Je vous avais raconté mon séjour idyllique dans un phare breton, mais j'ai oublié un détail. A mon retour sur la route , dans le crachin, au détour d'une route, je suis tombé sur un magasin au nom curieux : les Indes bretonnes. Comme j'étais paumé et intrigué j'ai poussé la porte.  Au milieu de la pièce, un chêne! un chêne de Noël ! A la place des guirlandes, des filets de pêcheurs;  pour remplacer les boules : des anémones, des carapaces de crabes, des étoiles de mer…Eberlué, j'ai murmuré un inaudible :

 " y'a quelqu'un ?" 

De la plus haute branche est descendu un primesautier vieillard à la barbe tricentenaire en toge blanche. Un druide. 

-"Bienvenue dans mon lunatique et astral monde, oh toi l'étranger!"

Il a psalmodié dans sa langue d'islandais, tout en plaçant sur ma tête une couronne de gui et d'algues sèches. Il m'a tendu une coupe :

-"Bois! le nectar des dieux."

L'hydromel, c'est pas ma tasse de thé, mais il fallait pas contrarier le bonhomme. J'ai voulu reposer le breuvage sur une sorte de dolmen. Le barde a arrêté mon geste et a brandi une serpe au-dessus de mon crâne .

-" Iconoclaste! l'autel sacré de Boand".

Une musique céleste a envahi la pièce et une bayadère en sari rouge et blanc a commencé à démultiplier les bras, un véritable poulpe.

- Voici Gwen mon épouse, dit le druide d'une voix incantatoire, une vénérable princesse hindoue une des gallisenae du Radjasthan . J'avais trouvé l'explication du nom du magasin.