Enigme N° 23: Peter Bogdanovich. TexasVille.

69968339_pVous avez tiré la langue et nombreux sont ceux qui ont abandonné en chemin...Trois vainqueurs seulement au  prix Texas décerné par Keisha qui vous présente sur son blog cette semaine ( voir ici) le livre de Larry McMurty adapté à l'écran par Peter Bogdanovitch. Claudialucia  s'est mis en congé cette semaine.

Prix Texas décerné à: Aifelle, Eeguab, Somaja et Kathel. Le prix de la combativité et de la persévérance est accordé à : Syl. Merci aux courageuses qui se sont perdus dans les plaines du Texas: Dominique et sa machine à laver, Dasola et Gwenaelle

Peter Bogdanovich. TexasVille.

aff_texasvilleAu moment de l'élection de Reagan, Bogdanovich nous invite à retrouver les protagonistes d'une histoire, interrompue au début des années 50, située au coeur du Texas. Le centre de la Texasville n'a guère changé d'aspect, seul le cinéma a disparu en fumée. Un grand snack s'est ouvert à la périphérie de la cité.

Que sont devenus les adolescents, maintenant quinquagénaires, qui traînaient leur ennui dans la grande rue? Duane Jackson s'est enrichi dans l'activité pétrolière mais ses affaires vont mal, le prix du pétrole chute, les dettes s'accumulent. Son couple bat de l'aile, il trompe sans joie sa femme Karla, ses enfants sont un problème permanent. Sonny son grand ami perd progressivement la raison, et se réfugie dans le souvenir des vieux films en noir et blanc. Lester est devenu banquier au bord de la  faillite, une vie sentimentale en banqueroute. La grande préoccupation des hommes et des femmes est de se trouver un autre partenaire. Dickie, le fils de Duane, est un étalon recherché pour satisfaire la misère des sentiments.

Deux éléments vont troubler la vie morne de la ville : l'organisation de la fête du centenaire de la ville et surtout le retour après 30 ans d'absence de Jacy Farrow.  Jacy a réussi une carrière d'actrice mais son jeune fils est mort dans un accident, elle a quitté l'Italie où elle résidait  pour se réfugier dans sa ville natale. Duane n'a jamais oublié Jacy son amour de jeunesse, n'a jamais refermé la plaie de son abandon par celle qu'il adorait. Jacy l'a fait souffrir, et continue à le faire souffrir, elle semble prête à vouloir briser son couple. Alors Duane se rend compte que sa vie est auprès de sa compagne. La fête du centenaire sert de contrepoint aux situations dramatiques des personnages. Car le rire et la joie de la fête souligne les difficultés de Jacy pleurant son fils, de Duane et Karla qui se déchirent, de Sony qui voit sa vie comme un échec et glisse vers la folie….

images

Cybill Shepherd et Jeff Bridges

Le film, en couleur, comporte de nombreuses scènes assez loufoques mais il   est empreint d'une mélancolie déjà présente dans La dernière séance qui marquait la fin d'une époque, la fin de la jeunesse, la fin du noir et blanc. Dans un contexte  de crise sociale et économique, Bogdanovitch nous fait le tableau de ces hommes et de ces femmes en crise, la cinquantaine approchant, à un tournant de leur vie. Une des réussites du film est d'avoir réuni les mêmes excellents acteurs qui jouaient dans la dernière séance. Les traits se sont tirés, les rides sont apparues, les silhouettes parfois se sont épaissies, le temps a fait son oeuvre. Autour de Jeff Bridges en Duane peu bavard qui intériorise ses blessures, on retrouve nouveau Timothy Bottoms (Sony) Cybill Shepherd (Jacy)Randy Quaid (Lester) Cloris Leachman, Eilen Brennan.

Un très beau film.

Si le coeur vous en dit ma présentation de La dernière séance: ici