29 février 2012

Christin. Goetzinger. La voyageuse de petite ceinture.

4568gChristin. Goetzinger. La voyageuse de  petite ceinture.

Naima est une jeune femme qui marche sur la "Petite Ceinture", cette ancienne voie ferrée créée sous le second empire qui entoura Paris. Ce chemin de fer restera en activité pour  les voyageurs jusqu'au milieu des années 30. Au milieu des années 80, c'est à dire au moment de la réalisation de l'album, il existait encore quelque tronçons de voie toujours utilisés pour le transport de frêt.

Naima  arpente cette ceinture, elle y a ses habitudes , des endroits pour dormir: des bâtiments désaffectés. Elle rêve éveillée à des contes de fée, se laisse aller pendant de brefs moments à l'envie de disparaître, mais pour Naima vivre libre: c'est avancer , toujours avancer, même si c'est pour tourner en rond sur la petite ceinture. Elle  apparaît parfois en ville pour  faucher quelques fringues ou de la nourriture. Pour gagner de l'argent elle n'a pas d'autre solution que de se prostituer.

Naima appartient à  la deuxième génération d'immigrés algériens. Française elle vit dans un pays gagné par le chômage qui touche les plus modestes  et de fait , en premier lieu, les jeunes nés de parents maghrébins. Vingt ans après la fin de la guerre d'Algérie, la France n'a pas encore  cicatrisé ses blessures, les immigrés et leurs enfants sont victimes d'une racisme quotidien. L'autre difficulté que rencontre Naima est celle d'être une femme. Si Naima s'est réfugié sur la petite ceinture c'est pour échapper à la famille qui voudrait la marier à un lointain cousin l'envoyer dans un pays inconnu: l'Algérie.Elle veux éviter de fréquenter les copains de son frère qui se sont lancés dans des trafics illicites. Naima voudrait protéger son petit frère. Mais quel avenir  est promis à ce jeune garçon?

0012eb85Cette BD écrite par Christin  et dessinée par Annie Goetzinger en 1985 amène à un triste constat, celui de l'échec de notre modèle d'intégration depuis 50 ans . Les problèmes sociaux liés à l'immigration  restent toujours les mêmes: échec scolaire supérieur pour les enfants d'immigrés , inégalité pour accéder à des logements salubres,  chômage plus élevé et par voie de conséquence aggravation de la petite délinquance, situation inégalitaire de la femme…et les rares réussites d'intégration sont montées en épingle, l'arbre ne peut cacher la forêt.

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27 février 2012

Percival Everett. Désert Américain.

desert-americain_couvPrésentation de l'éditeur

Professeur à l'université de Los Angeles, marié, père de famille et convaincu, à l'heure des funestes bilans de la quarantaine, de n'être qu'un loser, Théodore Larue est en route vers son suicide quand un camion heurte de plein fouet sa voiture et projette son corps à travers le pare-brise, le laissant fort proprement décapité. Les services funéraires recousent tête et corps à la va-vite, mais voici qu'au beau milieu des funérailles Ted se redresse et s'assied dans son cercueil... Qu'il prenne pour cible les médias, le fanatisme religieux ou les consternantes pratiques des milieux universitaires, Percival Everett livre ici la satire aussi grinçante que jouissive d'une société américaine parfaitement déboussolée tout en proposant une troublante méditation sur notre condition de vivants.

 Mon avis:

Vivre avec une tête recousue, un coeur et des organes internes qui ne fonctionnent plus est un cas inexpliqué, surprenant, et inquiétant. Avoir un mari ou un père ressuscité est difficile à vivre surtout quand la presse avide de sensationnel assiège votre maison. Est il encore de ce monde par la volonté divine, ou la volonté du diable? existe-t-il une explication scientifique?

