04 décembre 2011

Gilles DURANT DE LA BERGERIE (1550-1605) . Ode

Ode

 

Tandis que la France est armée, 

Et qu'une guerre envenimée 

Trouble son repos et le mien :

Le plus beau que je puisse faire, 

Pendant que le vent est contraire, 

C'est de ne me mêler de rien.

 

Je laisse rouler la tempête 

La foudre passe sur ma tête, 

S'il faut mourir, me voilà prêt :

A mon destin je m'abandonne, 

Je veux ce que le Ciel ordonne, 

Il faut vouloir ce qu'il lui plaît.

 

Le soin des affaires publiques 

Rend nos esprits mélancoliques. 

Binet, allons les rejetant :

Cherchons la paix entre les armes, 

Les Muses ont assez de charmes 

Pour nous rendre heureux et contents.

La poèsie du dimanche:

 Alex : Mot-à-mots Alinea66 : Des Livres... Des Histoires...Anne : Des mots et des notes, Azilis : Azi lis, Cagire :Orion fleur de carotte, Chrys : Le journal de Chrys, Ckankonvaou : Ckankonvaou, Claudialucia : Ma librairie,Daniel : Fattorius, Edelwe : Lectures et farfafouilles, Emmyne : A lire au pays des merveilles, Ferocias : Les peuples du soleil, George : Les livres de George, Hambre : Hambreellie, Herisson08 : Délivrer des livres?, Hilde : Le Livroblog d'Hilde , Katell : Chatperlipopette, L'Ogresse de Paris : L'Ogresse de Paris, L'or des chambres : L'Or des Chambres, La plume et la page : La plume et la page, Lystig : L'Oiseau-Lyre (ou l'Oiseau-Lire), Mango :Liratouva, MyrtilleD : Les trucs de Myrtille, Naolou : Les lectures de Naolou, Océane : Oh ! Océane !, Pascale :Mot à mot, Sophie : Les livres de Sophie, Wens : En effeuillant le chrysanthème, Yueyin : Chroniques de lecture


 

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26 novembre 2011

Mouloudji. Comme un petit coquelicot.

mouloudji_05Mouloudji Marcel (1922-1994)

Né d'un père Père kabyle et d'une  mère française. Marcel Mouloudji a connu une enfance difficile.En 1935, à l'âge de 13 ans il fait une  rencontre décisive en la personne de Sylvain Itkine alors metteur en scène du groupe Octobre. Itkine l' introduit  dans le milieu théâtre et du cinéma.  En 1938, c'est déjà un acteur chevronné puisque Les disparus  de Saint Agil  marque sa septième  apparition à l'écran. Dans toute sa carrère, Mouloudji a joué dans une trentaine de films, c'est dans Nous sommes tous des assassins de Cayatte (1952) qu'il a trouvé son rôle le plus marquant.

 Marcel Mouloudji est surtout connu comme chanteur. Il est associé à la vie artistique parisienne de l'après guerre, fréquente Beauvoir et Sartre . Dans les cabarets à la mode, il interprète Prévert et Vian, mais aussi ses propres textes.  Il obtient le grand prix du disque et le prix Charles Cros pour Comme un petit coquelicot en 1953, qui le consacre aux yeux de grand public.

Mouloudji  est aussi un écrivain; auteur de quatre romans, de pièces de théâtre et d'un recueil de poésie. Dans Enrico paru en 1945 qui obtint le prix de la pléiade, il raconte sa vie passée dans la semi-clandestinité pendant l'occupation. Son violon d'Ingres était la peinture.

 

Comme un petit coquelicot

Le myosotis, et puis la rose,

 

Ce sont des fleurs qui dis'nt quèqu' chose !

Mais pour aimer les coqu'licots

Et n'aimer qu'ça... faut être idiot !

T'as p't'êtr' raison ! seul'ment voilà :

Quand j't'aurai dit, tu comprendras !

La premièr' fois que je l'ai vue,

Elle dormait, à moitié nue

Dans la lumière de l'été

Au beau milieu d'un champ de blé.

