Leonardo Padura. L'automne à Cuba. Extrait:

ame2C'est terrible que la vie ne soit jamais assez longue, même si certains vivent plus que leur temps, ce qui est mon cas. Mais le problème qui me préoccupe est autre: c'est celui des plantes qui vont rester seules….chacun de ces arbres sait que je suis son géniteur, ou, pour le moins son tuteur, et que mes mains les ont nourris, nettoyés , soignés, et arrosés durant trente ans. Que ma voix leur a parlé et que ma présence les a accompagnés depuis qu'ils ont sorti leur première feuille. Mon absence va créer un vide pour eux, et vous pouvez être sûr que beaucoup de ces plantes tomberont malades quand je mourrai et que plusieurs mourront même après moi, car elles seront les premières à savoir ma mort….

Quand les plantes entrent en harmonie avec une personne spécifique, elles sont capables d'établir une relation personnelle avec elle, où que cette personne aille et même au milieu de trois millions d'individus. Mais ce n'est pas le plus étonnant: les plantes sont capables de ressentir la peur ou la joie et de percevoir les pensées et les objectifs de l'homme et même de deviner ses menaces….mais on sait aussi qu'elles sont capables de percevoir et de réagir à ce qui se passe alentour.