DownloadedFile_1120 rue de la Gare est le premier roman de  Léo Malet, la première enquête du détective Nestor Burma. Il a été publié en 1942 et fait référence à des événements  historiques de l'époque. Après la déroute de l'armée française Burma est fait prisonnier, il est envoyé dans un stalag au coeur de l'Allemagne. Dans le camp, il rencontre un autre détenu devenu amnésique qui au moment de mourir s'écrit: "Hélène...120 rue de la Gare". Un an plus tard Burma est renvoyé en France pour être démobilisé. Dans la gare à Lyon-Perrache, il croise par hasard son ancien adjoint qui est abattu sous ses yeux et qui lui crie avant de rendre l'âme : "120 rue de la Gare". Quel est le lien qui unit les deux victimes?

 Burma est à la fois l'héritier de Sherlock Holmes par son sens de la déduction et des privés du roman noir américain par son côté flegmatique. Il va dénouer l'écheveau d'une intrigue complexe mais bien agréable à suivre pour le lecteur. A côté de Burma, Malet dresse une galerie de personnages truculents. Les dialogues de Malet et de Tardi sont savoureux, très souvent empreints de drôlerie . 

Les dessins de Tardi reconstituent avec minutie la France sous l'occupation. Si les allemands sont absents de l'intrigue policière écrite par Malet, leur présence est permanente dans les dessins (soldats, panneaux, affiches ...) et, avec humour, Tardi  lui-même se trouve condamné à mort par les armées allemandes sur une affiche placardée sur les murs de la ville. Tardi dénonce le vichysme, la collaboration, l'antisémitisme. Il montre les premières formes de résistance. Toutes ces questions, Malet ne pouvait les soulever dans son roman étant donné la date de parution. On comprend que cette bande dessinée est une magnifique réussite, le résultat de l'alliance de deux talents.