absolut-vodka

Texte réalisé dans le cadre l'atelier du Skriban. Il fait partie du recueil, à paraître peut-être ou jamais, intitulé : "Mémoires d'un tueur à gages".

 

Avignon, le 11Septembre 2011

 

Ma chère Gwen,

Je suis ravi que tu aies pu obtenir l'accord des producteurs américains pour adapter une partie de l'oeuvre de Wens  Mémoires d'un tueur à gages et réaliser ton film. Le choix de Geoges Clooney est comme tu le dis acceptable même s'il n'a pas l'intelligence, l'élégance, le charisme de son modèle…Wens est en effet l'Apollon de ce siècle doublé de la prestance de Cary Grant. Mais dans le cinéma, il faut accepter parfois des compromis, ainsi va la vie. Mais tu me dis que le film aura des suites, type" Wens à Samothrace"  "Le retour du tueur", " Le tueur vous salue bien"  nous voilà embarqués dans une sacrée galère couverte d'hémoglobine. Tu m'as demandé de retravailler la séquence de la liquidation de Drouzky en cherchant à ce que chaque phrase cherche à t'inspirer un plan. Décidément, tu y tiens à cette idée : une phrase, un plan, une image, un son…J'ai tenu compte de toutes les consignes annexes et tu verras que tous les mots imposés figurent dans la séquence, j'avoue que parfois tu me fais penser à Staline et au KGB.***

Je suis aussi surpris que tu veuilles te mettre en scène dans le rôle de la serveuse, mais après tout pourquoi pas?

 

Séquence 17. Brest. Nuit.  Crachin, vent. (Temps breton classique)

Extérieur face au bar. Les trois matelots titubants chantent à tue tête dans la rue déserte, ils s'arrêtent, s'engouffrent dans un bar, la musique retentit. Le   visage de Wens se colle contre la vitre du  bar.Il regarde l'intérieur.

 

Intérieur du bar.  atmosphère enfumée, bruyante ( cris, rires, musique). 

Les matelots s'affalent contre le comptoir. Droutzky, dans un français approximatif apostrophe la serveuse :

- Mon amourrrr, ma pirrrrate, ya lioubou vas

- Vodka, Polak?

- Moi pas ! Moi russe! Toi électrisé moi! Toi haute tension si toi vouloir sexe à la Tatare!

La serveuse fait glisser une bouteille de gnôle devant les trois marins.

Droutzky ajoute en s'effondrant à moitié :

Toi manquer poésie… moi grand écrivain comme Lénine… Moi pas aimer la violence, adorer taïga et goulag…

Les deux autres marins russes sirotent leur vodka, le regard vide, en ricanant bêtement. Droutzky se lève péniblement et se dirige vers les toilettes. Devant la porte, Wens lui enfonce sa lame dans le coeur, Droutzki le regarde étonné. Wens le jette sans ménagement dans la ruelle située à l'arrière du bar. 

 

Ma chère Gwen, 

Ci -joint le texte originel Je pense avoir respecté le ton et l'esprit  même s'il est difficile d'en transcrire le côté particulièrement génial. 

 

"Deux plombes que je les suis, ces Nikitas… Devant l'alcool à 90° les Polonais, c'est quelque chose mais les Ruskoffs, ça bat les records.. Ya que les Bretons qui les enterrent…. Et ça braille : le chant de la Volga, les choeurs de l'armée rouge et depuis quelques temps  le répertoire de Mireille Mathieu… j'ai les nerfs en pelote. Nouvelle escale, en espérant que ce soit la dernière! J'ai jamais pu coincer Droutzky tout seul, les bolchos chantent en choeur, se débrayent en choeur… ils sont bien là, rotant sur le zinc… Droutzky dans un dernier effort essaye de draguer la serveuse aux  cheveux gominés rouge et bleu, type punk du jardin zoologique… elle a piqué sa tenue chez Angie Dickinson… Rio Bravo au Finistère… une histoire de conquête de l'Ouest,  bas résilles et guêpières. Droutzky crache sa salive et éructe des mots, entre ses dents cariées :  amour, sexe, Poutine, cognac, kalatchnikov et poèsie…Dans la salle, trois nanas déjantées parlent Blog (?) et littérature, Vian et  pataphysique: "mais non Clara…"Mais oui Constance…" "Je ne suis pas entièrement d'accord Amélie.." Pendant que deux marins, le cerveau déjà au large, reluquent plutôt leur physique…On est intello ou pas. Droutzky fait des efforts pour se lever, plus âgé que ses congénères il a maintenant des problèmes aigus de prostate…Sur le chemin des gogues, pour gagner du temps il cherche à ouvrir sa braguette…ma lame lui interdit de mettre son artillerie à l'extérieur, il pisse le sang dans la ruelle…"

Bien à toi. Francis

***Consignes de l'exercice proposé: placer dans le texte une série de mots imposés.