Et sous le corsag' blanc,

Là où battait son coeur,

Le soleil, gentiment,

Faisait vivre une fleur :

Comme un p'tit coqu'licot, mon âme !

Comme un p'tit coqu'licot.

 

C'est très curieux comm' tes yeux brillent

En te rapp'lant la jolie fille !

Ils brill'nt si fort qu'c'est un peu trop

Pour expliquer... les coqu'licots !

T'as p't'êtr' raison ! seul'ment voilà

Quand je l'ai prise dans mes bras,

Elle m'a donné son beau sourire,

Et puis après, sans rien nous dire,

Dans la lumière de l'été

On s'est aimé ! ... on s'est aimé !

Et j'ai tant appuyé

Mes lèvres sur son coeur,

Qu'à la plac' du baiser

Y avait comm' une fleur :

Comme un p'tit coqu'licot, mon âme !

Comme un p'tit coqu'licot.

 

Ça n'est rien d'autr' qu'un'aventure

Ta p'tit' histoire, et je te jure

Qu'ell' ne mérit' pas un sanglot

Ni cett' passion... des coqu'licots !

Attends la fin ! tu comprendras :

Un autr' l'aimait qu'ell' n'aimait pas !

Et le lend'main, quand j'lai revue,

Elle dormait, à moitié nue,

Dans la lumière de l'été

Au beau milieu du champ de blé.

Mais, sur le corsag' blanc,

Juste à la plac' du coeur,

Y avait trois goutt's de sang

Qui faisaient comm' un' fleur :

Comm' un p'tit coqu'licot, mon âme !

(Paroles de Raymond ASSO)


mouloudji - comme un petit coquelicot

 

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20 novembre 2011

Robert Desnos. Un jour qu'il faisait nuit

 

Robert Desnos 

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Un jour qu'il faisait nuit

 

Il s'envola au fond de la rivière.

Les pierres en bois d'ébène les fils de fer en or et la croix sans branche.

Tout rien.

Je la hais d'amour comme tout chacun.

Le mort respirait des grandes bouffées de vide.

Le compas traçait des carrés et des triangles à cinq côtés.

Après cela il descendit au grenier.

Les étoiles de midi resplendissaient.

Le chasseur revenait carnassière pleine de poissons sur la rive au milieu de la Seine.

Un ver de terre marque le centre du cercle sur la circonférence.

En silence mes yeux prononcèrent un bruyant discours.

Alors nous avancions dans une allée déserte où se pressait la foule.

Quand la marche nous eut bien reposé nous eûmes le courage de nous asseoir puis au réveil nos yeux se fermèrent et l'aube versa sur nous les réservoirs de la nuit.

 

La pluie nous sécha

 

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13 novembre 2011

Paul Verlaine. Chanson d'automne.

 

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Chanson d'automne 

Les sanglots longs
Des violons
De l'automne
Blessent mon coeur
D'une langueur
Monotone.

Tout suffocant
Et blême, quand
Sonne l'heure,
Je me souviens
Des jours anciens
Et je pleure

Et je m'en vais
Au vent mauvais
Qui m'emporte
Deçà, delà,
Pareil à la
Feuille morte.

Paul Verlaine

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06 novembre 2011

Beaucarne. Le lac

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Julos Beaucarne. Le lac

 

"Ô Lac, l'année à peine a fini sa carrière et

près des flots chéris qu'elle devait revoir,

regarde je viens seul m'asseoir".

C'est terrible je ne peux pas continuer ce poème

tellement ça m'prend aux tripes,

celui qui a écrit ça il s'appelait Alfred,

c'était un poète parce que vous savez les poètes,

ils s'adressent aux choses comme si c'étaient des gens :

Ô Lac qu'il dit, allez-vous, commun des mortels,

parler à un lac, on va vous prendre pour un "louf",

pour un "maf", pour un "maboul",

un trois quarts sot, mais les poètes

ils peuvent faire ça, ils ont la permission".

Ô Lac, l'année à peine a fini sa carrière,

 quel rythme là-dedans on dirait du rock.

Attention quand il dit : "l'année a fini sa carrière",

il veut pas parler d'une carrière de pierre de France,

d'Ecaussinnes ou de Gobertange,

il veut simplement dire que l'année est terminée...

enfin, mais s'il avait dit : "l'année est terminée"

mais ça aurait été plat n'est ce pas?

