baudoin_marchand_couvLe livre est une très belle rencontre entre deux personnages, deux poètes : le commissaire  Adamsberg et Pi, clochard et marchand d'éponges. Allongé sur une bouche de métro le sans abri a assisté à la tentative de meurtre d'une jeune femme. Mais il refuse de parler. Adamsberg obtient son témoignage en sachant l'écouter, en le traitant dignement. Pi est un magnifique personnage, un marginal que la vie n'a pas gâté. C'est aussi un poète, qui grâce à sa connaissance des nombres, croit détenir la clef du monde. Adamsberg le comprend car c'est aussi un poète, la tête toujours dans les nuages, comme les nomades. 

Dans une postface, Baudoin s'interroge sur la manière de dessiner la ville, la manière de rendre l'atmosphère de Vargas à la fois visuelle et sonore. La réussite est totale. Il traduit parfaitement les solitudes de Pi et d'Adamsberg errant dans Paris.  Quand les deux hommes se font face ce n'est jamais en
champ-contre champ, car ils ne sont jamais adversaires. Baudoin les réunit dans le même cadre.

 

Dans l'ouvrage, une des séquences que j'apprécie particulièrement est celle du métro,
lorsque Pi parle de le puissance des nombres. Baudoin, ajoute au texte la puissance des images, des affiches placardées sur les murs illustrent le propos de Pi et de la tête des personnages surgissent les images de leurs rêves. 

Le livre est la rencontre entre deux créateurs, deux poètes : Vargas et Baudoin.

 

Collection Librio

 

Vous pouvez consulter un autre billet sur le marchand d'éponges, sur  le blog  lire, relire, ne pas lire…de estellecalim 

http://lirerelire.blogspot.com/