Enigme 33: Mankiewickz.Guêpier pour trois abeilles. 1966.
Mankiewickz.Guépier pour trois abeilles. 1966.
Guêpier pour trois abeilles est adapté d'un pièce de théâtre de Frederic Knott, largement inspiré d'un célèbre pièce de l'écrivain britannique du XVII° siècle Ben Jonson: Volpone. Mankiewickz a confié le rôle principal à Rex Harrisson. L'intrigue est transposée à notre époque à Venise.
Le prix Volpone est accordé à:
Aifelle, Asphodèle,Dasola, Eeguab, Keisha, Lystig, Miriam, Miss Leo, Pierrot Bâton.
A Venise, dans le théâtre de la Fenice le milliardaire Cecil Fox est l'unique spectateur de la représentation de la pièce de théâtre, Volpone. Il quitte la salle avant le cinquième et dernier acte. Il a décidé que le dénouement de la pièce de Ben Jonson se déroulerait dans son palais, qu'il en sera l'auteur et l'interprète principal.
Comme Volpone, Fox feint d'être mourant pour attirer dans ses filets trois anciennes maîtresses pour se jouer d'elles qui espèrent mettre la main sur son héritage. Le rusé et prétentieux Fox croit connaître tous les ressorts de l'âme humaine. Comme il se sent supérieur, fier de son intelligence, il trouve un malin plaisir à duper, à se moquer des femmes qui l'ont aimé. Pour se moquer d'elles il engage comme acolyte un pseudo-majordome, un acteur de théâtre. Car lpour Fox la vie n'est que représentation. L'acteur, de son nom McFly, confronté à des situations imprévues doit à tout moment s'adapter, inventer ses répliques. Et de fait Il devient co-auteur de la pièce, n'est-ce pas le cas des grands acteurs? MacFlyendosse le rôle de Mosca de la pièce de Ben Jonson. Mais Fox et McFly peuvent-ils contrôler toute la situation jusqu'au dénouement prévu?
Mankiewickz aime le théâtre, il aime les confrontations entre les individus dans un espace clos. La vie ne serait-elle pas qu'un immense théâtre avec ses illusions, ses conventions. Tous les hommes tiennent un rôle dans le monde comme s'ils étaient sur une scène. Et l'avenir appartient-il au plus rusé, à l'habile coquin, à celui qui maîtrise les mots ? Mais Mankiewickz n'est pas un être pessimiste. Comme dans son dernier film, "Le limier", l'orgueilleux et méprisant ne triomphe jamais, et le mot de la fin revient aux plus modestes. Guêpier pour trois abeilles est aussi une réflexion sur la création. Car qui est le véritable auteur d'une pièce jouée sur scène: l'écrivain? le metteur en scène? l'acteur? le producteur? Cette réflexion pqarcourt toute l'oeuvre de Mankiewickz et s'applique bien sûr au cinéma.
Le Renard (Fox-Volpone) est Rex Harrisson, il vit totalement dans le présent chaque seconde lui permet dé jouir de sa situation. A l'égal de Dieu, il croit maîtriser le temps. Fox jubile à endosser le costume de Volpone, à pouvoir modifier le dénouement de Ben Jonson. Le spectateur est séduit par le brio, l'élégance du personnage qui pourtant n'est pas moralement admirable. Pourquoi cette admiration? Certainement parce que les victimes des intrigues de Fox ne sont pas plus recommandables que lui. Son ex-épouse (Susan Hayward) est une femme hypocondriaque, colérique, avare, tyrannique, en un mot détestable. La Princesse (Capucine) est prête à accepter toutes le humiliations, à se glisser dans la couche d'un mourant pour faire main basse sur la succession. La stupide star au physique digne de Marylin Monroe (Edie Adams) n'a que de brèves lueurs d'intelligence, surtout quand elle songe à éliminer Fox. Mais le stratagème pour abattre sans risque son ancien amant, n'est pas sa création, il est sorti tout droit d'un scénario d'un film qu'elle a tourné. Les personnages les plus modestes doivent faire preuve d'intelligence, de réflexion, pour survivre, pour échapper à la domination des puissants. Et Beaumarchais s'invite dans le film, difficile de ne pas penser à une tirade de Figaro : "Qu'avez vous fait pour tant de biens? Vous vous êtes donné le temps de naître et rien de plus." Au final, ce sont les personnages méprisés qui tireront leur épingle du jeu dans ce jeu de dupe: un vieux flic vénitien désenchanté (Adolfo Celi) et une gouvernante rabrouée ( Sarah Watkins). Même l'habile McFly (Cliff Robertson) sera aussi berné.