Toute la poésie aurait foutu le camp.

 "Ô Lac, l'année à peine a fini sa carrière et

près des flots chéris qu'elle devait revoir".

Ici on s'rend compte qu'il y a quequ'chose

qui ne va plus, que l'ménage allait sur une fesse,

qu'elle lui a renvoyé ses lettres

et qu'il est tout seul et il traduit si bien

cette solitude dans ces vers :

"regarde je viens seul m'asseoir

sur cette pierre où tu la vis s'asseoir",

il a une mémoire, ce garçon-là,

une mémoire d'éléphant, il se souvient exactement

de l'endroit... où était la pierre,

il ne nous dit pas si elle était ronde,

carrée ou rectangulaire, vous savez pourquoi?

C'est pour nous faire rêver...

C'est pour nous faire rêver...

à la forme... de la pierre

mais quel métier!

 "Ô Lac, l'année à peine a fini sa carrière".

 Remarquez bien c'est très important ça,

il s'adresse toujours,

toujours que c'en est obsédant,

il s'adresse toujours au Lac...

c'est un interlocuteur social valable,

il ne répond jamais.

 Je ne sais plus au bord de quel lac c'était,

c'était peut-être au bord du Lac des 4 cantons,

du Lac de Neuchâtel, du Lac de Lugano,

mais ce n'est pas la position géographique du lac

qui est importante ici, ce qui est important

c'est ce qu'Alfred a ressenti...

devant cette dame qui était, semble-t-il,

la plus belle femme du monde, d'ailleurs il ne la décrit pas,

on a raison de dire que quand il y a une belle betterave,

c'est toujours pour un laid cochon,

et puis il faut vous imaginer comment c'était à ce temps-là,

la nature avait encore toute sa majestuosité :

pas de pollution, on pratiquait encore la polyculture

dans le cadre de l'auto-suffisance, l'eau du lac était claire

comme ce n'est pas possible...

vous lanciez une pièce et vous la regardiez

descendre jusqu'au fond comme un noyé pensif,

les oiseaux étaient abondants, abondants,

abondants.

"Ô Lac, l'année à peine a fini sa carrière".

Remarquez bien il aurait pu dire des choses

beaucoup plus banales, par exemple :

"Il neige sur le lac Majeur, j'ai tout oublié du bonheur",

non, attention c't un poète ce garçon-là.

"Un soir" t'en souvient-il, nous voguions en silence,

on entendait au loin sur l'onde et sous les cieux

que le bruit des rameurs qui frappaient en cadence :

"flotch... flotch..." les flots harmonieux".

Je ne sais plus au bord de quel lac c'était,

mais bien sincèrement là, entre 4 yeux,

barbe à barbe, que ce soit au bord

d'un lac suisse, français ou italien, québecois

ou belge, en l'occurrence,

ce n'est quand même pas cela qui est

le plus important, le plus important c'est

ce qu'Alfred a ressenti, c'qu'Alfred a voulu

projeter en poésie, c'qu'Alfred a voulu

traduire, exprimer avec tous les mots

qu'il avait appris dans les dictionnaires...

dans le dictionnaire Larousse, dans le Robert,

dans le Littré, avec tout ce qu'il savait avec

tout ce qu'il connaissait... Alfred? Alfred?

 Mon Dieu Seigneur,

mais ce n'est pas Alfred qu'il s'appelait,

c'est Alphonse! Bah! Ça n'fait rien,

ça n'a pas d'importance...

+logo+romantisme

 

 

 

 

 

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30 octobre 2011

Brassens: Le testament

3-photo-brassens2C'est sous l'étoile Brassens qu' est né mon Blog, trente ans après sa mort, je chante ce matin : En effeuillant le chrysanthème qui est la margueritte des morts.

