qui ne fixera plus jamais les tarifications. Il git sur la pelouse derrière le presbytère. Que Dieu ait son âme et moi mes 20 000 euros.

70433241_pListe des mots imposés de l'édition 52:pamplemousse bonheurinsomnie feu – artifice mensonge – niaispelousetarificationirremplaçable vamp tourbillonpierre – chouxabside mousse –choeur douceur désirmarmeladetrousser perroquet carrefourbouquetbaslumièredésespoir astragale hologramme

 

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Kant. Le pouvoir. Citation.

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La possession du pouvoir corrompt inévitablement la raison.

Emmanuel Kant.

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25 janvier 2012

Hub. Okko. Le cycle de l'air.

9782756015859vLe Cycle de l' Air est le troisième diptyque des aventures de Okko, le ronin sans maître après les les cycles de l'eau et de la terre. Dans un japon médiéval et fantastique, l'empire de Pajan,  Okko est un chasseur de démons . Il est accompagné dans sa quête par Noshin un moine porté vers le saké, Tikku l'apprenti shaolin  et le géant Naburo  fils d'une mortelle et d'un démon: un hanyô. 

Dans ce cycle, Okko et ses compagnons sont appelés par la veuve d'un puissant seigneur pour exorciser sa fille, en proie aux démons, plongée dans un profond mutisme qui se laisse mourir de faim.  Mais d'autre rendez-vous attendent Okko. Le ronin  doit affronter le fils d'un homme qu'il a autrefois tué en combat singulier et surtout un redoutable et légendaire chasseur de démons qui veut tuer Naburo pour s'emparer de son  masque de hanyô. 

9782756019864vJe découvre cette série ambitieuse, puisque cinq cycles sont prévus soit au total 10 albums. Chaque cycle peut se lire indépendamment les uns des autres, même si je l'imagine il est préférable de les lire dans la continuité de la parution. Le scénario du Cycle de l'Air est habilement écrit, Hub sait habilement construire et imbriquer plusieurs trames dramatiques, jouer sur les variations de rythme et créer des personnages attachants.

Les dessins élégants , les cadrages , le découpage sont soignés. Les scènes de combats et de duels sont particulièrement réussies. Hub arrive à rendre dans ses dessins le dynamisme, le mouvement, la durée et par là même la violence titanesque des affrontements. Le charme des albums vient aussi de la colorisation des personnages et des splendides décors. 

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Une excellente découverte.








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23 janvier 2012

Yann Le Masson.

 Adieu Yann.

Tu viens de rejoindre le paradis des cinéastes où tu figures, je le sais,  en bonne place.

 

Kashima-ParadiseYann Le Masson est un des plus grands chefs- opérateurs français, un des plus grands documentaristes de tous les temps. La caméra  n'est pour lui  que le prolongement du bras, de la main , elle fait partie de son corps elle est la transmission de sa pensée. Yann écrit avec ses objectifs comme l'écrivain avec sa plume. Yann a exploré , analysé le monde, d'une manière engagée. Il faut voir et revoir "J'ai huit ans" (1962) devenu un classique de la diffusion parallèle pendant la guerre d'Algérie, "Sucre amer" su la campagne de Michel Debré à la Réunion  de 1964. Yann a magnifiquement  filmé les visages et les corps des femmes en lutte pour le droit l'avortement,  "Regarde, elle a les yeux grands ouverts" (1979). "Héligonka" (1984) est un film plus intimiste sur son frère atteint de cécité. Car derrière le militant, volontiers provocateur, se cache sous des aspects bourrus un être sensible.

"Kashima Paradise" (1973), co-réalisé avec Benie Deswarte,  est sans aucun doute son chef d'oeuvre, un film majeur de toute l'histoire du documentaire. La caméra toujours à la bonne distance nous plonge au coeur de la société japonaise, de ses contradictions, de ses tensions. Merci Yann Le Masson.

 

Le coffret de 2 DVD est accompagné d'un excellent livret rédigé par Patrick Leboutte.

Editions Montparnasse.

 


Débat avec Yann Le Masson

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Cyril Mennegun .Louise Wimmer. 2011

imagesCyril Mennegun, à la fois réalisateur et scénariste, signe avec Louise Wimmer son premier long métrage de fiction et s'affirme déjà comme un cinéaste de talent. Il réalise un  inoubliable portrait  de femme. 

Louise a une  cinquantaine d'années qui  survit grâce à quelques heures de ménage  effectuées dans un hôtel ou chez des particuliers. Endettée, sans appartement elle dort dans sa voiture, se lave dans les toilettes des stations services ou des cafés. Mais Louise n'est pas une femme a se laisser abattre, même si le découragement parfois la gagne, elle cherche toujours à rester digne et trouver sa place dans la société. 

