rashomon

Le prix du mikado est accordé à:Eeguab, Dasola, Somaja, Asphodèle et Dominique.

Kurosawa s'inspire de deux nouvelles de Akutagawa,  Rashômon et Dans le fourré. Il situe l'intrigue  dans le Japon du Xii ème siècle, une période de troubles et de guerres civiles.

Sous le portique (Mon) du démon (Rashô)  trois hommes sont venus de mettre à l'abri  car la pluie tombe  violemment. Un moine et un bûcheron discutent d'un procès auquel ils ont assisté et témoigné. Le troisième homme les incite à raconter l'histoire. Le corps d'un samouraï, Takehiro, a été retrouvé sans vie et son épouse Masago a été violée par un bandit de grand chemin, Tamojaru. Mais le procès ne permet pas de reconstituer avec certitude les faits, les conditions du meurtre du Samouraî, car les six témoignages  recueillis lors du procès donnent des versions largement  contradictoires. Qui dit la vérité ? Tamojaru qui s'accuse du meurtre et du viol ? Mais peut -on parler de viol ? Masago était-elle consentante ?  a-t-elle tué son mari ? Tikahiro, qui parle de l'au- delà par l'intermédiaire d'un médium s'est-il suicidé ou a-t-il cherché à fuir et a été abattu comme un lâche? et qu'a vu réellement le bûcheron, seul témoin extérieur au meurtre ? Lorsque la pluie cesse. Les trois hommes se séparent, mais les cris d'un enfant abandonné attirent le bûcheron qui décide de l'adopter. Le moine le remercie: "Ton geste a restitué ma foi en l'humanité".

Pour Kurosawa: "Les hommes sont incapables d'honnêteté envers eux-mêmes. Ils ne peuvent pas parler d'eux sans embellir leur image.Ce film est comme un tableau enroulé qui, en se déroulant, dévoile le Moi humain." Cette déclaration  peut paraître très pessimiste, mais  le dénouement  du film (différent du  conte de Akutagawa)  nuance le propos. Quand le bûcheron emmène l'enfant,  Kurosawa nous affirme qu' il ne faut jamais désespérer de l'âme humaine.

Kurosawa et son chef opérateur Miyagawa font preuve dans ce film d'une grande virtuosité, on est frappé par la beauté de la photographie, les savants jeux d'ombres et de lumières par les fluides mouvements  de caméra qui alternent avec  plans fixes soigneusement cadrés. La scène du meurtre est  filmée plusieurs fois, suivant les points de vue des protagonistes, la caméra adopte la subjectivité des récits. Le jeu des acteurs est varié, parfois introverti ou au contraire extraverti en particulier celui de Toshiro Mifune, le bandit des grands chemins.

Rashômon marque une date dans l'histoire du cinéma. Présenté au festival de Venise, il obtint le Lion d'Or avant d'être récompensé par l'Oscar du meilleur film étranger. Le monde occidental découvrait la richesse insoupçonné jusqu'à lors du cinéma japonais.