Le Testament: 

Je serai triste comme un saule

Quand le Dieu qui partout me suit

Me dira, la main sur l'épaule

"Va-t'en voir là-haut si j'y suis"

Alors, du ciel et de la terre

Il me faudra faire mon deuil

Est-il encor debout le chêne

Ou le sapin de mon cercueil

 

S'il faut aller au cimetière

J'prendrai le chemin le plus long

J'ferai la tombe buissonnière

J'quitterai la vie à reculons

Tant pis si les croqu'-morts me grondent

Tant pis s'ils me croient fou à lier

Je veux partir pour l'autre monde

Par le chemin des écoliers

 

Avant d'aller conter fleurette

Aux belles âmes des damnées

Je rêv' d'encore une amourette

Je rêv' d'encor m'enjuponner

Encore un' fois dire: "Je t'aime"

Encore un' fois perdre le nord

En effeuillant le chrysanthème

Qui est la marguerite des morts

 

Dieu veuill' que ma veuve s'alarme

En enterrant son compagnon

Et qu'pour lui fair' verser des larmes

Il n'y ait pas besoin d'oignon

Qu'elle prenne en secondes noces

Un époux de mon acabit

Il pourra profiter d'mes bottes

Et d'mes pantoufl's et d'mes habits

 

Qu'il boiv' mon vin, qu'il aim' ma femme

Qu'il fum' ma pipe et mon tabac

Mais que jamais - mort de mon âme

Jamais il ne fouette mes chats

Quoique je n'aie pas un atome

Une ombre de méchanceté

S'il fouett' mes chats, y a un fantôme

Qui viendra le persécuter

 

Ici-gît une feuille morte

Ici finit mon testament

On a marque dessus ma porte

"Fermé pour caus' d'enterrement"

J'ai quitté la vie sans rancune

J'aurai plus jamais mal aux dents

Me v'là dans la fosse commune

La fosse commune du temps


georges brassens - le testament

 

 

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22 octobre 2011

Baudelaire. Sed non satiata

 Sed non satiata

Bizarre déité, brune comme les nuits,
Au parfum mélangé de musc et de havane,
Oeuvre de quelque obi, le Faust de la savane,
Sorcière au flanc d'ébène, enfant des noirs minuits,

Je préfère au constance, à l'opium, au nuits,
L'élixir de ta bouche où l'amour se pavane;
Quand vers toi mes désirs partent en caravane,
Tes yeux sont la citerne où boivent mes ennuis.

Par ces deux grands yeux noirs, soupiraux de ton âme,
O démon sans pitié! verse-moi moins de flamme;
Je ne suis pas le Styx pour t'embrasser neuf fois,

Hélas! et je ne puis, Mégère libertine,
Pour briser ton courage et te mettre aux abois,
Dans l'enfer de ton lit devenir Proserpine!

 Charles Baudelaire

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16 octobre 2011

Baudelaire. L'Albatros.

299_grand_albatros

Souvent, pour s'amuser, les hommes d'équipage

Prennent des albatros, vastes oiseaux des mers,

Qui suivent, indolents compagnons de voyage,

Le navire glissant sur les gouffres amers.

A peine les ont-ils déposés sur les planches,


Que ces rois de l'azur, maladroits et honteux,


Laissent piteusement leurs grandes ailes blanches


Comme des avirons traîner à côté d'eux.

Ce voyageur ailé, comme il est gauche et veule!


Lui, naguère si beau, qu'il est comique et laid!


L'un agace son bec avec un brûle-gueule,


L'autre mime, en boitant, l'infirme qui volait!

Le Poète est semblable au prince des nuées


Qui hante la tempête et se rit de l'archer;


Exilé sur le sol au milieu des huées,


Ses ailes de géant l'empêchent de marcher.

La poèsie du dimanche:

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08 octobre 2011

Victor Hugo. Chanson de pirates

Pour rester dans le monde des boucaniers.

grav17 Chanson de pirates

Nous emmenions en esclavage
Cent chrétiens, pêcheurs de corail ;
Nous recrutions pour le sérail
Dans tous les moûtiers du rivage.
En mer, les hardis écumeurs !
Nous allions de Fez à Catane...
Dans la galère capitane
Nous étions quatre-vingts rameurs.