Le point de départ de l'intrigue est totalement irrationnel, farfelu. Mais Ted Larrue, personnage inexistant de son vivant devient le  centre du monde après sa mort. Dans sa nouvelle existence, Ted  se rend compte de son égoïsme passé,  de la médiocrité de ses comportements antérieurs, il se trouve transformé, devient plus posé, lucide.  A travers le regard de son personnage, Percival Everett dresse le tableau peu reluisant de la société américaine, en commençant par le monde de l'université que l'auteur connait bien. En effet, Everett est professeur à la Southern California University,  et certains de ses collègues ont dû rire jaune en lisant l'ouvrage. L'auteur s'attaque avec humour mais aussi avec virulence, aux médias charognards, au fanatisme religieux et aux sectes, aux services secrets américains ,à la recherche scientifique réalisée par des apprentis sorciers  sans conscience. 

Le livre commence dans un éclat de rire, progressivement la tonalité devient cependant plus grave même si les situations improbables et loufoques provoquent encore le sourire. Ted comprend que sa place n'est plus du côté des vivants, mais qu'il doit rejoindre le royaume des ombres. Un livre très agréable.

 Merci à Keisha. 

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26 février 2012

Peter Bogdanovitch. Texasville. Enigme N° 23.

Enigme N° 23: Peter Bogdanovich. TexasVille.

69968339_pVous avez tiré la langue et nombreux sont ceux qui ont abandonné en chemin...Trois vainqueurs seulement au  prix Texas décerné par Keisha qui vous présente sur son blog cette semaine ( voir ici) le livre de Larry McMurty adapté à l'écran par Peter Bogdanovitch. Claudialucia  s'est mis en congé cette semaine.

Prix Texas décerné à: Aifelle, Eeguab, Somaja et Kathel. Le prix de la combativité et de la persévérance est accordé à : Syl. Merci aux courageuses qui se sont perdus dans les plaines du Texas: Dominique et sa machine à laver, Dasola et Gwenaelle

Peter Bogdanovich. TexasVille.

aff_texasvilleAu moment de l'élection de Reagan, Bogdanovich nous invite à retrouver les protagonistes d'une histoire, interrompue au début des années 50, située au coeur du Texas. Le centre de la Texasville n'a guère changé d'aspect, seul le cinéma a disparu en fumée. Un grand snack s'est ouvert à la périphérie de la cité.

Que sont devenus les adolescents, maintenant quinquagénaires, qui traînaient leur ennui dans la grande rue? Duane Jackson s'est enrichi dans l'activité pétrolière mais ses affaires vont mal, le prix du pétrole chute, les dettes s'accumulent. Son couple bat de l'aile, il trompe sans joie sa femme Karla, ses enfants sont un problème permanent. Sonny son grand ami perd progressivement la raison, et se réfugie dans le souvenir des vieux films en noir et blanc. Lester est devenu banquier au bord de la  faillite, une vie sentimentale en banqueroute. La grande préoccupation des hommes et des femmes est de se trouver un autre partenaire. Dickie, le fils de Duane, est un étalon recherché pour satisfaire la misère des sentiments.

Deux éléments vont troubler la vie morne de la ville : l'organisation de la fête du centenaire de la ville et surtout le retour après 30 ans d'absence de Jacy Farrow.  Jacy a réussi une carrière d'actrice mais son jeune fils est mort dans un accident, elle a quitté l'Italie où elle résidait  pour se réfugier dans sa ville natale. Duane n'a jamais oublié Jacy son amour de jeunesse, n'a jamais refermé la plaie de son abandon par celle qu'il adorait. Jacy l'a fait souffrir, et continue à le faire souffrir, elle semble prête à vouloir briser son couple. Alors Duane se rend compte que sa vie est auprès de sa compagne. La fête du centenaire sert de contrepoint aux situations dramatiques des personnages. Car le rire et la joie de la fête souligne les difficultés de Jacy pleurant son fils, de Duane et Karla qui se déchirent, de Sony qui voit sa vie comme un échec et glisse vers la folie….