Dans cette comédie dramatique le décor tient une grande place, car Venise est la ville du théâtre, du carnaval, des masques, du faux semblant. Le palais de Fox brille de mille feux, superbement éclairé comme un décor de théâtre. L'espace est cloisonné les portes s'ouvrent se referment, derrière elles les intrigues se nouent, les êtres s'observent, s'épient. La mise en scène de Mankiewickz suit ce jeu du Chat et de la Souris, elle tend sa toile d'araignée pour enfermer les trois abeilles prises au piège. Mankiewichz se transforme en chorégraphe, sa caméra virevolte, fait des pas de deux ou suit les numéros des solistes.
Guêpier pour trois abeilles est une superbe réussite, une très belle réflexion sur le théâtre, le cinéma, et la vie.
Un livre, un film: Enigme N° 30.
Lucio Fulci: Beatrice Cenci. 1969.
Il fallait trouver le film, réalisé en 1969 par Lucio Fulci, qui a distribué sous deux titres différents: Liens d'amour et de Sang ou Beatrice Cenci . Les vainqueurs du jour:
Keisha, Eequab, Dasola, Shelbylee, Aifelle, Gwenaelle, Somaja, Pierrot Baton, Jeneen et Asphodèle.
Acteur, producteur, scénariste et réalisateur d'une soixantaine de films, Lucio Fulci est surtout connu comme un auteur marquant du genre cinématographique que les italiens nomment "Giallo". Les "gialli" regroupent des oeuvres qui se situent à la croisée du film d'horreur, du fantastique et du policier. Ils comportent le plus souvent de grandes scènes particulièrement sanglantes. Ce genre a connu un grand succès dans les années 60 à 80 dans la péninsule italienne. Fulci fut avec Dario Ergento et Mario Bava un des principaux auteurs du genre. Mais c'est un metteur en scène prolixe qui a réalisé des oeuvres de genres très différents. Ainsi, il porta à l'écran Croc Blanc, tourna des comédies policières, des comédies sentimentales, des westerns. Beatrice Cenci ou Liens d'amour et de sang est un mélodrame qui s'inspire d'une réalité historique, le procès à Rome de la famille Cenci au XVI° siècle que Stendhal relata dans Chroniques Italiennes. Cette histoire très connue en Italie avait déjà était portée à l'écran par Riccardo Freda en 1956.
Le noble romain Francesco Cenci fait régner la terreur sur son entourage. Tyrannique, violent, sadique, pervers, Il viole sa fille Béatrice qui souhaite entrer au couvent. Béatrice décide de se débarrasser de son père avec la complicité de son serviteur Olimpio devenu son amant, et obtient l'aide de ses frères et de sa belle mère. L'assassinat de Francesco est maquillé en accident, mais l'enquête ordonnée par les autorités du pape qui règne alors sur Rome révèle le meurtre. Tous les complices sont interrogés, torturés, par des membres du tribunal de l'inquisition puis exécutés.
Le film n'a pas obtenu le succès espéré par son auteur qui retournera s'illustrer dans les films gores et de zombies. Liens d'amour et de sang s'est attiré les foudres de l'Eglise Catholique, le film étant jugé trop violent Il est vrai que : scènes de viol, de meurtres, de tortures se succèdent allègrement avec un recherche assez esthétisante. Mais ce que ne supportaient surtout pas les autorités religieuses c'est la volonté affichée de Fulci de dénoncer l'attitude du clergé du XVI ° siècle. Francesco Cenci est un odieux tortionnaire, les prêtres du tribunal de l'inquisition sont aussi des êtres cruels, les serviteurs de Dieu ne valent pas plus cher que le serviteur de Diable. En condamnant Béatrice Cenci et ses complices, l'Eglise et le Pape Clément VIII, ne cherchaient pas à faire justice mais trouvaient là l'occasion de s'emparer des biens d'une riche famille. Le peuple de Rome qui avait découvert les turpitudes de Francesco aurait souhaité voir s'appliquer la clémence du souverain pontife. Mais les biens de Cenci tombaient dans son escarcelle.