On signale un couvent à terre.
Nous jetons l'ancre près du bord.
A nos yeux s'offre tout d'abord
Une fille du monastère.
Prés des flots, sourde à leurs rumeurs,
Elle dormait sous un platane...
Dans la galère capitane
Nous étions quatre-vingts rameurs.

- La belle fille, il faut vous taire,
Il faut nous suivre. Il fait bon vent.
Ce n'est que changer de couvent.
Le harem vaut le monastère.
Sa hautesse aime les primeurs,
Nous vous ferons mahométane...
Dans la galère capitane
Nous étions quatre-vingts rameurs.

Elle veut fuir vers sa chapelle.
- Osez-vous bien, fils de Satan ?
- Nous osons, dit le capitan.
Elle pleure, supplie, appelle.
Malgré sa plainte et ses clameurs,
On l'emporta dans la tartane...
Dans la galère capitane
Nous étions quatre-vingts rameurs.

Plus belle encor dans sa tristesse,
Ses yeux étaient deux talismans.
Elle valait mille tomans ;
On la vendit à sa hautesse.
Elle eut beau dire : Je me meurs !
De nonne elle devint sultane...
Dans la galère capitane
Nous étions quatre-vingts rameurs.

 

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02 octobre 2011

Pottier. Montero. Elle est pas morte

A la fin de Partie de Campagne,  le spectateur peut entendre une voix qui fredonne  sur la musique de Kosma, c'est celle de Germaine Montéro.  Chanteuse, interprète de Prévert, Ferré ou de Bruant  elle fut  une actrice  de théâtre et de cinéma.

Je vous propose d'écouter : Elle n'est pas morte, chanson écrite en souvenir de la Commune. Les  paroles sont de Eugène Pottier, auteur aussi de l'Internationale.  Attention le Nicolas dont il est question n'a rien à voir avec le locataire actuel de l'Elysée. La chanson utilise un air de Victor Parizot: T'en fais pas  Nicolas.

On l'a tuée à coups de chassepot, 

À coups de mitrailleuse 

Et roulée avec son drapeau 

Dans la terre argileuse. 

Et la tourbe des bourreaux gras 

Se croyait la plus forte. 

 

Tout ça n'empêche pas Nicolas 

Qu' la Commune n'est pas morte. 

Tout ça n'empêche pas Nicolas 

Qu' la Commune n'est pas morte ! 

 

Comme faucheurs rasant un pré, 

Comme on abat des pommes, 

Les Versaillais ont massacré 

Pour le moins cent mille hommes. 

Et les cent mille assassinats, 

Voyez ce que ça rapporte. 

On a bien fusillé Varlin, 

Flourens, Duval, Millière, 

Ferré, Rigault, Tony Moilin, 

Gavé le cimetière. 

On croyait lui couper les bras 

Et lui vider l'aorte. 

 

Ils ont fait acte de bandits, 

Comptant sur le silence. 

Achevez les blessés dans leur lit, 

Dans leur lit d'ambulance 

Et le sang inondant les draps 

Ruisselait sous la porte. 

 

Les journalistes policiers, 

Marchands de calomnies, 

Ont répandu sur nos charniers 

Leurs flots d'ignominie. 

Les Maxim' Ducamp, les Dumas 

Ont vomi leur eau-forte. 

 

C'est la hache de Damoclès 

Qui plane sur leurs têtes. 

À l'enterrement de Valles

Ils en étaient tout bêtes 

Fait est qu'on était un fier tas 

À lui servir d'escorte 

 

C' qui prouve en tous cas Nicolas, 

Qu'la Commune n'est pas morte. 

C' qui prouve en tous cas Nicolas, 

Qu'la Commune n'est pas morte ! 

 

Bref tout ça prouve au combattant 

Qu' Marianne a la peau brune, 

Du chien dans l' ventre et qu'il est temps 

D'crier vive la Commune ! 

Et ça prouve à tous les Judas 

Qu'si ça marche de la sorte 

 

Ils sentiront dans peu nom de Dieu, 

Qu'la Commune n'est pas morte. 

Ils sentiront dans peu nom de Dieu, 

Qu'la Commune n'est pas morte ! 


Tout ça n'empêche pas Nicolas, qu'la Commune nest pas morte

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