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Lulu femme nue est sorti sur les écrans en 2013. Adapté de la BD éponyme d'Etienne Davodeau. Solveig Anspach, réalisatrice présente

la particularité de posséder une double nationalité islandaise et française.

Le film a bénéficié d'un excellent accueil critique.

 

Synopsis:

À la suite d’un entretien d’embauche qui se passe mal, Lulu décide de ne pas rentrer chez elle et part en laissant son mari et ses trois enfants. Elle n’a rien prémédité, ça se passe très simplement. Elle s’octroie quelques jours de liberté, seule, sur la côte, sans autre projet que d’en profiter pleinement et sans culpabilité. En chemin, elle va croiser des gens qui sont, eux aussi, au bord du monde : un drôle d’oiseau couvé par ses frères, une vieille qui s’ennuie à mourir et une employée harcelée par sa patronne… Trois rencontres décisives qui vont aider Lulu à retrouver une ancienne connaissance qu’elle a perdu de vue : elle-même.

Mon avis:

Solveig Anspach et son co-scénariste Jean-Mus Gaget ont librement adapté la Bd d'Etienne Davodeau sans en trahir l'esprit.  La réalisatrice réalise un magnifique portrait de femme qui se libère du poids de son médiocre environnement quotidien, d'un  mari étouffant. Elle s'affanchit peu à peu, redécouvre l'amour, l'amitié, le bonheur du partage. Karin Viard incarne  avec  talent ce personnage de Lulu qui rencontre au cours de son errance d'autres solitudes. Elle renaît ,  se libère peu à peu. Solveig Anspach est une excellente directrice d'acteurs car tous les comédiens sont excellents, en particulier Claude Gensac et  Bouli Lanners. 

Un très bon film.

 

Ma critique du livre de Davodeau (parue en mai 2012).

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Lulu a la quarantaine, elle a arrêté de travailler pour élever ses enfants et servir un mari macho. Elle souhaite reprendre un travail, mais tous les entretiens d'embauche sont un échec du fait de son âge et son inexpérience professionnelle. Alors un jour, sa petite vie étriquée lui devient trop pesante, insupportable, elle décide de ne pas rentrer chez elle et part hésitante sur la route  sans destination précise.

Lulu choisit la liberté. Sa décision surprend son entourage, sa famille, ses amis. Sur les chemins de son errance, au hasard des rencontres, elle  découvre que même a son âge elle peut vivre de belles histoires d'amour et d'amitié. Mais Lulu n'est pas une rebelle. Elle sait que son voyage n'est que temporaire, elle aime trop ses enfants pour les abandonner. Mais sa vie ne pourra jamais reprendre le même cours, car Lulu maintenant existe. En se découvrant, elle a gagné le respect de sa fille et de ses amis.

Quel beau portrait de femme! combien d'entre elles coincées entre la gazinière, le lavage des couches et la préparation du plateau repas du supporter du PSG ne rêvent pas un jour d'évasion, de quitter comme Lulu leur pavillon de banlieue. 

 

Cette magnifique, simple et réaliste histoire Davodeau nous la raconte avec tendresse, par l'intermédiaire des amis de Lulu réunis sur une terrasse un soir de fin d'automne . Et  leurs échanges autour d'un verre sonnent  juste, comme tous les dialogues et les textes. Davodeau joue sur l'ombre et la lumière, les journées ensoleillées et la fraîcheur de la nuit, sur la chaleur des ocres et la froideur du bleu.

Un bel album. Sensible, émouvant.