no-country-for-old-menLe prix Matador est accordé à keisha, Aifelle, Eeguab, Nanou et Pierrot Bâton. Le prix de la combativité est décerné sur intervention du vicomte à l'illustre vendéenne Asphodèle. Il fallait trouver "No country for Old men" adapté du roman de Cormac McCarthy, paru en France sous le titre : "Non ce pays n'est pas pour le vieil homme et réalisé par les frères Coen. Le film a été récompensé par  quatre Oscars en 2008:  meilleur film, meilleure réalisation, meilleure l'adaptation scénarique et  Oscar du meilleur acteur de second rôle pour Javier Bardem, le tueur fou au matador.

No country for Old Men. Joel et Ethan Coen. 2008.

no_country_for_old_menSi vous trouvez deux millions de dollars (ou d'euros) dans un coin à crotales (ou à  vipères) transformé en abattoir pour malfrats, faites gaffe…votre tête ne tient déjà plus sur vos épaules…comme celle de Moss qui se prenait pour un gars futé (Josh Brolin). Les cadavres ne portent pas de costards.

 Adieu John Ford, Anthony Mann, Howard Hawks… le vieil Ouest est bien mort… les vieux shérifs n'ont plus leur place dans la chaleur et la poussière  du désert Texan…le pauvre marshall Bell  (Tommy Lee Jones) apparaît  totalement dépassé par l'apparition d'une nouvelle génération de gangsters qui ont troqué la Winchester 73 pour le MP5 ou l'Uzi voire pour le sophistiqué matador (pistolet à air comprimé pour tuer le bétail)… L'âge de la retraite a sonné pour les héritiers de John Wayne qui assistent  impuissants aux carnages… A l'âge d'or du western les cowboys tuaient pour  l'honneur, la vengeance… avec un beau duel final à la clé et le salaud finissait dans la poussière… La morale était sauve… Mais maintenant les temps ont bougrement changé dans les sauvages canyons,  à l'image du psychopathe  Anton Chilburg ( génial Javier Bardem) les tueurs flinguent parfois à pile ou face, pour le fun, sans aucun état d'âme … et  arrivent à s'en sortir… L'accumulation immorale de viande froide fait même rire à plein poumon les spectateurs quelque peu horrifiés… les chevaux, les diligences  sont rangés à l'écurie et font  place à des  4X4 , des pick up japonais  transportant des truands à l'abattoir… Le kilo de trafiquant de drogue ne vaut pas cher sur le marché de l'héroïne… La viande mexicaine se négocie au prix du carne con chile chez un grossiste de Dallas .

Bref, les frères Coen sont en grande forme…l'humour noir comme je l'aime…Je baisse la tête pour éviter les balles, j'arrête de compter les cadavres à partir de 127, j'ai les pieds qui trempent dans l'hémoglobine, les zygomatiques dilatés à chaque répartie …je décide d'acheter un matador… mais en même temps,  je me sens  comme le vieux shérif, inquiet devant l'évolution de notre société, de plus en plus violente, inhumaine…alors je vide un petit whisky pour la route. Nostalgie. Mélancolie.