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Les vainqueurs du jour: Aifelle, Eeguab, Pierrot Bâton, Dasola, Syl, Somaja.

Le coup de l'escalier adapté d'un roman de William P  Mac Givern, est un des derniers grands films noirs, un genre qui a fait le bonheur d'Hollywood pendant plus de 20 ans. Ce n'est pas le plus connu des films de Robert Wise, qui reçut l'Oscar du meilleur réalisateur à deux reprises pour West Side Story et La Mélodie du bonheur.

Le prétexte de l'intrigue est le bracage d'une banque d'une petite ville de l'Etat de New York, mais en réalité le cambriolage n'est pas le sujet central du film et ne dure que quelques minutes à l'écran. Ce qui intéresse Wise c'est de réunir trois hommes que tout semble opposer. L'instigateur du hold Up, Ed Begley, est un ancien flic chassé de la police pour corruption après trente ans de services. Il fait appel à deux complices: Earl Slater, un vétéran de la seconde guerre mondiale, aigri , violent, raciste qui ne supporte plus d'être entretenu par sa compagne et un chanteur noir, Johnny Ingram, qui a d'énormes dettes de jeu. Les trois hommes sont des êtres voués à l'échec enfermés dans une atmosphère urbaine étouffante, ils rêvent d'une liberté inaccessible. Leur échec est programmé comme l'indique le titre américain du film : "Odds against Tomorrow" traduit incompréhensiblement par "le coup de l'escalier".

Une partie de la critique a souligné la portée anti-raciste du film. L'échec  du hold up est dû en grande partie à l'attitude raciste de Earl Slater qui ne fait pas confiance à Johnny Ingram,  son complice noir.  Cette critique du racisme est bien réelle, d'autant plus que  Robert Wise, Robert Ryan(Slater) et Harry Belafonte (Ingram) étaient de solides militants pour l'égalité des droits  aux Etats Unis. Mais cette dénonciation du racisme occupent une place plus réduite que dans le roman.

Le casting est une totale réussite. Robert Ryan incarne comme souvent un petit blanc sudiste antipathique marqué par la haine et les échecs, qui ne supporte pas la présence à ses côtés d'un noir élégant et plutôt sympathique, Harry Belafonte. Le pauvre Dave Burke (Ed Begley) cherche à éviter l'affrontement entre les deux hommes. Dans ce film, les femmes ont un rôle secondaire, pourtant les apparitions de Shelley Winters et de Gloria Grahame sont remarquables.

L'intérêt du Coup de l'escalier tient aussi à la grande qualité des images, de somptueux noirs et blancs, et au rythme du montage (Wise a commencé sa carrière comme monteur).

Un film à découvrir.