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Cybill Shepherd et Jeff Bridges

Le film, en couleur, comporte de nombreuses scènes assez loufoques mais il   est empreint d'une mélancolie déjà présente dans La dernière séance qui marquait la fin d'une époque, la fin de la jeunesse, la fin du noir et blanc. Dans un contexte  de crise sociale et économique, Bogdanovitch nous fait le tableau de ces hommes et de ces femmes en crise, la cinquantaine approchant, à un tournant de leur vie. Une des réussites du film est d'avoir réuni les mêmes excellents acteurs qui jouaient dans la dernière séance. Les traits se sont tirés, les rides sont apparues, les silhouettes parfois se sont épaissies, le temps a fait son oeuvre. Autour de Jeff Bridges en Duane peu bavard qui intériorise ses blessures, on retrouve nouveau Timothy Bottoms (Sony) Cybill Shepherd (Jacy)Randy Quaid (Lester) Cloris Leachman, Eilen Brennan.

Un très beau film.

Si le coeur vous en dit ma présentation de La dernière séance: ici

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25 février 2012

un livre un film .Enigme N° 23

69968339_pClaudialucia de Ma Librairie et moi-même nous vous proposons pendant toute l'année le samedi un jeu sous forme d'énigme qui unit nos deux passions : La littérature et le cinéma! Pour accéder au blog de Claudialucia , c'est ICI 



UnknownLe film sorti en 1990 porte le même titre que le roman. Le réalisateur américain avait obtenu vingt ans plus tôt un large succès pour une adaptation du même auteur. Les principaux acteurs sont les mêmes dans les deux films.

Quel est le titre du film?

Qui est le réalisateur?

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Nino et Ninou.

coloriage-bateau-a-voileNino et Ninou.

Le nigaud notoire nabot Nino "le noctambule", napolitain de naissance et néanmoins naturalisé népalais, neveu de Nestor "La Nacelle", nonagénaire, narco-traficant niçois, naviguait nord nord-est à neuf noeuds nautiques sur son nouveau navire : "la Nymphe Nymphéa" sous les nuages noirâtres. Ninou la niçoise, sa nouvelle nana, noble de naissance, née à Niamey (Niger), ex-nonne, de nature neurasthénique et névrosée sans nuance, nettoyait au nitrate norvégien des noisettes niortaises et  des noix nivernaises. La nouille Ninou aux nattes noires et le niais Nino, le nez enneigé, le nectar aux narines, nageaient au nébuleux nirvana des "nénuphars naturistes". Navrant! N'est-ce-pas ? 

Nanti d'un nerf de narval …net… sur la nuque.. sans noise… je nouais les nougats du négligeable nyctalope et de son ex-nonnette sans nippes… Sans nervosité, je nichais les noceurs dans une nasse… au néant… nourriture des néons dans la nappe néfaste nauséeuse… nécropole des naufragés nomades. Nenni! nulle notation à la notice nécrologique.

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Consignes: Le jeu en N. Le texte doit comporter  les 20 mots suivants...et plus si affinité.

nouvelle – notoire – nigaud(e) – nature – nuance – nacelle – neutre –– naufragé(e) – nuage – nirvana – nana – nymphéa(s) – nouille – noble – noise – nitrate – nenni – noctambule – neuf – nougat.


La recette de Ninou


Tarte aux noix et au caramel mou.

34471791_m(1000 recettes de desserts. Editions France-Loisirs)

Préparation :10 mn, cuisson 50 mn.

Ingrédients pour 6 personnes: 250 grammes de pâte sablée, 80 G de beurre, 1 oeuf, 250 G de cerneaux de noix. Caramel: 100 G de sucre, 12 cl de crème fraîche.


logoSyl1. Préchauffer le four à 180°.

2. Abaisser la pâte. Foncer un moule à tarte. Couvrir le fond de papier sulférisé et de haricots secs. Enfourner et cuire à blanc 20 mn.

3. Mixer le sucre, l'oeuf battu et 50 g de cerneaux de noix. Napper le fond le fond de tarte de la crème obtenue. Abaisser la température à 150 ° et poursuivre la cuisson 30 mn.

4. Pendant ce temps, préparer un caramel mou: chauffer le sucre avec 12 cl d'eau. Quand il caramélise, ajouter la crème fraîche et fouetter très fort pendant quelques minutes.

