photo1Quand je reviendrai il ne sera plus là, il sera parti sans un mot. Je le sais. Depuis quelques temps ses diners d'affaires devenaient de plus en plus fréquents, de plus en plus tardifs et le parfum de violette s'incrustait sur ses vêtements. J'ai fait semblant de ne rien avoir compris, joué la cruche de service. Je l'ai fait suivre par Wens, un vieil ami, un vieil amant.  Conclusion: je n'avais aucune chance. Elle était belle, riche, du même milieu. Il ne l'avait pas trouvé comme moi au fond d'un cabaret . Il retournait parmi les siens, dans sa niche de toutous à pedigree . Des coups de téléphone de plus en plus rapprochés à son avocat. Le divorce se précisait. Il fallait agir. Je n'acceptais pas l'idée d'une pension alimentaire. Je voulais toute la fortune.  A cette heure, Wens a fait le boulot j'en suis sûre, un coup de surin à ce salaud, du travail d'artiste. Je suis dans une gare à deux heures du cadavre refroidi, un alibi en béton. Avec un gus en face de moi qui n'arrête pas  de dessiner. Qui est ce monsieur? ai-je demandé au serveur. Il m'a répondu: Hooper, un beau garçon mais sans talent.