Atelier du Skriban.

Exercice du 8 mai.L’idée du jour: écrire trois textes – entre dix et vingt lignes environ –La fin de l’un sera le début de l’autre, mais sans que cela apparaisse vraiment comme la suite d’une seule et même histoire… Voici les débuts/fins .

Début de 1 :

Il y avait dans son regard un mélange de tendresse et de douleur, une lumière propre à ceux qui vivent la vie avec infiniment plus d’acuité que les autres.Fin de 1/Début de 2 : J’ai posé deux assiettes sur la table.Fin de 2/ Début de 3 : Il a hésité un moment et il a dit, J’aimerais juste retrouver cette photo.Fin de 3/ – Si tu dis que tu ne sais pas, c’est que tu acceptes. 

Toutes les phrases sont extraites du livre de Claudie Gallay, Les déferlantes.

 

 

 

IL y avait dans son regard un mélange de tendresse et de douleur, une lumière propre à ceux qui vivent la vie avec infiniment plus d'acuité que les autres. Il suffit de vous regarder, je sais l'objet de votre visite, me dit-il. Je suis, depuis qu'elle m'a quitté, un homme sans avenir. Elle veut me rayer de son existence, m'envoyer dans les limbes et cela ne me dérange pas. Elle aura ma fortune. Wens vous êtes le bras de son meurtre, le bras de mon suicide. Mais j'aimerais quitter cette vie après une petite collation. J'ai posé deux assiettes sur la table.

 

J'ai posé deux assiettes sur la table. J'ai ouvert une Bordeaux et amené deux verres. Je mangeais lentement, il baissait la tête sans toucher à son repas. Il ne disait rien. J'attendais.. Il m'avait passé contrat, voulait revenir en arrière. Il m'avait payé pour l'effacer et récupérer des photos compromettantes. La peur se lisait sur son visage, il devenait dangereux. Il serait ma prochaine victime, elle vivrait. Il a hésité un moment et il a dit, j'aimerais juste retrouver cette photo.

 

 

"Il  hésité un moment et il a dit, j'aimerais juste retrouver cette photo".

Au téléphone, la conversation prenait dès le départ un chemin de traverse

-On ne s'adresse jamais à moi pour récupérer seulement des vieux papiers.

Long silence. Une voix hésitante:

-La photo, il me la faut

-Quel genre? où?

-Dans son portefeuille, une  fille nue et deux gars…

-Alors...

- Moi et….

- Quand ?

- Il y a vingt ans.

- Il y a prescription.

- Pas dans ma position! 

Je l'avais reconnu : l'étoile montante du  Parti, ministre futur de droite et de gauche. Suivant l'alternance. L'Ecolo centriste. Je me taisais.  j'attendais. Il finit par dire :

-Guarino…Doumé Guarino

- Le patron des ordures ?

-…oui

- C'est du poids lourd, c'est un transport exceptionnel !

- Ouais!

- La photo seulement …avec son  porteur ?

- Guarino est bavard….

- 40 000, en liquide par la voie définie. 

-C'est cher ! putain…en liquide!

- La tranquillité n'a pas de prix 

- Je ne sais pas… j'hésite          

- tu dis que tu ne sais pas c'est que tu acceptes

 

Exercice du 8 mai.L’idée du jour: écrire trois textes – entre dix et vingt lignes environ –La fin de l’un sera le début de l’autre, mais sans que cela apparaisse vraiment comme la suite d’une seule et