5. Répartir le reste de noix sur la tarte, puis les napper de caramel tiède. Laisser refroidir avant de servir.



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24 février 2012

La taupe. Tomas Alfredson. 2011.

La-Taupe-Poster-UKLe film de Tomas Alfredson, La Taupe, est brillamment adapté d'un best-seller de John Le Carré paru en 1974, par Bridget O'Connor et Peter Straughan. Si le point de l'intrigue est assez simple, le récit de Le Carré est beaucoup plus complexe. 

En pleine guerre froide, en 1973, après l'échec d'une opération qui a décimé le réseau d'espionnage britannique en Hongrie, Control,  le chef du  le M 16, service secret britannique, et son second Georges Smiley, sont évincés de la direction de l'organisme. Control meurt peu après. Smiley est secrètement réengagé sur injonction du gouvernement persuadé qu'une taupe soviétique s'est infiltrée dans la direction du M 16. Smiley mène son enquête avec l'aide de Peter Guillam, un jeune agent. 

 La construction du récit est complexe, car l'enquête oblige à de nombreux recoupements de témoignages, à des retours en arrière. Une scène revient à plusieurs reprises, une fête de fin d'année qui réunit tous les membres du M 16 dans les bureaux de l'agence, le Cirque. Un personnage est déguisé en Père Noël avec un masque à l'effigie de Lénine, et les fonctionnaires britanniques entonnent l'hymne national soviétique. Cette scène peut prêter à de multiples interprétations : tous ces fonctionnaires de l'espionnage se moquent de leur adversaire, mais l'union soviétique est aussi leur raison d'être, si Lénine chante sur l'estrade, ses taupes sont dans l'assemblée. 

Smiley livre une partie d'échec avec un adversaire invisible Karla, un grand maître soviétique qui manipule fous et cavaliers du service d'espionnage britannique, il menace la Reine. Chaque pièce  bougée  sur l'échiquier entraîne la chute, la prise de pions qui disparaissent torturés et assassinés à Budapest, à Istanbul… les agents russes ou anglais seront remplacés dans une autre partie, les pions sont renouvelables.

Les espions n'ont rien de James Bond. Ce sont des bureaucrates discrets, paperassiers, austères. Leur univers est terne, ils lisent, écoutent, enregistrent, notent scrupuleusement, rédigent des rapports. Tous ces fonctionnaires sont en rivalité personnelle, ils cachent et enfouissent leurs sentiments et constituent une triste et sombre humanité. Le siège du service d'espionnage, le Cirque, est à l'image des hommes. C'est un entrepôt ,dans une ruelle sordide; sommairement aménagé en bureaux. Les ascenseurs sont des monte-charges, les murs sont d'un gris hideux à l'image de ce monde de l'ombre. 

Alfredson rend dans sa mise en scène une impression de fixité, de hiératisme qui correspond à ce milieu froid, figé, où l'expression des sentiments est interdite, où la confiance même dans ses amis est bannie. Pourtant la caméra est souvent en mouvement associant de longs travellings et de splendides trajectoires car le récit progresse avec lenteur comme un joueur d'échec qui prendrait son temps pour déplacer un pièce. L'image souligne les non-dits. Les jeux d'ombres et de lumière, les décadrages participent à l'ambiance de froid malaise. Le metteur en scène est un remarquable directeur d'acteur. Gary Oldman est Smiley, l'enquêteur qui découvre l'identité de la taupe. C' est être discret, effacé derrière ses grosses lunettes mais derrière  l'espion se cache un homme meurtri par l'échec de sa vie sentimentale, de son mariage. Autour de Oldman, Alfredson a réuni une pléiade de grands acteurs tous exceptionnels: John Hurt, Colin Firth, Tom Hardy, Toby Jones ou Benedict Cumberbacht (que j'avais découvert dans les transpositions de Sherlock Holmes pour la BBC). 

Un remarquable scénario, de grands acteurs, une excellente mise en scène,  des décors et costumes soignés, un très bon traitement de l'image, une superbe musique discrète et efficace de Alberto Iglesias:  Un excellent film. 

