27 mars 2012

Claude Baugée. le piéton de New York.

Pigeon frileux dans Manhattan

Les yeux un peu tristes, mal cachés sous tes verres 

D'écail,

Tu balades ton cafard

De galeries d'art moderne en cinés de quartier.

 

Anti-héros d'une autre Amérique

Tu ne ressembles à personne.

Trente-neuvième rue, d'un club s'échappent

Les plaintes de ta clarinette.

Je reconnais quelque vieil air de jazz

"Stardust memories" de Louis Amstrong.

 

Toi l'intello, adulé, mécompris

Tu te cherches encore

Malheureux comme Zelig, coincé comme Danny Rose.

Mais tu sais comme Bergman peindre les intérieurs

Et nous émouvoir d'une rose pourpre

Comme Chaplin d'un bouquet de violettes

 

Un soirde mai on se verra, c'est sûr

Cinquième avenue

J'aurai rencontré l'après midi Annie Hall pour la 

Huitième fois:

Tu sortiras de ta psychanalyse

Comme tous les jeudis depuis vingt-trois ans.

 

Moi, Woody, j'aime le fragiles, les incertains

Et à vingt-quatre images de là

On boira un lait fraise chez Joey's

En disant du bien de Bogie, de Lubitsch et du Septième

Sceau,

Mais des autres on ne dira rien.

                              Claude Baugée. Le spectateur triste.

woody-allen

Posté par Wens à 13:23 - Commentaires [1] - Permalien [#]
Tags : , , ,



Commentaires sur Claude Baugée. le piéton de New York.

    Que viva New York

    Oui et que viva Wens pour toutes ces newyorkeries où l'on croise Scorsese,Coppola et Woody Allen mais aussi Gene Kelly,Sinatra,Paul Morand et Paul Cézanne.Je ne suis allé qu'une fois là-bas mais la ville,je crois qu'elle fait partie de ma vie depuis toujours.Woody évidemment a amplifié ce goût pour Big Apple.Merci de tout coeur pour la découverte de l'immense poète méconnu cité ici.On lui a rarement fait un tel honneur.
    En V.O. Thank you.

    Posté par Eeguab, 28 mars 2012 à 20:16 | | Répondre
Nouveau commentaire