Au lendemain de la seconde guerre mondiale,  Simenon s'installe au Canada avant de gagner les Etats Unis, qu'il traverse de part en part .Durant cette période américaine qui va de 1945 à 1952, Simenon va écrire pas moins de 35 ouvrages. dont Maigret  à New York, écrit en une semaine en mars 1946 lors de son séjour dans la ville.

 

Présentation de l'éditeur:

Paisiblement retiré à Meung-sur-Loire, le commissaire Maigret se laisse convaincre par un tout jeune homme, Jean Maura, de l'accompagner à New York.Maura s'inquiète pour son père, un homme d'affaires d'origine française, qui semble en proie à de graves soucis.Maigret va se trouver aux prises avec une ténébreuse affaire.Le jeune Maura disparaît inexplicablement.Bien des années plus tôt, Maura père a débarqué à New York avec un ami, Daumale, violoniste de son état. Qu'est-ce qui les a séparés ? Qu'est devenu l'enfant mis au monde par Jessie, à l'époque la maîtresse de Maura ? Un lourd secret expliquerait-il que l'homme d'affaires soit victime d'un chantage ? L'affaire sera élucidée, mais le commissaire, sur le bateau qui le ramène en France, se demandera ce qu'il est allé faire, au juste, dans la métropole américaine qui ne l'a guère emballé...

Mon avis:

Maigret se trouve confronté à un autre univers, l'immense métropole New Yorkaise, "la cité monstrueuse" et tout d'abord il regrette d'avoir franchi par bateau l'Atlantique. Dans la brume qui enveloppe le port et la ville, pour gagner son hôtel il traverse des quartiers sales et laids "à en donner la nausée". le malaise de Maigret persiste au fil des pages. Il découvre que locataires des immeubles ignorent l'identité de leur voisin, qu'ils disparaissent sans laisser d'adresse. Alors qu'à Paris au lendemain de la libération , les habitants  des quartiers se connaissent. Le commissaire se sent mieux à Greenwich village, "une petite ville encastrée dans la ville"  .  Maigret  finit par prendre ses habitudes dans Broadway . Et l' enquête  progresse au rythme de l'appropriation de l'espace urbain par Maigret. D'un lieu à un autre,  le commissaire noue  progressivement les fils du passé, les fils de la mémoire. En ce sens Maigret est un européen qui se réfère en permanence à des socles, des valeurs bien fixées et il se heurte à une autre vision du monde celui de la mobilité.

Certainement pas le meilleur Maigret, mais un roman bien agréable.