Nota : Le deuxième opus des enquêtes de Georges Smiley est, parait-il,  déjà en préparation. En effet La Taupe (Tinker Tailor Soldier Spy) est le premier épisode d'une trilogie consacrée à Georges Smiley par John Le Carré.


La Taupe (Tomas Alfredson) - Teaser (VOST)

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23 février 2012

Quino. Citation.

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Le drame quand on est président, c'est que si on entreprend de résoudre les problèmes, on n'a plus le temps de gouverner.

Quino. Mafalda.

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22 février 2012

Altibarra-Kim. L'art de voler.

l-art-de-voler_couvMon père s'est suicidé le 4 mai 2001…l'heure de s'envoler… C'est sur ces paroles que s'ouvre ce splendide superbe roman graphique. Rapidement la narration passe à la première personne, de l'imparfait au présent… Le vieil homme nous présente sa vie qui s'étire sur 90 ans, de son enfance à son suicide. Une vie reconstituée par son fils, l'écrivain et professeur d'université Antonio Altarriba, à partir de conversations, de notes éparses… L' auteur est devenu le temps de l'écriture un autre lui-même: son père.

L'histoire du petit paysan de l'Aragon va traverser un siècle de l'Histoire de l'Espagne, marquée avant tout par la terrible guerre civile. Sa vie va être un tissu d'espoirs déçus de grandes désillusions et de frustrations. Antonio, l'anarchiste, rêvait de liberté, d'un avenir radieux sous le ciel de la République. Mais devant les troupes de Franco, il franchit la frontière française, est enfermé dans des camps de fortune, avant de pouvoir trouver un bref moment de bonheur dans une famille creusoise. Dénoncé, il fuit la police de Vichy et rentre dans la résistance. Mais à la libération, il n'y pas de travail pour les espagnols, il vit en faisant du marché noir mais il ne peut se résoudre, lui l'anarchiste, à exploiter la misère du peuple. Il décide de rentrer en Espagne en taisant son passé. Ses anciens compagnons ont changé, sont devenus franquistes par obligation, par conviction, par intérêt. Pour travailler, il entre dans l'entreprise douteuse d'un parent proche. Il participe lui-même à des opérations financières illégales. L'athée qu'il est se marie par devoir social avec une catholique   pratiquante et pudibonde, de cette union nait un fils : l'auteur. La fin de sa vie est  hantée par le cauchemars, rongée par la dépression. Dans un foyer du troisième âge,   il assiste à la déchéance des pensionnaires qui l'entourent, à la mort des seuls amis qu'il s'était fait. Le 4 mai 2001, Antonio met fin à ses souffrances.

Antonio altarriba(6)Dans la post-face de l'édition française, Antonio Altarriba, professeur et écrivain, explique les raisons pour lesquelles il a choisi d'écrire un scénario de BD plutôt que d'écrire un roman : le recours à l'image procure une grande capacité de représentation, au sens étymologique de "rendre présent". Les cases offrent la possibilité de reconstituer avec fidélité des scènes, des costumes des objets, des situations…Mais le choix fut surtout guidé par la décision d'écrire à la première personne: J'eus l'idée alors du transfert, ou plutôt de la transsubstantiation, qui me transformait en mon père

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Le dessinateur, Kim, reconstitue parfaitement les lieux, l'atmosphère des époques traversées et donne corps et vie aux personnages que le temps marque de son empreinte. Il traduit les rêves et les cauchemars qui hantent les nuits d'Antonio.

Magnifique hommage d'un fils à son père. Un très grand roman graphique.

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21 février 2012

Vos ennuis commencent....