Fulci n'adopte pas une narration linéaire, les séquences se suivent sans axe chronologique, c'est au spectateur de reconstituer la trame des événements. Le scénario se concentre sur l'action, la psychologie des personnages se révèle dans leurs comportements. L'esthétique du film est largement influencé par les codes du "western spaghetti" qui triomphait sur les écrans de l'époque : cadrages originaux parfois obliques, très serrés sur les visages ou les objets, variations brutales d'échelle de plan, utilisation répétée du Zoom et de panoramiques de recadrage, lumières expressionnistes….La bande son est souvent étonnante, Fulci ne cherche pas à donner une impression de réalisme. A cet égard la séquence d'ouverture du film est révélatrice du traitement sonore du film : alors que l'on prépare le lieu de l'exécution des Cenci et qu'une foule nombreuse s'active, le spectateur n'entend que la voix off d'un narrateur et le bruit d'une scie! La musique agit, en redondance, renforce les situations dramatiques. La distribution est assez inégale, le jeu des actrices en particulier est souvent outré, mais le film bénéficie de la présence de Georges Wilson, impressionnant dans le rôle de l'odieux Francesco Cenci.
Un curieux film d'un réalisateur peu connu en France si ce n'est par les amateurs des films fantastiques et du cinéma Gore.
Nous vous proposons le film en DVD voyageur…si cela vous tente...
Enigme N° 28. Joseph Mankiewicz. Soudain l'été dernier.
Réponse à l'énigme N° 28 :
Il s'agit du film réalisé par Joseph Mankiewikz, "Soudain l'été dernier", adapté de la pièce du dramaturge Tennessee Williams. Le tournage s'est déroulé en septembre 1959 dans les studios anglais de Shepperton et en Espagne pour les extérieurs. Katherine Hepburn et Elisabeth Taylor ont été nommées pour l'obtention de la meilleure actrice aux Oscars de 1960, récompense qui leur a échappé. Montgomery Clift interprète le rôle du Dr Cukrowicz.
Les gagnants sont: Aifelle, Eeguab, Shelbylee, Somaja, Marie-Josée, Jeneen, Asphodèle, Maggie et Dasola.
Mankiewicz. Soudain l'été dernier. 1959.
La veuve et milliardaire Violet Venable se dit prête à subventionner l'hôpital public local à la condition que l'éminent Dr Curkowicz pratique une lobotomie sur sa nièce Cathy Holly, qu'elle juge démente. Cathy tient aux yeux de Violet Venable des propos qu'elle juge insensés sur les moeurs de son fils Sébastien, décédé lors d'un voyage estival en Europe. Curkowicz ne va pas pratiquer l'opération mais il va permettre à Catherine de revivre la scène qui a causé son traumatisme : la mort abominable de Sébastien. Violet Venable ne supportera pas d'entendre ces propos.
Le film a été tourné à l'étranger pour éviter le contrôle de la censure américaine. La pièce et le film abordent des sujets qui choquaient le grand public. Sebastian est un être adulé, admiré par sa mère qui lui voue une passion quasi incestueuse. Violet Venable a laissé mourir seul son mari pour rester au côté de son fils, égal de Dieu à ses yeux. Tous les étés, elle servait d'appât pour attirer des jeunes hommes afin de satisfaire les désirs de Sébastien. Mais l'été dernier, Sébastien lui a préféré la jeune et plantureuse cousine Cathy pour jouer le rôle, et Violet reporte sur sa nièce la responsabilité de la mort de son fils. La mort de Sébastien tué par des adolescents affamés pose aussi la question du cannibalisme.
