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Quel est le lien qui unit  une tueuse à gages chargée d'envoyer ad patres des petits vieux en phase terminale, une jeune squatteuse amoureuse de musique, des skinheads violeurs, des grands bourgeois propriétaires d'une clinique privée et des enfants-soldats du Ruanda? La découverte de cadavres  sauvagement charcutés par des spécialistes de l'arme blanche.  Christian Roux réunit dans son roman tous les ingrédients pour faire de Kadogos un polar noir, très noir.  

L'auteur a beaucoup de talent. Il a de très grandes qualités d'écriture, il alterne avec brio  les moments poétiques et les descriptions réalistes, violentes. Il  sait faire vivre ses personnages à leur donner corps. En  particulier, il se prend d'empathie pour  les personnages centraux de l'histoire :  Marnie, la tueuse à gages et  Eugène le policier, un peu en marge du système, qui a adopté un enfant martyr.

Pour l'auteur, le polar est un moyen de dénoncer les tares de notre société, notre indifférence devant ce qui se passe dans le monde : le sort de l'Afrique et de ses enfants mercenaires, le trafic d'organes, l'exploitation de la misère du monde par la bourgeoisie, l'attitude de presse volontairement aveugle, le rôle des flics tripoux…. C'est à la fois la force et la faiblesse de ce roman car à trop vouloir démonter Roux s'engage dans la voie du plaidoyer. L'intrigue devient un moyen de faire passer ses idées, et le lecteur fait vite le lien entre les différentes histoires racontées en parallèle. Le dénouement  du roman peut être satisfaisant au point de vue des idées de l'auteur, mais ne m'apparaît pas très crédible ni convaincant.

Le roman présente une particularité originale, les chapitres peuvent  se lire dans un ordre différent d'une suite linéaire. Christian Roux vous livre dans sa préface les autres moyens d'aborder son ouvrage.

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