110121_RDP_AFFICHE06-494x700"Robin de Sherwood" détroussait les amis du Prince Jean et donnait l'or au peuple pressuré par les impôts. "Les Robins du Cantal" braquent les banques et redistribuent l'argent à tous les exclus de notre société libérale.  De quoi rendre nos Robins, les frères Delmas,  bien sympathiques. Nous sommes, bien sûr, dans un conte : les pilleurs de banque n'ont pas l'habitude de distribuer l'argent volé et les banques ont plutôt l'habitude de nous tondre pour spéculer sur les prêts douteux. Quand elles perdent quelques milliards, elles demandent à l'Etat (c'est à dire nous) de les renflouer. 

Le conte fonctionne, parce que l'histoire s'ancre dans une réalité sociale plausible et  les personnages sonnent justes. Les "Robins des pauvres" sont les fils d'un éleveur âgé qui voit disparaître une agriculture traditionnelle à laquelle il a consacré toute sa vie. Les Delmas sont des idéalistes qui pensent aider ceux qui souffrent autour d'eux mais aussi changer le système économique. Le commissaire qui mène l'enquête est touché par tant de naïveté.  Dans un film noir, les frères Delmas auraient été abattus sur le bord du trottoir. Nous sommes dans un conte et l'improbable peut arriver.

La réalisation de Frédéric Tellier est particulièrement soignée, aussi bien dans le traitement de l'image et du son que dans la direction d'acteurs. A côtés des excellents comédiens chevronnés que sont Michel Duchaussoy et Hippolyte Girardot, deux jeunes acteurs plein de talent jouent les rôles vedettes, Nicolas Giraud et Aurélien Wilk.  Ils semblent tous deux promis à une belle carrière. Une très agréable découverte, un téléfilm de qualité.