DownloadedFile_1No sempre ne mai, c'est ainsi que se nomme le roman de Scerbanenco, n'a rien à voir avec Venise. Qu'on  se le dise!  Le titre français est un  attrape-nigauds pour touristes en mal de littérature vénitienne! Mais si encore le livre était bon!

Paolo Ferri a été assassiné à son domicile situé dans une petite station balnéaire, Lignano, au nord de l'Italie. Nous sommes en novembre, la cité est désertée par les touristes. Sept personnes vont se retrouver dans une auberge encore ouverte, elles ont toutes de bonnes raisons d'avoir abréger la vie du séducteur Paolo, à l'impressionnant tableau de chasse. Deux sont d'anciennes maîtresses séduites et abandonnées : Marta et Rossella qui depuis deux ans restent dépressives. Rick pourrait venger l'honneur bafoué de sa soeur Rossella, ou de Marta la femme qu'il aime depuis son enfance. Le capitaine Rhateway a été amené à divorcer quand il a découvert son épouse dans les bras de Paolo. Lorenzo, le fils du vieil aubergiste, s'est vu enlever son amie par le Dom Juan de Lignano. Seul le vieil aubergiste semble heureux avec sa jeune et nouvelle épouse.

Je pense que le titre qui conviendrait le mieux à ce roman serait : Préparez vos mouchoirs, tant le livre se présente comme une publicité pour les fabriquants de kleenex. Tous les protagonistes à tour de rôle y vont de leurs larmes : les hommes âgés et surtout les personnes du sexe faible. Dans le roman, les femmes sont des êtres qui dès qu'un "vrai mâle" apparaît se transforme et devient rapidement:

"une bombe d'amour sur le point d'exploser".

 Et nous savons tous depuis la genèse que la femme est futile par essence, ainsi est décrite l'amie de Lorenzo:

"Elle ne dépensait pas une lire pour toutes ces idioties qui plaisent tant à la gent féminine. Mais elle aussi, à un certain moment, avait montré d'un coup ses faiblesses de femme".

Le roman  donne aussi  aux personnes du sexe faible quelques conseils de bienséance:

"...une personne bien élevée ne s'allonge pas sur le lit avec ses chaussures.I l les lui enleva, l'une après l'autre, puis les posa par terre. Marta se mit à pleurer et elle replia les jambes car, même si elle pleurait de douleur, elle se rappelait très bien qu'un de ses bas était filé, près du pied, et elle ne voulait pas qu'il le voie".

Je devais être transporté, comme l'indiquait les promoteurs du roman par une écriture à la fois poignante et lumineuse et je ne fus pas déçu :

"Je suis  tout le temps seul, dit-il, je ne parle qu'aux chevaux, et aux arbres. Je n'ai pas d'amis. Quand j'étais plus petit, je parlais avec mon père, mais depuis qu'il s'est remarié, il n'a plus de temps à me consacrer.

Les paroles de Lorenzo, si ingénues, et pourtant si ressenties et si profondes, prirent soudainement Marta à la gorge. C'était la confession d'un jeune homme solitaire qui avait eu son père pour seul ami, et quand ce dernier s'était remarié avec une femme plus jeune, il était resté encore plus seul. Ses seuls amis étaient la mer, les chevaux, les arbres de la pinède.

Ceci dans le cas où nous n'aurions pas compris du premier coup! Comme le lecteur un peu obtus a souvent besoin d'explications, l'auteur reviendra à plusieurs reprises sur les aspects soulevés.

 

Tout livre policier se termine par le dénouement. Pour faciliter la découverte de l'arme du crime, l'assassin l'enterre  là où des ouvriers commencent des travaux de terrassement.  Quel est l'élément qui déclenche le meurtre?  un grain de beauté entrevu par Paolo, parce que la fermeture Eclair d'un maillot de bain était cassé vers le bas du dos et ouverte sur quelques centimètres. A vous dégoûter à tout jamais du maillot à une pièce.

Roman peu vraisemblable, roman macho qui porte tous les préjugés de la gent masculine italienne (?)sur les femmes, Mort sur la lagune ne m'a pas fait une impression favorable!