Les interprétations de Katherine Hepburn (Violet Venable) et surtout de Liz Taylor (Cathy) sont inoubliables. Mankiewicz a déclaré avoir éprouvé une sincère admiration pour le talent "primitif" et extraordinaire de son actrice en particulier dans le long monologue final. Mankiewicz a su donner une force au texte de Williams par l'originalité de son traitement visuel et sonore. Le visage de Liz Taylor souvent bord cadre et les images de l'été dernier apparaissent ou disparaissent avec l'émergence ou la fuite des souvenirs. La mort de Sebastian, dont on ne voit jamais le visage, se fait dans un espace sur-éclairé, sur-exposé, envahi par la lumière blanche. Liz Taylor est aussi extraordinaire dans une autre séquence particulièrement marquante : dans l'hôpital psychiatrique, Cathy veut se jeter en contrebas, dans la fosse occupée par les fous. Mankiewicz montre toute sa maîtrise technique, il joue habilement sur la composition des images, les angles de prise de vue et sur les plongées et contre-plongées pour nous décrire l'état mental de Cathy.
Un grand film, d'un immense réalisateur qui a signé quelques uns des plus grandes chefs d'oeuvre du cinéma mondial : Chaines conjugales, Eve, La Comtesse aux pieds nus....
Un tournage éprouvant.
Mankiewicz fut choisi pour mettre en scène Soudain l'été dernier par Elisabeth Taylor alors que Katheine Hepburn voulait être dirigée par Georges Cukor. Dès le début du tournage la relation entre Hepburn et le réalisateur fut tendue, l'actrice cracha même au visage de Mankiewicz. L'état de santé de Montgomery Clift, alcoolique et drogué depuis un accident de voiture, inquiétait Mankiewicz. Le réalisateur craignait que l'acteur ne puisse terminer le film, il aurait souhaité travailler avec Peter O' Toole, mais Liz Taylor ne permit pas le remplacement de son fidèle ami Monty Clift. Pour corser le tout, Mankiewicz fut atteint d'une éruption cutanée qui l'obligea à porter des gants pendant tout le tournage. Ainsi naissent les grands films.
Soudain l'été dernier de J.L. MANKIEWICZ (B-A) 1959
FranK Capra. Arsenic et vieilles dentelles (Arsenic and old lace). 1941.
Frank Capra. Arsenic et vieilles dentelles (Arsenic and old lace). 1941.
Quelques semaines avant son incorporation dans l'armée, Capra signe la réalisation de Arsenic et vieille dentelles. Le scénario est adapté d'un pièce de théâtre éponyme de Joseph Kesselring par les frères Eipstein (auteurs en particulier du scénario de Casablanca). L'intrigue est sensée se situer à New-York dans le quartier de Brookyln .
Mortimer Brewster, auteur d'ouvrages contre le mariage et vantant le célibat, décide de se marier. Mortimer vient rendre visite à ses deux charmantes tantes avant de partir en voyage de noces. Mais il découvre que les sympathiques vieilles dames suppriment les vieux messieurs qui n'ont pas de famille en les empoisonnant, transformant leur cave en cimetière.
Arsenic et vieilles dentelles est devenue un classique de la comédie américaine, grâce à des gags inventifs, des rebondissements permanents, des dialogues percutants, une mise en scène enlevée et une interprétation remarquable. Les deux tantes sont deux petites vieilles cinglées adorables à qui on donnerait le bon dieu sans confession, tout en évitant de boire leur vin de messe (Josephine Hull et Jean Adair). Dans la maison des tantes, il est conseillé d'éviter le duo constitué par un piètre chirurgien esthétique (Peter Lorre) et le frère de Mortimer, Jonathan un assassin sadique à la tête de Frankestein (Robert Massey). Le film repose essentiellement sur les épaules d'un Cary Grant inoubliable dans le rôle de Mortimer Brewster, qui découvre ahuri l'horreur de la folle situation dans laquelle il se trouve.
Un chef d'oeuvre d'humour noir.
Woody Allen. Manhattan.
