Enigme 73. Il fallait reconnaître  Le Château de l'Araignée réalisé par Akira Kurosawa en 1957. Les vainqueurs du jour sont :Aifelle, Dasola, Dominique, Keisha, Miss leo, Nathalie, Pierrot Bâton, Shelbylee, Somaja, Sybilline, Valentyne.

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Le Château de l'Araignée réalisé en 1957 est une transposition de  la pièce de William Shakespeare, Macbeth, dans le Japon médieval.

Dans un forêt plongée dans la brume, deux généraux Washizu et Miki rencontrent un esprit qui leur prédit l'avenir. Washizu deviendra seigneur du Château de L'Araignée à la mort de son seigneur, Tsuzuki. Mais ce sont les descendants de Miki qui lui succéderont.

Sous l'influence de son épouse Asaji, Washizu assassine le seigneur Tsuzuki. Il tente de modifier la prophétie en éliminant Miki et son fils. Cependant ce dernier échappe à la mort.

 Akira Kurosawa même s'il ne renie pas l'influence de Shakespeare a toujours affirmé avoir réalisé avec Le Château de l'araignée un film spécifiquement japonais, car pour lui les personnages comme celui de Macbeth-Washizu existent dans l'histoire du Japon. Il a précisé à de nombreuses reprises que c'est avec ce film qu'il a le plus puisé dans le théâtre Nô, aussi bien dans le maquillage, les costumes, la direction d'acteurs et la mise en images.

 "La simplicité, la puissance, la rigueur, la densité du drame me rappelaient le Nô, les acteurs compriment leur énergie: ainsi le moindre geste suscite une émotion d'une grande intensité."

Pourtant au milieu des années 60, Peter Brooks a pu affirmer : "Le chef d'oeuvre du cinéma shakespearien c'est, bien entendu, Le Château de l'Araignée".

En effet si Kurosawa n'utilise pas les mots du dramaturge anglais c'est son esprit qui traverse totalement le film. Le couple infernal Wasuizu-Asaji prit dans leur folie meurtrière est bien celui de Macbeth et de son épouse.

Le réalisateur est celui qui a certainement le mieux rendu l'aspect fantastique de l'oeuvre de Shakespeare en particulier par l'utilisation des décors  qui deviennent  de véritables acteurs  de l'histoire. La forêt, le brouillard, le château participent au fantastique, au tragique, expliquent en partie la folie des hommes. Dans ce film peu parlé Kurosawa explore largement toutes les possibilités de la bande son comme élément narratif et onirique. Les chants, la musique, les effets sonores, les bruitages donnent une grande dimension au film.

Un très grand film.