DownloadedFile_6Le commissaire Brunetti reçoit la visite d'un zélé fonctionnaire du cadastre, Franco Rossi, qui lui apprend que son appartement construit après la guerre n'existe pas aux yeux de la loi. Le commissaire risque une amende colossale dans le meilleur des cas  ou la destruction de l'appartement dans l'éventualité la plus désagréable. 

 Quelques semaines plus tard, Rossi chute d'un échafaudage. Le  rapport officiel  conclut à l'accident mais Brunetti ne peut se satisfaire de cette explication. Pour Brunetti, la thèse de l'accident ne tient pas. En effet, juste avant le drame, le fonctionnaire du cadastre inquiet  avait appelé le commissaire pour se confier à lui. Qu'avait appris Rossi qu'il lui fallait taire?

L'enquête de Brunetti nous révéle un grand nombre de dysfonctionnement de la société italienne. Les fonctionnaires sont très majoritairement incompétents ou paresseux que ce soit les policiers, agents des finances ou médecins hospitaliers... Le pauvre Rossi tombé de quelques étages avec le crâne enfoncé est dirigé dans le service... orthopédique!

Face aux tracasseries et aux menaces administratives comme celles dont est victime Brunetti, les Vénitiens aisés ont adopté une attitude très pragmatique bien que peu civique:

" sachant que la seule manière de régler ce genre de questions passait par les "conoscienze," les relations, les amis, les contacts et les dettes morales contractées au cours d'une vie passée à ferrailler avec un système considéré par à peu près tout le monde, y compris ceux qui y étaient employés- surtout par ceux-là peut être-, comme d'une inefficacité confinant à la paralysie, porté sur les abus d'autorité découlant de siècles de prévarication, et imprégné d'un goût byzantin pour le secret et la léthargie."

Brunetti  en enquêtant sur la mort de Rossi  va mettre à jour  un vaste système de corruption où sont mêlés banquiers, usuriers, hauts fonctionnaires, édiles municipaux. La morale voudrait que tous les coupables dorment en prison mais un commissaire de police ne peut transformer à lui seul un système profondément corrompu.

Donna Leon, américaine installée  à Venise dans les années 80, porte un jugement sans complaisance sur son pays d'accueil. Les vénitiens ne semblent pas lui en vouloir ses ouvrages sont en tête de gondole de toutes les librairies de la cité des doges. Une promenade littéraire très agréable dans les rues et sur les canaux de Venise.

 

Collection point.

Calmann-Levy.