Woody Allen. Manhattan.
Synopsis:
Isaac Davis est scénariste pour une télévision de New York. Sa vie professionnelle ne le satisfait pas, il ne supporte plus d'écrire des sketches comiques sans intérêt, il démissionne de son travail pour se consacrer à l'écriture d'un roman. Il traverse sur le plan sentimental une période difficile. Jil,son ex-épouse, l'a quitté pour vivre avec une autre femme. Isaac a une liaison qu'il juge sans avenir avec une collégienne de 17 ans, Tracy . Quand son ami Yale lui présente sa maîtresse Mary, le problèmes sentimentaux de Issac vont s'amplifier.
Mon avis:
Manhattan s'ouvre sur une série d' images splendides des quartiers de New-york en noir et blanc , la musique de Gershwin, et la voix off de Isaac Davis (Woody Allen): Chapitre un : Il était aussi dur et romantique que la ville qu'il adorait. Derrière ses lunettes noires il cachait la puissance sexuelle d'un grand félin (j'adore ça!) " New York était et serait à jamais sa ville"… le film est le portrait croisé de la ville et du personnage principal, Woody Allen alias Isaac.
Woody Allen fait à travers le personnage d'Isaac l'écrivain névrosé un autoportrait plein d'humour, pas toujours son avantage, marqué par l'autodérision. L'intellectuel juif new yorkais énumère les raisons d'aimer la vie: « Bon, tout d’abord Groucho Marx... Le second mouvement de la Symphonie Jupiter, Potato Head Blues de Louis Armstrong. Les films suédois naturellement. L’Éducation sentimentale de Flaubert. Frank Sinatra. Marlon Brando. Les géniales pommes de Cézanne. Le crabe de Sun Wo. » et au hasard d'une discussion il ajoute: Gershwin, Van Gogh, Bergman, Renoir….et New York.
Le film a été tourné entièrement en décors naturel aussi bien poire les scènes intérieurs que pour celles jouées en extérieur. New-York filmée en noir et blanc et en cinémascope (c'est le seul film tourné par Allen dans ce format) est un personnage à part entière. Pour Woody Allen, il est impossible de vivre ailleurs qu'à New-york.Le cinéaste se sent dans son élément, au milieu d'une intense vie culturelle. A New york il passe de salles de cinémas aux salles de cinémas ou de concert, il fréquente les musées , les galerie d'art, les libraire il peules rendre dans le ses clubs de jazz. Comme certains se ressourcent en humant l'air de la campagne et le chant du rossignol, Allen se nourrit des larges les trottoirs et du bruits de la ville La nature de Central Park lui suffit.
La distribution aux côtés de Woody Allen est remarquable de Diane Keaton (Mary) à Michael Murphy (Yale) en passant par Meryll Streep (Jill). Et le film est illuminé par la radieuse présence de Murielle Hemingway (Tracy).
Un grand moment de bonheur.
New York Stories. Allen, Coppola, Scorcese
New York Stories, sorti en 1989, est constitué de trois moyens métrages , trois sketches réalisés par trois maîtres du cinéma américain: Martin Scorcese, Francis Ford Coppola et Woody Allen. On ne peut pourtant pas dire que New York Stories restera gravé au panthéon du cinéma.
Le film à éviter est celui de Coppola intitulé: la vie de Zoé. Mais où est passé le réalisateur d'Apocalypse Now ?. Le scénario signé par sa fille est d'une mièvrerie à faire pleurer, sur un sujet qui à priori ne manque pas d'intérêt. Zoë gamine de douze vit dans un palace, ses parents sont toujours absents. La mère est photographe, le père parcourt le monde pour jouer de la flute traversière et par voie de conséquence le couple bat de l'aile. Zoe va tenter de réconcilier les parents. Le traitement scénarique est insipide, les personnages des parents sont inexistants, caricaturaux. La direction d'acteur est absente, la jeune actrice s'en donne à coeur joie et cabotine à outrance. La réalisation est aussi lourde, pesante que la couteuse guimauve qui dégouline sur l'écran.