Dès le début du film le spectateur est amené à se poser la question: comment Louise en est-elle arriver à cette situation de précarité ? Cyril Mennegun nous donne progressivement la réponse en construisant son récit  à la manière d'un puzzle. Chaque pièce s'emboite dans la précédente sans cause à effet, chaque séquence nous livre des éléments d'explication. Et le réalisateur laisse parler l'image, il  suit le comportement de Louise au plus près,  évite les longs discours ou d'abondants dialogues. Comme son personnage refuse de s'abandonner à son triste sort, le réalisateur refuse de glisser dans le mélo. Ce parti-pris  se retrouve dans les choix musicaux,  la musique n'est pas là rajoutée pour souligner le côté dramatique de l'existence de Louise. Elle surgit parfois violemment de l'autoradio, elle participe, accompagne le combat de Louise.

Le film est une magnifique rencontre entre un réalisateur et une actrice cantonnée souvent dans les seconds rôles: Corinne Maserio qui trouve là un rôle à la mesure de son talent. Le spectateur l'admire, la soutient dans ses combats quotidiens, il est en empathie totale; il partage ses angoisses, ses colères, ses rares moments de bonheur. Autour d'elle tous les acteurs sont aussi remarquables. 

Un film à voir. Un vrai regard de cinéaste.


LOUISE WIMMER : BANDE-ANNONCE VF Full HD

 

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22 janvier 2012

Visconti. Mort à Venise

La réponse était Mort à Venise de Luchino Visconti ,une adaptation du roman de Thomas Mann.Le réalisateur italien  a obtenu en 1971 à Cannes une Palme exceptionnelle pour ce film et l'ensemble de son oeuvre. Lors de la remise du prix il s'est exclamé: "Au moins celle-là personne ne l'aura!"

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Le prix Venezia est accordé à: Aifelle, Eeguab,Dasola, Somaja,Pierrot Baton, Keisha, Miriam, Jeneen, Dominique, Lystig, Nanou, Sabbio.

Visconti. Mort à Venise.

wwwA la veille de la première guerre mondiale, un musicien allemand malade et âgé, Gustav von Aschenbach  se rend en villégiature à Venise. Dans son hôtel, il est troublé et fasciné par la beauté d'un adolescent polonais, Tadzio. Cette rencontre, cette attirance bouleversent les certitudes morales et intellectuelles du musicien, toutes ses conceptions de la vie. Il s'abandonne au plaisir de la contemplation du jeune homme, retrouve une certaine énergie et cherche même à oublier par instants sa fatigue et sa vieillesse. Mais la mort le surprend sur une plage déserte en train d'admirer une dernière fois Tadzio. 

Mort à Venise est un projet longtemps muri, pendant près de vingt ans, par le réalisateur italien. Luchino Visconti a écrit le scénario en collaboration  avec Nicola Baldalucco avec l'assentiment de la famille de Thomas Mann que Visconti avait rencontré en 1951. L'écrivain allemand avait affirmé que dans son roman construit autour de souvenirs personnels "Rien n'était inventé…que tout était vrai"  que son "histoire est essentiellement une histoire de mort, mort considérée comme une force de séduction et d'immortalité, une histoire sur le désir de mort."

Visconti s'empare du roman non pour l'illustrer mais pour en faire une oeuvre personnelle : " La page écrite n'est qu'un point de départ. C'est un non sens que de demander à un réalisateur une fidélité absolue au texte littéraire." Visconti ne conserve pas du roman les premiers chapitres antérieurs à l'arrivée à Venise de Gustav Von Aschenbach, dont il fait un musicien au lieu d'un écrivain. Thomas Mann s'était d'ailleurs inspiré de Gustav Mahler décédé lors du séjour de l'écrivain à Venise. C'est la musique de Mahler, celle de la Cinquième symphonie que Visconti  choisit pour accompagner ses images et donner le rythme lent du film.  Le réalisateur s'inspire d'un autre texte de Mann, le Docteur Faustus. Il introduit  deux séquences en flash-back tirés de cet ouvrage  ( une sur la conversation sur la beauté , l'autre qui se situe dans un bordel).

Le film fait référence en permanence à la mort. Déjà victime d'un crise cardiaque Von Aschenbach sait que ses jours sont comptés, il est condamné et le spectateur ne l'ignore pas dès la première séquence quand le bateau  s'avance  lentement sur la lagune. Son attirance pour la beauté de Tadzio, au visage féminin encadré par de longs cheveux , lui permet de jeter ses dernières forces pour survivre. La mort du musicien est aussi la mort d'une époque, des nobles, des riches bourgeois oisifs qui se déplaçaient de palace en palace à travers l'Europe sans jamais se soucier du sort des plus modestes. Cette société va disparaître emportée dans le chaos de la première guerre mondiale. Et  le choléra qui sévit à Venise peut être considéré comme annonciateur du conflit qui va embraser l'Europe.

