MidnightInParis_AfficheIl est des retrouvailles attendues, le dernier Woody Allen depuis quarante ans fait partie de mes rencontres programmées. La presse unanimement saluait en Midnight in Paris, le petit chef d'oeuvre du plus français des réalisateurs américains. J'en salivais à l'avance. L'intrigue est charmante, bien construite, bien menée. Dans un Paris de carte postale, sorti d'un  guide touristique, Gil scénariste Hollywoodien rêve de devenir un véritable écrivain. Avant son mariage programmé pour les mois à venir, il se trouve en vacances dans un palace avec sa superficielle fiancée et ses beaux parents réactionnaires et antipathiques. Un soir après une soirée arrosée, une vieille automobile le transporte dans un voyage dans le temps, dans le Paris qu'il a toujours admiré : celui des années 20. Ses rêves les plus fous se réalisent, il rencontre dans un café ou chez Gertrude Stein les plus grands artistes de l'époque : Hemingway, Fitzgerald, Picasso, Dali, Bunuel… Tous les soirs à minuit, Gil accomplit le même voyage vers l'âge d'or. Mais attention, nous dit Woody Allen, la nostalgie d'un passé idéalisé ne doit pas nous faire oublier la beauté du présent.

Woody Allen reste un extraordinaire dialoguiste, au style pétillant et inégalé, à l'humour inimitable. Mais pourquoi ai-je simplement souri à quelques reprises en visionnant le film? pourquoi suis-je sorti déçu du ciné? L'explication  vient avant tout de l'interprétation du personnage central par Owen Wilson qui s'efforce d'être le clone de Allen des années 70. Il cherche à copier les gestes, les tics, les attitudes; il retrouve les intonations, la diction,le rythme ,les hésitations de Woody. Mais la photocopie est loin de l'original, une reproduction reste toujours un produit dérivé. Quand dans ses meilleurs films, Woody Allen  délirait, la caméra cherchait à se mettre au même diapason à suivre les déambulations verbales et physiques de l'acteur.  Dans Midnight in Paris, la caméra d'Allen s'est assagi, la mise en scène se contente de filmer des dialogues. Dans une distribution assez inégale, deux acteurs sont excellents: Marion Cotillard dont la charmante présence éclaire l'écran à chacune de ses apparitions et Adrian Brody  en Salvador Dali inoubliable. Au rayon des déceptions figure en bonne place Carla Bruni dont le jeu est au niveau du rôle: insignifiant.

A l'an prochain Monsieur Allen. En attendant, je vais re-visionner: Anny Hall, Manahattan, Hannah et ses soeurs