Sans être au sommet de son art, Scorcese réalise un film plaisant avec Apprentissages. Tout le film repose sur les épaules de Nick Nolte qui joue un peintre à succès, Lionel Dobie, qui ne peut créer que dans l'urgence. Dobie est un ours égoïste, désagréable, tyrannique, narcissique…qui cherche à maintenir sous sa coupe son assistante Paulette (Patricia Arquette), avant d'en trouver une autre.
Woody Allen signe avec Le complot d'Oedipe le meilleur des trois sketches, le seul où New York est réellement présente. Allen en bonne forme se met en scène en avocat juif soumis à l'omniprésence d'une mère castratrice, qui veut régler sa vie sentimentale, l'empêcher d'épouser une charmante divorcée mère de trois enfants (Mia Farrow) . Quand la mère s'évapore lors d'un spectacle de magie, c'est pour mieux réapparaître dans le ciel de la ville et prendre à témoin de la situation de son fils tous les habitants de New York. L'histoire loufoque est traitée avec brio, enlevée, rythmée par des airs de jazz. Du bon Woody Allen.
Alfred Hitchcock. Les Oiseaux.
Enigme N° 27. Les Oiseaux. Hitchcock. 1963.
Il s'agit des Oiseaux (The birds) le quarantième huitième film de Alfred Hitchcock, adapté d'une nouvelle de Daphné du Maurier par l'écrivain new-yorkais, Evan Hunter, plus connu sous le nom de Ed Mc Bain.
Synopsis:
Melanie Daniels, une jeune femme riche, rencontre dans une oisellerie de San Francisco un avocat Mitch Brenner à la recherche d'un couple d'Inséparables pour offrir à sa soeur Cathy. Melanie Daniels tombé sous le charme de l'avocat acquiert un de ces couples d'oiseaux. Elle décide de se rendre à Bodega Bay, une petite ville du littoral, où l'avocat passe ses week end afin de lui donner les inséparables.
Dès son arrivée dans la petite cité, des événements étranges commencent à se produire : Mélanie se fait attaquer par une mouette, un oiseau s'écrase contre la porte de l'institutrice, des enfants sont agressés lors d'un goûter, un homme est tué. A la sortie de l'école des corbeaux attaquent sauvagement les enfants…
Mon avis:
Personnellement Les Oiseaux n'est pas mon film préféré de Alfred Hitchcock mais je dois reconnaître qu' il est une référence incontournable du genre du thriller construit sur le suspense et la montée de l'angoisse. Dès les premières séquences du film, le spectateur sait que va surgir l'horreur mais il ne sait pas exactement quand et comment. Au début des années 60, les USA sont plongés dans la guerre froide et sont sous la menace permanente d'une possible destruction par des ogives nucléaires venues du ciel. Les Oiseaux offrent les images de fin de monde, mouettes et corbeaux sont des représentations des cavaliers de l'Apocalypse. Avec les oiseaux, c'est la la nature qui se déchaîne et la petite ville de Bodega Bay, une sorte de petit paradis, un jardin d'Eden, devient l'Enfer. Dans ce film, Hitchcock présente des personnages solitaires, qui ont connu l'abandon, et ont du mal à communiquer. Chacun cherche à donner un sens à sa vie.
Tippi Hedren : "La pire semaine de mon existence."
Tippie Hedren ex-mannequin fait quasiment ses débuts au cinéma avec les Oiseaux dans le rôle de Mélanie. Hitchcock put se permettre de la faire jouer dans des conditions que toute actrice confirmée aurait refusé. Pour la scène du grenier qui dure environ deux minutes, Hitchcock tourna une semaine entière. Tippi devait se défendre de l'agression des mouettes que lui projetaient au visage deux oiseleurs, les mains gantés, protégés par un grillage. Le vendredi, elle fut blessé près de l'oeil par un coup de bec. Elle s'écroula en pleurant, épuisée et dut être hospitalisée, remplacée pendant une semaine par une doublure.