Toutes les certitudes construites peu à peu par Gustav Von Aschenbach s'effondrent devant la beauté de Tadzio. Pour lui jusqu'alors le Beau était une pure création de l'esprit, le produit de l'intelligence et de rigoureuses approches techniques . Et devant cet androgyne envoyé des dieux,  Il découvre fasciné que la beauté peut surgir du hasard, qu'elle existe indépendamment de toute volonté. Comme l'affirme Alfried l'ami du musicien : "…la beauté  jaillit d'un éclair et ne doit rien aux cogitations de l'artiste ni à sa présomption!"

Cette découverte s'accompagne d'un sentiment de culpabilité chez le musicien car Tadzio éveille  une attirance et un  désir  sexuel, ce qui est  contraire à  l'éducation, aux  principes bourgeois de Von Aschenbach qui réfrène, contrôle  ses pulsions. Il se satisfait de la contemplation de l'adolescent et de quelques d'échanges de regard car Tadzio a compris et joue sur le trouble qu'il suscite chez l'artiste. Pour rendre le jeu entre l'adolescent et le musicien ,Visconti a volontairement choisi d'utiliser le zoom, (objectif à focale variable) et s'en est expliqué: "Dans une histoire comme Mort à Venise, une histoire de regards, le zoom m'aidait beaucoup pour donner cette impression que le regard s'approche d'un être , d'une personne…". 

Venise sert de cadre aux derniers instants du musicien. Visconti  filme la ville le plus souvent au petit matin, à l'aube quand la lumière n'est pas éclatante, rasante. Loin des clichés, Venise n'est pas la ville du Carnaval, joyeuse, chamarrée mais une ville froide, grise étouffante plongée dans la brume. Dans ses rues et ses places  la mort rode avec  le choléra qui se propage.

Visconti a réuni une distribution éclatante autour de Dirk Bogarde qui incarne un remarquable Gustav Von Aschenbach. La dernière image  du film est inoubliable quand il s'éteint dans son transat face à la mer et contemplant Tadzio. Il est tout de blanc vêtu, les cheveux teintés et le visage fardé pour tenter de masquer sa vieillesse et  vainement fuir la mort.

Une oeuvre magistrale. Un des chefs d'oeuvre du cinéma mondial.

 Anecdotes:

Mort-à-Venise-ViscontiLe véritable Tadzio.

Thomas Man s'est inspiré d'un jeune adolescent d'origine polonaise qu'il a rencontré et observé lors de son voyage à Venise en 1911. Le garçon de onze ans se nommait Wladyslaw Moes mais son entourage avait l'habitude d'utiliser des diminutifs tels que Adzio ou Wladzio.  Le Baron Moes est décédé en 1986.

Visconti à la recherche d'un acteur pour interpréter Tadzio:

En 1970, Visconti  parcourt la Pologne, la Finlande  et la Suède. C'est à Stockholm  qu'il rencontre Bjorn Andrésen qui interprète Tadzio. Visconti racontera cette histoire dans un documentaire réalisé pour la télévision italienne. Björn Andrésen a continué à tourner quelques films mais il s'est surtout consacré à la musique comme compositeur.

 Devinette:

bogarde-mort-a-veniseQuel est le véritable nom de l'acteur Dirk Bogarde ? La réponse est simple pour ceux qui sont doués d'une bonne mémoire :

Derek Jules Gaspard Ulric Niven van den Bogaerde. Un générique a lui tout seul.





visconto mort à venise

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21 janvier 2012

Un livre, un film. Enigme N°18.

69968339_pLe titre du film est  celui du livre, il a été récompensé par la Palme d'Or du Festival de Cannes au début des années 70. Le réalisateur, issu d'un milieu aristocratique,  commença sa carrière en tant qu'assistant de Jean Renoir  avant la seconde guerre mondiale. Le rôle principal du film  est  tenu par un acteur de nationalité britannique.

Quel est le titre du film ? Qui est le réalisateur ? Qui est  l'interprète principal du film ? 

Consignes : Vous pouvez donner vos réponses par mail (que vous trouverez dans mon profil) et me laisser des indices dans les commentaires sans révéler la réponse, indices qui me permettront de savoir si vous avez vu juste et mettre sur la voie ceux qui ne savent pas. Le résultat de l'énigme et la proclamation des vainqueurs qui n'auront gagné que la gloire de participer sera donnée  Dimanche.


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