Femme_de_m_nageIl est des jours…où vous vous levez du pied gauche…mal de crâne…le mari grogne dans la salle de bain à la recherche de chaussettes qu'il tient à la main… le fils braille dans la cuisine: "Qu'est-ce que c'est que ces corn-flakes pourris" en faisant tomber une casserole….une heure de claquements de portes… à chaque passage d'une tornade… tu n'oublieras pas mon costume au pressing….Tu penseras à m'acheter…tu peux ramener de la vrai bouffe de chez Mac Do…tu pourras me repasser…si tu vas en ville…Deux Efferalgan et la journée de la femme au foyer commence…la belle vie, rien à glander…c'est cool : avec l'aspiro, le lave-vaisselle, la machine à laver, le micro-onde tu te la coules douce, c'est sûr que t'as le temps de bloguer comme l'affirme fiston. 

Dix heures déjà…Vous enfilez l'imper, vous glissez entre les trombes d'eau.  Sur le volant de votre voiture : Mam'  la jauge est dans le rouge, fais le plein, je sors demain…Sur le parking du supermarché les gens s'étripent pour une place, se disputent un caddie, râlent contre la valse des étiquettes, pestent contre la lenteur des caissières : le temps est au norois.

Le retour. Vous garez la clio qui hoquète, toussote …tu devrais la faire réviser, tu devrais t'en occuper, la mécanique c'est aussi une affaire de femme… Tête baissée vous foncez vers la porte d'entrée. Un homme est assis sur le seuil. Il vous fixe  souriant. Vous laissez tomber vos paquets. Vous hésitez, pourtant c'est bien lui!… une vague, un torrent de souvenirs, remontent à la surface… Edimbourg… la bohème… les nuits d'ivresse dans les bras de Clyde. Il est étendu, pâle et  tranquille comme un enfant malade, il dort, deux trous rouges au côté gauche… Clyde Mac Intosh, inspecteur de la police. Vos ennuis commencent…

 

MenottesVous êtes en face des inspecteurs de police……Clyde a été tué dans une chambre d'hôtel, tôt ce matin…Vous soulevez la tête…soulagement… mais pourquoi a-t-il été déposé devant votre porte? demande Le premier des Dupondt . Et pourquoi dans sa poche , des lettres d'amour et des photos…disons....compromettantes, pour rester dans la décence... de vous et de Mac Apple  ricane Dupondt Deux….Qui cherche à vous nuire s'écrient en coeur Dupondt Trois  et Dupondt quatre…Si je le savais déclarez-vous en vous mouchant bruyamment…Vous le savez, mais vous êtes obligé de vous taire. Vous avez lancé Clyde sur la piste d'un habile, intelligent (même très intelligent et très beau) tueur à gage, vous ne pouvez pas décliner aux Dupondt Cinq à Douze que vous connaissez l'identité de l'assassin qui vous désignerait illico comme  son commanditaire et vous n'ignorez pas qu'il échapperait aux mailles de la police. Votre liberté exige votre silence. Vous êtes complice de meurtre. Belle moralité!

 Texte réalisé dans le cadre de l'Atelier du Skriban. Pour lire les textes des autres participants c'est ici. 

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Consignes: Vous rentrez d’une journée éreintante, la tête pleine d’idées sombres et là, sur le seuil de votre maison (ou de votre appartement), vous découvrez un homme, assis et qui semble vous attendre. Vous ne le savez pas encore mais il va bouleverser votre vie… 

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20 février 2012

Chabouté. Quelque jours d'été.


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Pour le temps des vacances estivales un jeune gamin, un citadin, est confié par sa mère à un couple de vieux paysans. Le garçon découvre  la ferme , la campagne.  Il  apprend à observer la nature , à écouter  le chuchotement de la rivière avec le vieil homme, un taiseux. C'est une belle histoire, simple  tendre et sensible.  Dans ce cadre de verdure, au bord du cours d'eau se tisse une amitié entre le paysan et  l'enfant, se crée des moments de bonheur.




22189575_5393640On aimerait que le récit soit plus long (32 pages), plus développé ,car on est pris sous le charme des dessins, des silences….

Chabouté excelle en effet dans le silence, car tout se dit dans un regard, une expression, un geste…les dialogues sont réduits à l'essentiel, le récit se construit en images…. et quelles images! un noir et blanc superbe, un trait inégalé. Un petit moment de bonheur

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