Hitchcock et Evan Hunter :
La collaboration entre les deux hommes fut tendue. Evan Hunter se montra insatisfait du traitement de son scénario par Hitchcock. Et le réalisateur ne se gêna pas pour souligner publiquement les faiblesses de l'adaptation de Du Maurier par Hunter. Ces réactions ont de quoi surprendre car la transposition de la nouvelle de Daphné Du Maurier, d'une histoire d'une famille de paysans des Cornouailles en Californie, est une réussite. Hunter a su créer des personnages nouveaux, construire une dramaturgie qu'Hichcock a fait sienne.
Gene Kelly & Stanley Donen. Un jour à New-York.(On the town) 1949.
Gene Kelly & Stanley Donen. Un jour à New-York.(On the town) 1949.
Le film est une adaptation d'une comédie musicale qui avait triomphé à Broadway. Trois marins de l'Us Navy débarquent à New york pour une permission de 24 heures. Le temps de découvrir la ville et l'amour.
Pour la première fois dans l'histoire de la comédie musicale, le film fut en partie tourné en extérieur, dans les rues de Big Apple l'Empire State Building, Coney Island ou Central Park. New York devient un magnifique plateau à ciel ouvert, où se succèdent des chorégraphies endiablées L' intrigue est menée tambour battant, au rythme de la musique de Leonard Berstein, les situations cocasses et poétiques s'enchaînent sans aucun temps mort. La mise en scène du duo Kelly-Donen (qui signeront ensuite le merveilleux Chantons sous la pluie ) est enlevée, inventive. Un jour à New York bénéficie d'une éclatante distribution, d'un casting 5 étoiles, les trois marins sont interprétés par Gene kelly, Franck Sinatra et Jules Mushin , aussi brillants chanteurs que danseurs. Et leurs partenaires féminines se hissent à la hauteur du trio masculin: Betty Garett, Ann Miller et Alice Pearce. T pour couronner le tout, les couleurs explosent dans un chatoyant technicolor.
Un jour à New York est un petit joyau, un véritable moment de bonheur.
Alexander PAYNE. The descendants. 2011.
Alexander PAYNE. The descendants. 2011.
SYNOPSIS. (production).
A Hawaii, la vie d’une famille bascule. Parce que sa femme vient d’être hospitalisée suite à un accident de bateau, Matt King tente maladroitement de se rapprocher de ses deux filles, Scottie, une gamine de dix ans vive et précoce, et Alexandra, une adolescente rebelle de dix-sept ans. Il se demande aussi s’il doit vendre les terres familiales, les dernières plages tropicales vierges des îles, héritées de ses ancêtres hawaiiens. Quand Alexandra lui révèle que sa mère avait une liaison, le monde de Matt vacille. Avec ses deux filles, il part à la recherche de l’amant de sa femme. Durant une semaine essentielle, au fil de rencontres tour à tour drôles, perturbantes et révélatrices, il va finalement prendre conscience que sa principale préoccupation est de reconstruire sa vie et sa famille…
MON AVIS:
Je vais aller à l'encontre des critiques qui ont salué le film comme un chef d'oeuvre. Le film a été (sur)écrit pour Georges Clooney et ses tempes grisonnantes dans un rôle à contre-emploi. Son interprétation devait lui faire gagner l'Oscar du meilleur acteur, mais Dujardin est passé par là: pari perdu l'Artist. Dans le film, la jeune Shailene Woodley dans le rôle d'Alexandra est bien plus convaincante que le beau Georges. La mise en scène de Alexander Payne est souvent poussive, les scènes s'enchaînent sans surprise et la fin est prévisible au bout de dix minutes. Le film tourne parfois au dépliant touristique sur l'archipel d'Hawaii, paradis des golfeurs et des surfeurs (attention toutefois aux requins) et aux paysages enchanteurs que le profit cherche à détruire (un peu d'écologie ne fait pas de mal par les temps qui courent). La bande musicale soigneusement composée de musiques hawaïennes accompagnées par les ukuleles vous permettra de vous dépayser.
Lord Jim. Richard Brooks. 1964.
Lord Jim. Richard Brooks. 1964.
Lord Jim est une adaptation d'un roman de Joseph Conrad, par Richard Brooks qui a réalisé la mise en scène du film. Jim, jeune officier de marine, est engagé comme second sur un vieux cargo le Patna chargé de convoyer 800 pèlerins à La Mecque. Dans le brouillard le rafiot heurte une épave et prend l'eau alors que la tempête se déchaîne. Jim fuit le navire avec les membres de l'équipage abandonnant les passagers à leur destin. Mais le bateau ne coule pas. Jim est le seul à se présenter au procès des membres de l'équipage. Jim est alors radié de la marine britannique. Poursuivi à jamais par le scandale, il erre de port en port, accepte n'importe quel travail pour survivre.
En Malaisie, Jim trouve une chance de prouver son courage. Un riche négociant, lui propose d'amener des armes à la population du Patusan soumise à la tyrannie d'un cupide "Général". Jim va s'affirmer comme un habile stratège, un courageux combattant et devenir le héros de la population locale. Mais lorsque des brigands tentent de s'emparer du trésor du village, Jim prend des décisions qui l'amènent à sa chute.
Lord Jim est le type même du roman difficile à adapter, comme l'a précisé Brooks:
Lord Jim est presque uniquement composé de retours en arrière. C’est grâce aux souvenirs d’un personnage, Marlow, que nous prenons connaissance des faits. C’est une succession de récits imbriqués dans le récit principal et parfois il est difficile de savoir qui raconte I'histoire. Comme Dostoïevski, Conrad utilise le narrateur pour présenter et expliquer le personnage de Jim. Jim, par lui - même, est extrêmement flou, fuyant. Ce fut un très délicat problème d’en faire un héros cinématographique sans altérer le sens de l’oeuvre. En fait, le véritable problème de l’adaptation c’est que nous avons affaire à des moyens d’expression radicalement différents dans leurs structures. Le roman, tel que le conçoivent Conrad, Henry James ou Dostoïevski, est toujours affaire de mots. Au cinéma, le stimulus, c’est l’image.
Brooks a choisi de raconter l'histoire de Jim en choisissant la forme d'un récit linéaire. Précédé d'un prologue, l'histoire se construit en trois grandes unités, trois actes: le Patna et la naissance du remords, le secours des populations du Patusan ou la recherche de la rédemption, la chute et la mort.
Dans le prologue, La formation de Jim brillant élève de l'école de marine est racontée en voix off par le commandant Marlow sous formes d'images en flash backs. Jim nous est présenté comme un excellent élève, courageux, qui rêve de gloire et d'honneurs.
Avec l'engagement de Jim sur le "Patna" , Brooks devient le narrateur du récit. En abandonnant le navire et les pèlerins, Jim trahit ses rêves de gloire se sent coupable de lâcheté il est gagné et rongé par le remords. En mettant sa vie en péril au service de populations asservies, Jim tente de se libérer du poids de sa culpabilité, il souhaite se libérer des chaînes de son propre esclavage. Dans le dernier acte, Jim accepte de mourir pour avoir pris des décisions qui ont amené la mort du fils du village, alors qu'il pouvait partir. Comment interpréter cette attitude, ce suicide? L'interprétation la plus simple est que Jim ne veut pas simplement revivre une nouvelle fois une fuite devant le danger, mais la situation est totalement différente de l'épisode du Patna, son départ n'aurait jamais été interprété comme un acte de lâcheté. Jim pêche surtout par orgueil, en se donnant une brillante mort en public, il se crée une image glorieuse, celle de Lord Jim. Ses rêves deviennent réalité.

Brooks réalise un grand film d'aventure, le scènes de la tempête et des combats sont splendidement réglées. Brooks n'a pas été entièrement satisfait par le jeu de Peter O' Toole qui, à ses yeux, manquait parfois de nuances et ne rendait pas assez la complexité du personnage. Les seconds rôles sont tous tenus par des acteurs de talent: Curd Jurgens, Jack Hawkins, Paul Lukas…avec une mention particulière pour le toujours excellent James Mason , qui éclipse Peter O'Toole dans la dernière partie du film.
Un très bon film.









